Petit port de pêche
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RADIO !!!  

Ma radio grésillait,

Les soldats n’entendaient

Plus les ordres,

Ils étaient désorientés,

Prêts à se donner

Au premier venu.

Mais qui a brouillé les ondes,

Pour m’isoler,

Me faire haïr,

Me faire détester ?

Les ennemis

N’ont pas trouvé grand-chose

Mais ils en ont fait

Une affaire d’Etat

De me couler.

Ils m’ont provoqué,

Me traitant de dictateur,

En semant la haine,

Ils ont récolté l’outrage

Et c’est en libérateur

Puisant dans mon courage

Que j’ai gagné le duel

Et que j’ai redonné raison

Au sens du mot liberté.

Aujourd’hui,

Vous pouvez me remercier.

Je n’oublierai jamais

Le long chemin que j’ai parcouru,

Seul, au milieu du désert.

Je n’oublierai jamais

La peur indicible que j’ai vécue

De ne pas ramener la paix.

Nous garderons nos secrets,

Car on me susurre

Que la République a gagné,

J’y suis pour quelque chose,

J’en suis sûr.

Moi, l’homme de l’ombre,

Attendait impatiemment cette victoire.

Je peux demander ce grand soir

D’être traité avec honneur,

Ma gloire me permettra

De rester dans vos cœurs,

Tout ce qui compte,

C’est que mon œuvre me survivra,

Dans le futur on verra

Pour ne pas refaire les mêmes erreurs.

Mais pour l’heure,

Je savoure le statut de héros

Qu’on m’a donné aussitôt.

 

 

VICTOIRE !!!

Dehors, il pleut,

Il fait soleil,

Le temps n’est pas sûr

Et pourtant je suis certain,

Je suis serein,

Mon humeur est au beau fixe

Car j’ai jalonné,

Durant toutes ces années

Mon chemin de petits cailloux,

Et tel le Petit Poucet,

Nous retrouverons la route,

Semée d’embûches,

Nous retournerons

Dans notre ruche.

Je suis revenu chez moi,

Après toutes ces aventures,

Plus frais et plus mûr,

J’ai grandi de l’intérieur,

J’ai repoussé tous ces murs,

J’ai retrouvé l’amour,

Ma famille ne m’a jamais abandonné,

Mais elle m’a manqué.

Maintenant fini de jouer,

Nous sommes soudés,

Fils, frère et oncle,

J’ai été attaqué.

Alors autour de moi

Ils se sont rassemblés,

Je suis devenu le chef

En toute légitimité

Et nous agirons

En toute dignité,

Union sacrée

D’une puissance nouvelle

Qui fait des étincelles.

Les jaloux se sont tus,

Je les ai eus

Au jeu de société.

Maintenant nous sommes armés,

Ma plume et ma clarinette

Ont fait place nette,

Occis les plus bêtes

Pour que je puisse exister,

Vivre et prospérer.

C’est l’heure de ma fortune,

Je suis né sous la bonne lune,

Laissez-moi créer,

Laissez-moi décider,

Je raconte la vérité.

 

 

ILS ONT PIQUE LES CERISES

Les arabes m’ont foutu dedans,

Ils m’ont piqué mes cerises,

O sacrilège elles étaient pour papy.

Le monde n’a aucun respect

Pour moi et ma famille,

Il m’oblige à aller

Là où je ne veux pas.

J’ai mes diplômes d’ingénieur,

Je suis brillant et cultivé

Et ils voudraient me donner

Un travail d’ouvrier en CAT,

Honte suprême d’être parmi

Les débiles et les illettrés.

Je refuse net,

Je préfère faire la guerre,

Et alors vous regretterez

De m’avoir sous-estimé.

Madame la reine,

Je refuse votre proposition,

Passez votre chemin,

Signez-moi un autre contrat,

C’est la gloire, la fortune

Et la reconnaissance

Que je demande au peuple mondial.

 

 

J’EN AI MARRE

L’horreur a frappé,

Elle m’a touché,

Elle a changé ma vie,

Désormais j’ai un ennemi

Qui veut m’obliger

A prendre les armes,

Je ne dois pas pleurer,

Ne pas verser une larme

Car j’ai des responsabilités.

J’aurais pu décoller,

Mais j’ai les pieds attachés

A ce boulet qu’est la guerre,

Décidément je dois me battre,

Mais je n’aime pas cette atmosphère,

J’aurais préféré la gloire et l’argent

Et j’ai cette vie de militaire

Qui m’empêche d’aller de l’avant.

Je haïs cette fille,

Cette brune aux yeux clairs,

Elle a bouleversé mon existence,

Elle me pille,

La foudre est tombée avec l’éclair,

J’ai bien mal quand je pense

A toute la douleur qu’elle m’a pu faire.

 

 

TORPILLAGE !!!

J’ai torpillé mon ennemi,

Il essayait de me noyer, c'est dit,

Mon sous-marin atomique

A envoyé le missile balistique.

Je me suis défendu

Un peu comme j’ai pu,

Au milieu d’une meute j’étais coincé,

Alors mon trou j’ai creusé,

J’ai appelé au secours

Et c’est mon amour

Qui entendu le message,

Mes marins bien sages

Se sont battus avec rage.

Maintenant ce sont les autres,

Ceux qui sont mes apôtres,

Qui vont lutter pour me dégager,

Venez vers nous, écartez-moi du danger.

L’arme a pris sa plume,

Elle chante l’amertume,

Car la dictature a répliqué,

Dans ses derniers jours elle a saigné,

Un kamikaze s’est explosé,

La République victorieuse

Est malheureuse

D’avoir perdu des petits,

C’était le prix

De la tranquillité.

Nous allons soigner les survivants,

Avec la dignité s’imposant,

Pleurer et honorer nos morts,

Je vais signer le traité alors,

En écrivant ma meilleure prose.

Ne soyez pas morose,

Nous sommes enfin libérés,

Espérons que la violence va s’arrêter.

 

 

ILLUMINATIONS

Tu brilles sous les rampes,

Fais attention aux lampes,

Elles t’illuminent de mille feux,

Je serais séduit pour un peu.

Mais tu es tel le soleil couchant,

La nuit vient qui me fait peur,

Tu m’as brûlé les yeux,

Pourtant point de rancœurs,

J’ai quand même fait le vœu

De fixer ton regard.

Ma locomotive entre dans ta gare,

Messieurs dames nous sommes arrivés

Dans la ville du bonheur,

Prenez soin d’admirer

Cette statue en acier,

Nous irons tout-à-l’heure

Visiter la fonderie

Qui a produit cette merveille,

Celle qui tard le soir veille.

Je parle de toi, ma chérie,

S’il te plaît prends vie,

Je mourrai à l’instant

Où tu t’en iras, disparaissant.

 

 

ALLONS CUEILLIR LES CERISES

La nature est généreuse

Avec toi ma bienheureuse,

C’est le temps des cerises,

Viens les ramasser ma promise.

Le soleil s’éternise,

Ma joie est permise

Car dans mes filets tu t’es prise.

Je ne te laisserai point partir,

Je deviens orgueilleux,

Car je suis heureux

Et pas qu’un peu

De te voir si belle

Telle la mirabelle

Que je viens de cueillir.

Lorsque les nuages

Dans les cieux feront ombrage,

Les dieux apparaîtront,

Ainsi les étoiles brilleront,

Le monde sera alors parfait,

C’est la promesse que je te fais.

 

LA BELLE AUX SOUCIS

Ma belle, tu vivais sans soucis,

Comme cette fleur

A l’abri du malheur,

Puis le ciel s’est obscurci,

L’horreur s’est abattue

Sur ta tête étonnée.

Tu as perdu ton mari,

Femme, tu as été violée,

Ton enfant a été enlevé.

Plus de révolte dans la rue,

La dictature a recouvert

Une partie de l’univers.

Les armées de la libération

Dans l’ombre s’affairent,

Bientôt elles atteindront ta maison,

Tu dois entrer en résistance,

Faire la révolution

Pour combattre l’errance

D’un monde bien malade.

Viens, allons chanter une balade,

Celle qui atténue les souffrances,

Celle qui comme une danse,

Unie les peuples endeuillés,

Ravive la foi des libertés,

Cette fois-ci nous avons échappé

Au mal généralisé,

Allons prier Dieu

Allons le remercier.

 

 

PARTIR LOIN D’ICI, EN CALIFORNIE

Et si nous partions loin d’ici,

Comme la vieille anglaise,

Le merveilleux Queen Mary,

Le paquebot de nos ancêtres,

Pour aller aux Amériques,

Sur notre quai de Californie ?

Nous prendrions un avion gigantesque,

Nous irions dans la Silicon Valley,

Là où tout se passe, en simultanée,

Pour fonder notre société high-tech.

J'ai une idée fantastique,

Il faut la mettre en pratique.

Nous profiterions de la richesse

Créée par notre compagnie,

Nous serions les nouveaux arrivistes,

Mais pour cela nous avons étudié,

Et nous allons bosser comme des dingues.

Quittons la vieille Europe sclérosée,

Comme tant de migrants avant nous,

Prenons la route, faisons notre trou.

Notre start-up va devenir une multinationale,

Nous la coterons en bourse,

Nous partirons à l’internationale,

Des dividendes pleins les poches,

La fortune n’a jamais été aussi proche,

Des sous nous en aurons tant,

Que nous irons à Las Vegas

Claquer notre thune,

C’est la joie d’être riches

Qui nous fait avancer,

Viens ma biche,

Allons danser,

Est venue notre heure

De trouver enfin le bonheur.

 

 

LA FATIGUE DU COMBATTANT

J’ai combattu

Tant d’années,

Je suis fatigué,

Je dois me reposer.

Je ne me suis pas

Ménagé

Pour gagner le combat,

J’étais là

Où me le demandaient

Mes armées.

Après tant d’efforts,

Je quitte le fort,

Un peu de réconfort

Près de ma femme,

Je couve

Mes enfants,

Je retrouve

Ma vie d’avant.

Nous avons eu si peur

Du néant,

Que tout à l’heure,

La nation va me remercier

En me donnant

Les médailles méritées

 

 

L’INNOCENT

Si j’étais coupable,

Vous me mettriez en tôle,

Vous n’en êtes même pas capables,

Je ne bois plus de gnôle.

Vous me reprochez des faits

Dont je suis bien innocent,

Le tribunal n’est pas assez grand

Pour juger les gens parfaits.

Ma prison est imaginaire,

Les barreaux, c’est de l’air,

Je suis dans une position confortable

Pour me défendre contre les minables.

Si j’avais les fers,

Je ne pourrais pas réagir,

Vous n’avez qu’à lire

Le compte-rendu du maire.

Ce que je suis en train d’écrire

Prouve mon innocence,

Il faut des preuves je pense,

Alors pour cela je dois occire

Le petit dictateur

De mon enfance,

Celui qui m’a fait peur

Menant le monde à l’errance.

 

LA DEROUTE AU BOUT DU CHEMIN

Tu m’as abandonné, ma chère,

Tu es partie en me laissant

Au plus mauvais moment.

J’avais besoin de toi

Contre ces vipères,

Mais tu as fait le choix

De rentrer là-bas.

Moi je suis resté,

Je me suis fait critiquer

Pour tout ce que je t’ai fait,

Je n’étais pas mauvais,

Si jeune, si innocent,

Je voulais aller de l’avant.

J’ai failli tout laisser,

Ça aurait été la déroute,

J’ai profité du doute

Pour me redresser.

Je n’étais point solide,

Il a fallu des années,

Je n’avais point de guide,

Maintenant ça va mieux,

Je suis un artiste heureux.

J’ai reconstruit ma vie

De mes mains,

Ce que j’ai bâti,

Vous ne me le volerez point,

C’est un gratte-ciel

Pour tutoyer les nuages,

J’y accueillerai ma belle

Sans faire d’ombrage.

 

 

NOTRE FILS

Notre fils a dix-huit ans,

Il paraît que c’est un génie,

Il est déjà en école d’ingénierie.

Il a hérité de ta beauté

Et de mon intelligence,

Imagine si c’eut été le contraire,

Il aurait l’air stupide maintenant.

Il n’est pas encore mature,

C’est toujours un enfant,

Il a besoin de ses parents,

Réunis autour de lui,

Sinon il part à l’aventure

Quand rien ne va droit devant.

J’ai été forcé

De vous abandonner,

Tu étais bien solitaire

Pour l’élever.

Ce petit a besoin de son père,

Sinon il ère,

Il a grandi trop vite,

Dans ce monde si brutal,

Celui des adultes,

Alors laisse-moi cette chance

De lui apporter mon éducation,

Je vais rattraper le temps perdu,

Je vais l’accompagner dorénavant

Je le dis avec une grande émotion.

Tu n’y peux rien,

C’est aussi mon gamin,

Je viendrai le chercher demain.

 

  

NE PARS PAS PAPY

Ne pars pas papy,

Ne pars pas là-bas,

On a besoin de toi ici,

Reste un peu avec moi.

Tu m’as conseillé

Toute mon existence,

Je serais perdu sans toi,

Attends encore un peu,

Le paradis patientera.

On est mieux sur terre,

Bien sûr on finira tous aux cieux,

Le plus tard sera le mieux.

Profite encore, papy,

Profite encore de la vie,

Elle n’est pas facile, la vie,

Surtout quand on est vieux

Et endolori.

Encore un peu de temps

Avec tes petits-enfants,

Le repos de l’âme

Viendra bien assez tôt,

Lutte encore, papy,

Lutte encore contre l’âge,

La mort est un mirage.

On va te bichonner,

On va bien t’aider

Pour souffler tes bougies,

tu pourras te laisser aller

Quand Dieu l’aura décidé.

Pas avant,

C’est évident,

Tu ne peux pas

Nous abandonner.

Tes conseils sont si précieux

Que je m’en remets

Aux soins miraculeux

Des infirmiers

Pour te soigner.

A ton dernier soupir,

Je serai fin prêt

A m’accomplir

Et à te voir partir,

Je pourrai me débrouiller

Comme tu me l’as

Si bien enseigné.

Je ne serai plus seul

Pour affronter la vie,

Je serai fort, je te le dis.

 

 

QUAND VIENT LA LUMIERE

Que la lumière transperce l’ombre,

Que les maisons se relèvent des décombre,

Que l’atmosphère quitte son air sombre,

L’heure est à la joie, une fête sans encombre.

Il y a des moments où il faut savoir combattre.

Est venu le temps des misérables qui vont abattre

Le mauvais sort jeté sur leurs maisons,

C’est au nom de la nation

Qu’ils vont utiliser leurs canons,

Ils sont tellement nombreux

Ces chevaliers preux,

Qu’ils vont faire fuir

L’armée du pire.

Alors nous serons tranquilles,

Pour un moment du moins,

Après il faudra des vigiles

Pour conforter les lendemains,

C’est-à-dire la paix des braves,

Obtenue aujourd’hui sans entraves

Pour ceux qui ont envie de justesse et de justice.

On a évité pour l’instant le précipice,

Est venu le moment de célébrer l’armistice.

 

 

MOI PRESIDENT

Moi président,

Je ferai des miracles,

Moi président,

J’accomplirai les oracles.

Vous serez contents,

J’améliorerai le présent

Et pour le futur,

L’histoire parlera

De notre aventure,

Nous serons ensemble,

Dans cette épopée

Qui nous rassemble,

Ce lien que nous allons forger.

Je comblerai les desideratas

Des nouvelles générations,

Celles que nous oublions

Quand nous prenons

De nouvelles résolutions.

Le chantier est grand,

Je me mets à la tâche,

J’ai cinq ans

Pour que rien ne lâche.

C’est une page qui s’écrit,

De ce que je vous ai promis,

Je ferai tout ce que j’ai dit,

A tout prix,

Je n’arrêterai que quand j’aurai fini.

J’aurai alors gagné,

Ce fabuleux défi,

Le combat contre les vieux démons

D’une République malmenée.

J’aurai fait gagner la raison

Dans notre belle nation,

La France se sera redressée,

Regardant avec foi l’avenir,

Nous aurons pu nous unir

Pour donner un souffle nouveau,

Celui de l’espérance

Qui se transformera en confiance,

La réussite est pour bientôt.

 

 

CE QUE JE VEUX FAIRE

J’ai le pays sur les bras,

Vous vous demanderez

Ce que je vais en faire là ?

La priorité sera l’emploi,

En favorisant l’entreprise,

La création sera permise,

Autorisée, encouragée

Car ces initiatives vont mener

Vers plus de prospérité.

J’assurerai votre sécurité

En favorisant l’armée,

Ces canons qui vous protègent.

Il faut aussi que je vous allège

De ce qui vous broie, les impôts.

Je donnerai des crédits aux hôpitaux

Et l’éducation ne sera pas en reste.

Pour les relations internationales j’atteste

Une certaine condescendance,

Ce qui compte c’est la France,

Je veillerai à sa souveraineté

Comme si c’était mon dernier-né.

Nous saisirons notre chance,

L’accueil sera juste et équilibré,

Il s’agit de s’occuper de la cohérence

Et de la solidarité

De la société.

 

 

LE DIEU SOLEIL

Le dieu soleil

A fait son apparition

Pour les moissons.

Je m’émerveille

Lorsqu’il se couche,

Je le touche

A l’horizon.

Quand il est en colère,

Râ s’exaspère,

Si on le laisse faire

C’est le désert.

Alors la pluie est bienvenue,

L’eau tombe des nues

Et c’est un magnifique arc-en-ciel

Qui me rappelle

Que l’homme est bien petit,

Dépendant des saisons,

La nature a fait son lit,

Je me calfeutre à la maison.

J’attends que passe l’orage,

La lumière fait son apparition,

Elle est tel un heureux présage

Que j’accueille avec dévotion.

 

 

LE TEMPS

Je voudrais que le temps s’arrête

Ne serait-ce qu’un petit moment,

Qu’il fasse de moi une statue,

Celle du temps perdu.

Mes armées sont prêtes

A glorifier l’instant présent,

Celui de la victoire sur l’âge,

Arrêter l’horloge comme un présage,

Ma destinée est mon firmament.

Alors je retrouverai l'innocence

Que j'ai reçue à la naissance,

Toutes les rides n’auront plus prise,

Celles où l’aiguille de la montre

Avance inéluctablement  contre

Le souvenir de mes vingt ans.

Je m’en vais en prenant

La citadelle de mes désirs

Pour boire le fameux élixir,

Un retour dans le passé

Pour revenir à ma jeunesse enchantée.

Je me regarde dans le miroir,

Il déforme mon regard,

La vieillesse point à l’horizon,

Les jours se succèdent inexorablement,

Le soleil va en se couchant,

Je vis ces instants avec passion,

Je me fais une raison,

Je ne suis pas encore décadent.

 

 

RIVIERE D’ARGENT

Rivière d’argent,

Tu charries vers l’océan

Les sables mouvants,

L’eau c’est ton sang.

En suivant le courant,

Je vais aller pêcher,

D’autres iront se baigner,

Ils vont profiter

D’une si belle journée.

Ton lit est menacé

Par la bouillonnante activité

Des hommes affairés,

Mais je serai toujours

A tes côtés

Car tu es le fleuve Amour.

Tu as mis tes plus beaux atours,

Et à la fin du jour,

Sur tes méandres sinuant,

Se reflète le soleil couchant.

 

 

A LA CONQUETE DU MONDE

Ma marine détale,

Elle a la poudre d’escampette,

Elle part à la conquête du monde

Pour toi ma bichette.

Mes marins vont occire

Le démon incarné,

Le capitaine va occuper

La base navale convoitée

Pour projeter notre puissance

Au-delà des océans.

Ces gigantesques bateaux de guerre,

De leurs avions vont bombarder

La cachette de l’ennemi avéré,

De leurs hélicoptères

Vont appuyer l’armée sur terre,

De leurs canons vont pilonner

La marine adverse blessée,

De leurs puissants missiles vont écraser

Les blockhaus imprenables,

De leurs sous-marins vont torpiller

L’espoir de nos adversaires.

Après cette ultime bataille navale,

Ma marine sera maître des mers,

La victoire je vais te l’offrir

Dans une bouteille de verre.

 

 

LE CHEVAL SAUVAGE

Ce pur-sang

Venait

De la pampa,

Il devait

Etre monté

Par des cow-boys,

Il fallait

Le débourrer

Pour le dresser.

Ce cheval

Etait bien sauvage,

Le dresseur

Avait beau

Lui murmurer

Des mots doux

A l’oreille,

L’animal

Se cabrait,

Se révoltait,

Il tirait fort

Sur le licol.

Le cavalier

Prit son mal

En patience,

Il pensait

Aux chevauchées

Fantastiques

Où ils galoperaient

Parmi les plaines,

Les forêts,

Les criques.

Cet étalon,

Une fois éduqué,

Serait l’excellence,

Il était le meilleur,

Il fallait simplement

Lui donner

Sa chance,

Il aurait

une belle

Descendance.

 

 

PARIS VUE D’EN HAUT

Faites un petit tour

En haut de la Tour Eiffel,

C’est comme si vous voliez

Dans les nuages

A tirs d’ailes.

Paris s’ouvre à vous,

Cette vue aérienne

Si splendide

D’une ville grouillante

Et trépidante

Raconte des siècles d’histoire.

C’est le miroir

D’une France

Qui a tant souffert,

Mais qui a toujours

Conservé l’espoir.

Centre économique, artistique

Militaire ou politique,

La ville est garante de l’unité

De la nation,

On y prend les décisions

Qui dirigent le pays.

Mais de là-haut,

Vous voyez simplement

D’un seul coup d’œil

Tous les monuments,

Bâtis par des générations

D’architectes, de maçons.

 

 

 

 

MON PETIT BOUT

Mon petit bout,

Bout de rien du tout,

Tout est pour toi,

Tu hérites de moi.

Tu m’as donné

Tant de plaisirs,

J’ai assouvi

Tous tes désirs,

Pour que tu sois

La plus heureuse,

Après moi,

Tu seras impérieuse,

Ta figure

Sera radieuse.

Tu as ma fortune

Et ma personnalité,

La beauté de ta mère

et son opiniâtreté.

On te les ai léguées

D'un commun accord

Sous la lune.

La promesse de l’aube

Voit le jour poindre

Et c’est avec mon argent

Que tu affronteras

Le mauvais temps,

Que tu atteindras

Le firmament.

Tu penseras à moi,

A ma mémoire,

En dépensant cet or

Qui est mon miroir.

Regarde dehors,

Il se fait bien tard,

Dors, ma chérie, dors…

 

 

LA SCIENCE DU BIEN ET DU MAL

O science,

Que tu es belle

Quand tu inventes

La fée électricité,

Que tu es laide

Quand tu inventes

Le TNT.

Le nucléaire

Est civil

Et militaire,

Le meilleur,

C’est la centrale électrique,

Le pire,

C’est la bombe atomique.

Les inventeurs

Révolutionnent la société,

Mais leurs découvertes

La mettent en danger.

Après la paix,

Les armes

Viennent s’emparer

Des nouveautés,

Hiroshima, le néant

N’est jamais bien loin,

Il suffit d’un rien

Pour tuer nos enfants.

 

 

UN RIEN LEUR SUFFIT

Les gamins

S’amusent

D’un rien :

Le papier-cadeaux

Est plus beau

Que le jouet,

Vous pouvez offrir

A vos enfants

Des milles et des cents,

Ils se moquent

Eperdument

De l’argent,

C’est le souci

De leurs parents.

Plus tard,

Ils vous réclameront

Une fortune

Pour leurs études,

Le permis de conduire

Ou les sorties du soir.

Alors profitez

De l’instant présent

Où votre fils, votre fille

Est un ange.

Pour l’instant,

Il se satisfait

De si peu,

Vivre lui suffit,

Il est heureux,

Cela ne durera pas,

Soyez-en conscients.

 

LE VENT DE LA REVOLTE

Prolétaires

De tous les pays,

On vous a volé

Votre récolte,

Le temps de la révolte

A sonné.

Chantez

Liberté,

Sonnez

Les trompettes,

Levez

L’étendard

Des paysans,

Des ouvriers.

Ce soir,

Vous aurez gagné,

Sans verser de sang,

Le droit d’exister,

Le droit d’avoir

Le pouvoir

Mérité.

La révolution gronde

Dans les cités,

Le coup

Vient de partir,

Personne ne peut

L'arrêter.

Il faut occire

Ces bourgeois,

Ces petits rois,

Qui veulent s'en aller

Avec votre argent.

C’est le temps

Des responsabilités

Qui est arrivé

Pour vous, salariés.

 

 

LA PECHERESSE ET LA DEESSE

La pécheresse

Profitait bien

Des plaisirs

Du bon vin

Et de la chair,

Tandis que la déesse

Buvait l’eau de là,

Croyant en la mesure

Pour atteindre

Le paradis.

Mais rien n’est acquis,

Les cieux

Sont mystérieux,

Alors profitez

Pour vous amuser,

La vie est trop courte

Pour la gâcher

Par des principes

De sobriété.

C’est toi ma princesse,

Qui par ta vie exemplaire,

Verra le bonheur

Quand l’heure

Sonnera.

On constatera

Que c’est toi

Qui a le plus donné

Aux divinités.

 

 

JE NE M’ATTENDAIS PAS A CA…

Je ne m’attendais pas à ça,

La crasse que tu m’as faite-là,

Moi qui avais confiance en toi,

Je ne sais plus à quel saint me vouer,

Qui croire, qui oublier.

Cela fait maintenant longtemps

Que nous sommes mariés

Et tu m’avoues ce complot,

Rien n’y changera même tes sanglots,

Je ne te pardonnerai pas d’aussitôt.

Tu m’as trahi, j’attends des excuses,

Mille pensées m’assaillent, fusent,

Je ne sais pas comment réagir,

C’est sûr je vais gémir.

Ma douleur est totale,

Je deviens bien pâle,

Je haïs ces pensées maudites,

Ne recommence pas ma chérie,

Je m’en remettrai cette fois-ci,

A la prochaine erreur je te quitte,

Les dés sont joués, la messe est dite.

 

 

SI J’ETAIS TON HERCULE

Ma douce, mon amie,

Tu ne sais pas

Tout ce que j’ai fait

Pour toi.

J’ai chassé les monstres marins,

Ceux qui te faisaient peur,

Tu vois bien,

J’ai construit un empire,

Celui de ta toute puissance,

J’ai bâti le palais

De ta future jouissance,

J’ai nettoyé le pays

De tes pires ennemis,

Toutes ces saletés,

Qui t'ont gênée.

Je suis ton Hercule,

Tu es ma princesse,

Le monde bascule,

Fou d’ivresse

Et festoie ses héros,

Ces gens ordinaires,

Qui ont banni tous les maux

Qui envahissaient la terre.

 

BIEN SEUL CE SOIR

Je cherche partout

Ma dulcinée,

Dans les villes,

A la campagne,

Elle est si désirée,

Mais je ne l’ai point trouvée.

Elle se fait attendre,

Cette future compagne

Aux gestes tendres.

Vous comprenez,

La précédente

M’avait envoyé au bagne,

Moi le chevalier d’Atalante,

Le fier cavalier de ces dames.

Je suis bien seul aujourd’hui,

Celle que j’aimais est partie,

Elle s’en est allée

Sans dire un mot,

J’ose espérer

Que la prochaine est pour bientôt…

 

 

TES YEUX BLEUS OCEAN

Tes yeux bleus

Sont de la couleur limpide

D’une mer des Caraïbes.

Ils reflètent la personnalité

De ceux qui les ont regardés,

Grand livre ouvert

Donnant de l’espoir

A ceux qui désespèrent.

Ces grands miroirs

Sont parfois des vitres

Translucides,

On y voit la vie,

Les combats que tu mènes,

Et qui donnent envie

De photographier

Ton rêve éveillé.

De ta caméra,

Tu as filmé le monde,

Tu l’as répandu sur les ondes

Et c’est un fabuleux souvenir

Qui, par ton regard,

Vient de nous parvenir.

Mais attention,

Ceux qui ont trop admiré

Tes beaux yeux illuminés

Risquent de s’y brûler.

 

 

UNE NUIT DE PLUS

S’il-te-plaît,

Ma chérie,

Accorde-moi

Une nuit de plus,

Celle dont j’ai besoin

Pour t’apprivoiser.

Pendant ces heures

Je saurai décrypter

Ce qui fera ton bonheur,

C’est une lune de miel

Qui s’annonce,

Pour peu

Que tu me fasses confiance.

Je refuse l’errance

De nous quitter,

J’accueille l’abondance

De se parler.

Je susurrerai à tes oreilles

Des mots d’amour.

Cette nuit sera la plus belle,

Chérie, crois-moi,

Les temps à venir

seront merveilleux,

Je te le dis.

 

 

LE ROCK’N’ROLL INTERIEUR

C’est une sorte d’amour,

Un rock’n’roll intérieur,

Que j’ai ressenti pour toi

Dès que je t’ai vue.

Dans ma chair,

Je suis animé par le feu,

Le feu sacré de l’amour.

Il brûle mes yeux,

Il consume mon être :

Plus rien ne compte autour.

La chanson est au plus fort,

Elle enivre nos oreilles,

Elle fait onduler nos corps,

Plus rien ne sera pareil.

Accorde-moi un instant

Un pas endiablé

Jusqu’à la nuit tombée,

Ma chère, ne me laisse pas,

Mon esprit est envahi

Par les mots doux que tu dis.

Tu es la seule qui compte,

Je n’ai plus honte

D’afficher mes sentiments.

Nous sommes si différents,

La vie nous oppose,

Mais la musique nous rassemble.

Alors j’ose,

J’ose te raconter

Mon histoire,

Alors s’il-te-plaît,

Dévoile-toi,

Je ne te connais pas,

Comme cela nous verrons

Si nous nous plaisons,

Après avoir passé

La passion instantanée.

 

 

LA BELLE ET LE CANON

J’ai un gros canon,

Viens, ma belle, viens

Toucher mon porte-avions.

Je redresse la barre,

Je viens d’accoster,

C’est pour mieux t’apprivoiser.

Je m’en lèche les babines

De manger ta peau sucrée,

De croquer tes miches de rat.

Je n’y peux rien,

Moi le vieux marin

Je suis attiré

Par toi la jeune sirène.

Si nous pouvions nous aimer,

Nos sexes emboités

Nous donneraient du plaisir,

Alors je pourrai repartir

Le cœur plein d’entrain,

Fier d’avoir eu pour mon vit

La belle Aphrodite.

 

 

A YVAN

Je suis pris

Dans ce torrent sauvage,

Je n’arrive plus à respirer,

C’est sûr, je vais couler.

Je me cogne aux rochers,

Au secours venez m’aider,

Mère nature a décidé

De m’abandonner,

Elle qui a été si généreuse

Quand je suis né.

Mais c’est elle la plus forte,

On n’y peut rien,

Il faut accepter

Les éléments déchaînés

Et prier pour être épargnés.

Pour ces milliers

De marins, de paysans, d’aviateurs,

De touristes, d’artisans, de viticulteurs,

Qui subissent les intempéries,

On tente de prévoir le ciel,

D’aménager le territoire,

De sécuriser les accès,

Mais rien n’y fait,

Le terrain a le dernier mot,

Il donne le la, le ré et le do.

Il reste toujours l’incertitude

Et le risque,

Celui que j’ai pris

Aujourd’hui.

Cette-fois-ci

Je m’en suis sorti.

 

 

INCANTATIONS POUR LA PAIX

Quand ce monde

Sera parfait,

Ce sera la paix.

Entre-temps,

Les hommes

S’entretuent,

Commettent

Les pires atrocités

Au nom

De leurs divinités.

Quand cesseront

Ces batailles

De clocher ?

Quand comprendront-ils

Qu’il vaut mieux

S’aimer ?

Un sourire,

C’est tellement plus simple

Qu’une mitraillette,

Jetez cette balayette,

Et discutez, parlementez,

Le fusil a tué,

La parole doit apporter

La liberté.

 

 

O PAYS, MON BEAU PAYS

O pays, mon beau pays,

Terre bleue des mineurs,

Terre verte des paysans,

Terre marron des artisans,

Tu regorge de mille trésors

Dont nous sommes

Les héritiers.

L’homme

A forgé

Cette contrée

Pour la rendre

Luxuriante,

Accueillante.

Midi sonne l’heure,

Le dur labeur

Cesse le temps

De ce copieux repas,

Ici on ne se lasse pas

Du bon vin

Et de la bonne chair :

Les traditions restent,

Sous le carillon !

La modernité

Est arrivé

Avec rapidité.

Futilité,

Car ici

On prend le temps

De vivre

Et de discuter.

Quand vous connaîtrez

L’histoire de la région

Racontée par les anciens,

Pour penserez

Avec émotion

A ces valeureux habitants.

Vous vous arrêterez

Un instant

Pour déguster

La boisson

Des divinités,

Celle des gens dignes

Qui cultivent la vigne

Sans cesser

Un instant

De penser

Que leur département,

C’est le firmament.

 

 

POISSON D’ARGENT

Ma rivière,

C’est le fleuve Amour,

Mon bateau,

C’est la Calypso,

Je suis un pêcheur

De sirènes.

Je t’ai pris dans mes filets,

Toi poisson d’argent,

Tu es le trésor que je trouve

Au fond de l’océan.

Je ne serai plus jamais seul,

Riche de ta compagnie,

Toi la sirène,

Je te mets à l’abri,

Pour que tu chantes

A l’envie,

Pour t’aimer

A la folie.

Joue de ta lyre,

Tu vas retrouver tes jambes

Grâce au sacrifice de ma vie,

Prends-là,

Je te la donne,

Pour que Zeus ne tonne

Sur les hommes.

Ton palais de glace

Me suffit,

Je prends ta place,

Je l’envie.

 

 

JE PERDS LE CONTROLE

Je perds le contrôle

De mon appareil,

Tu m’as touché,

C’est foutu.

Tu as pris cet air drôle,

Sans pareil,

Je vais m’écraser,

J’ai vécu.

J’ai vécu

Le rêve à tes côtés,

Et le plaisir charnel

De toucher ta peau

Doucement sucrée.

J’ai butiné

Comme une abeille

Ta fleur de printemps,

Pour qu’elle dure longtemps.

Je m’en vais,

Je suis coulé

Par tes armées.

Adieu ma dulcinée,

Sache que je t’ai adoré,

D’un amour impossible

Qui divisait nos clans.

Ils m’avaient prévenu,

Mais j’ai insisté

Car j’ai été illuminé

Par ta présence,

Mon présent empoisonné.

C’est moi en perdant,

Moi qui t’aimais

Comme un fou,

Fou à lier

De ta beauté,

Fou de la reine,

Celle qui m’amène

A être échec et mat.

Tu es la belle,

La seule qui ensorcèle,

Qui fait tomber

Tous les hommes

Qu’elle a attirés.

Pour sauver mon camp,

Je disparais…

Pour tout le temps.

 

 

QUAND UN ENFANT…

 

Quand un enfant pleure

Dans le monde,

C’est la terre qui gronde

De tous ses malheurs.

 

Quand un enfant meurt

Dans le monde,

Chassez la bête immonde,

Elle n’a pas de cœur.

 

Quand un enfant

Souffre dans le monde,

La terre n’est pas ronde,

Il le dit en criant.

 

N’oubliez pas vos petits,

C’est l’avenir du pays.

Le ciel s’est obscurci

Alors vous n’avez pas le droit

De gâcher leur futur :

Quand ils seront mâtures,

Vous serez comptables

De vos choix,

Vous serez détestables

D’avoir marqué le pas.

 

L’univers,

Dont ils hériteront,

Si c’est l’hiver,

Ils s’en plaindront,

Est celui

Que nous leurs préparons,

Ce qu’on a mis

Dans leurs leçons.

 

Ceux qui n’iront pas à l’école

Crieront leur indignation,

Ceux que les riches volent

Fuiront sans émotions.

 

Pour ne pas que vos enfants

Répètent vos erreurs,

Eduquez-les simplement,

Ce sera pour eux le bonheur.

 

 

MIGNONNETTE

Mignonnette,

Tu es la belle des prés,

Tu nais avec la rosée,

Du rouge sur tes pommettes.

Je te protège des bêtes,

Tu es si fragile parfois,

Telle une allumette

Qui avec le feu disparaîtra.

Alors je prends soin de toi,

Je te donne de l’eau

Avec mon arrosoir,

L’été est pour bientôt,

Bientôt le grand soir.

Tu seras la reine du bal,

Les autres seront bien pâles,

Tu resplendiras de mille pétales,

Profite-en, la beauté

Ne dure jamais assez,

Mais je te jure fidélité

Même quand tu seras fanée.

 

 

LA MAISON DE POUPEE

Ma maison de poupée

Est mon havre de paix,

Elle est minuscule

Mais j’y suis bien,

C’est parfait.

Elle est si belle,

Si mignonne,

Je ne changerai jamais,

Car c’est l’habitat

De mes rêves

Où je songe que je loge

Dans un château,

Et que ma princesse

Y viendra bientôt.

J’ai décoré mon palais

De mes blasons,

J’attends

Avec détermination

Que mes automates

S’animent,

Et qu’ils aillent guerroyer

Le mal dans les prés.

Ils sont tous petits,

Mais ils ont grand cœur,

Cette mécanique bien huilée

Qui les a programmés.

Alors ma dulcinée,

Ma poupée de cire

Prendra vie.

Elle a l’air sage

Avec son beau visage.

Elle obéira

Au son de ma voix,

Je lui dicterai

Mes messages,

Elle les exécutera,

Ces doux présages.

 

 

CONNECTE

Je suis connecté

A la planète entière,

Mon Dieu est Réseau,

Ma religion est l’internet,

Mes saints sont vitesse et réactivité.

Appelez-moi quand vous voulez,

Mon mobile est toujours ouvert,

Contactez-moi par e-mail,

Je vous répondrai sans cesse,

Envoyez-moi un SMS,

Mes échanges ne s’arrêtent jamais.

Je suis branché,

Je n’ai jamais autant communiqué,

Mais au fond je suis bien seul

Dans cet univers artificiel.

Quoi de plus superficiel

Que de parler par portable.

Le lien social est numérique,

Je trouve ça très pratique,

Les connaissances se font très vite.

Mais je suis isolé,

Vous n’êtes pas là.

Facebook est magique,

Mais l’ordinateur

Ne remplacera pas

Le contact physique.

 

 

JOUISSANCE

Elle a pris mon vit

Pour l’exciter,

Puis je suis entré

Par la cheminée.

Nous avons fait l’amour

Toute la nuit,

Elle a poussé ce petit cri

Des femmes qui ont joui :

C’est comme si

Elle avait atteint le paradis.

Je l’ai emmenée

Au septième ciel,

Elle était si belle

Qu’elle n’a pas mis longtemps

A convaincre

Mon côté masculin

Pour lui donner

Le maximum de plaisir.

Nous avons senti le désir

Monter chacun de notre côté

Et ensemble nous sommes arrivés

Au point culminant,

Un orgasme… Enivrant.

 

 

LA GREVE

La multinationale était prospère,

La compagnie ne connaissait pas les frontières,

Les dirigeants faisaient affaire,

Les propriétaires étaient milliardaires.

Mais ils ne virent pas arriver

La révolte en marche des oubliés.

Car les salariés demandaient leur dû,

Depuis longtemps ils ne l’avaient pas eu,

Ils firent un piquet de grève.

Leur union faisait leur force,

Après quelques temps la direction

Demanda une trêve.

Les syndicats sans émotions

Pour l’argent roi,

Adoptèrent une ligne dure,

Ils ne lâcheraient pas.

Ils refusèrent, demandant plus de droits,

Plus d’acquis sociaux

Combats pour lesquels

D’autre avant eux avaient souffert,

Et d’autres après eux chanteraient justice.

La situation s’envenimait,

Les manifestants dans la rue

En venait aux mains avec les forces de l’ordre.

Personne n’abandonnerait ses positions,

Alors le gouvernement s’en mêla

Car il redoutait la révolution,

C’est alors qu’on donna un horizon

Aux ouvriers en colère,

C’était une grande avancée,

Travailleurs vous avez gagné,

La victoire est belle,

Vous avez de nouvelles libertés.

 

 

ROI DU MONDE

Et si le monde

Avait un roi,

Qui s’occuperait

Des gens d’en bas.

Il ferait la guerre,

Comme d’autres avant lui,

Mais il se soucierait aussi

De la pauvreté,

Agissant pour l’éradiquer.

Il ferait des lois

Pour la sécurité,

Dirigeant une armée

De fonctionnaires

Pour faciliter la vie des gens :

Il serait alors populaire.

Il ferait promulguer

De nouvelles lois,

La terre serait prospère,

Le peuple aimerait son roi,

Envoyé par les divinités

Dont il serait leur bras.

 

 

MA CHERE MAMAN

Ma chère maman,

Jamais je ne mens,

Crois-moi je suis innocent,

Tu le savais avant.

Je quitte donc ta volonté

Pour vivre à côté.

Je pars chez moi,

Je ne serai jamais loin de toi,

J’aurai chaque fois

Une pensée pour mes chers parents

Que j’aime profondément.

J’ai démissionné du foyer

Pour mener ma vie

Avec celle que j’ai choisie.

Tu m’as tout appris,

Dors en toute tranquillité,

Loin de ces contrariétés

Qui nous divisaient.

Je ne trahirai jamais

La famille que Dieu m’as donnée,

Tu en fais partie.

Je me suis éloigné

Pour mieux t’aimer

Mais je reste proche,

Pour que rien n’accroche,

Pour que personne ne puisse

Briser les liens qui nous unissent.

 

 

CE QUE JE VAIS

Tout ce que tu veux,

Je vais te le donner,

Je vais t’offrir le paradis,

Car je suis le génie,

Celui de la lampe

Qui exécute les ordres,

Fait des miracles

Et tisse avec ses cordes,

Des toiles

Pour prendre les hordes

De barbares,

Ces gens sans miséricorde

Qui veulent imposer leurs lois.

Mais je suis là, aies la foi,

Je me bats, tu as ma parole.

Je te jure fidélité

Pour l’éternité.

Tu auras l’or,

L’encens et la myrrhe,

Les rois mages sont passés,

Ils t’ont apporté

Ce fabuleux trésor

Pour t’accueillir.

Sois heureuse, ma chérie,

Sois heureuse, je t’aime

Et je le serai aussi.

 

 

PIERRE QUI ROULE

La pente est douce,

Je me mets à rouler

Telle une pierre.

Ça coule de source,

Comme l’eau

Qui sort du goulot

De la bouteille.

Je suis balloté

Au petit hasard

Par les vents hurlants.

On attend des jours meilleurs

Mais en ce moment,

Dehors c’est le blizzard,

Cet ouragan

Qui balaie l’horizon,

Qui emmène

Toutes les émotions

Sur son passage.

Le mage

Avait prédit le mauvais temps,

Dans mon intérieur,

Il fait froid,

Mon cœur est glacé,

Je dois me réchauffer

Auprès de ma belle

En attendant

Les hirondelles

Du printemps.

 

 

LE CHEVALIER DE GUERANDE

Toi ma belle,

Je te serai

Toujours fidèle.

Toi ma femme,

Toi ma fille,

Toi ma nation,

Tu es mon seul

Horizon.

Je te servirai

De mon dur labeur

Pour t’amener

Le bonheur,

Je t’élèverai

Parmi les divinités,

Je prierai

Pour satisfaire

Tes volontés.

Mille dangers

M’attendent

Mais je suis le chevalier

De Guérande,

Rien ne m’arrête,

Mon armée est prête.

 

 

COMBLEZ-MOI

Je demande

A ce que ma gourmandise

Soit satisfaite,

A ce que ma volonté

Soit comblée,

Ma liberté

Je l’ai conquise,

Vous comprenez,

J’ai tant fourni

Et je n’ai rien reçu.

Même pas mon dû.

Quand vous cesserez

De guerroyer

A mon sujet,

Pensez à mon bonheur,

C’est l’heure

De la vérité,

De me donner

Cette part

Que j’ai méritée.

Je pars

Chercher mon cadeau,

Ne doutez point

Je vais le trouver

Bientôt.

 

 

LE CADEAU

Je pousse un petit cri de joie,

J’ai un cadeau.

Je l’ouvre avec foi

Aussitôt.

Mais qui a pensé à moi,

C’est une véritable surprise,

Je ne m’y attendais pas,

Mon émotion est permise.

Sur l’étiquette c’est écrit

De la part d’un ami.

J’ouvre le paquet,

C’est le livre des secrets,

Ce vieux grimoire

Qu’on emmène dans les gares

En attendant le train.

Je vais le lire,

Je suis plein d’entrain.

Je me mets à parcourir

Les mots fabuleux

Des anciens au coin du feu.

J’apprends la vie d’autrefois

Dans ce bouquin-là,

Les temps ont changé

A l’heure de la modernité

Mais l’humanité est restée.

Ainsi j’ai hérité,

De la sagesse des ancêtres,

De la valeur de l’être,

Ils m’ont permis de chasser

L’hypocrisie du paraître.

Ce savoir je vais l’apprendre

Puis le répandre.

Je suis fier

D'avoir cette terre

A labourer,

A cultiver.

 

 

LA BELLE DE L’ILE DE RE

Je la vis sur la plage,

Elle était si belle,

C’était le soleil couchant.

Elle disparut d’un coup

Comme un cheval au galop,

J’allais être bien seul

Au bord de l’océan.

Alors je rentrais chez moi,

Pensant à cette magnifique sirène,

Et quel ne fut pas mon étonnement

De la retrouver au coin du feu.

J’avais peut-être rêvé,

Je me pinçais mais c’était la réalité,

Elle était à moi pour l’éternité.

Depuis nous vivons

Un vrai conte de fée,

Je ne sais toujours pas

Comment elle est arrivée,

Elle a gardé son secret,

Je dois simplement en profiter.

Mon cœur est tout gai

De vivre avec la belle

De l’île de Ré.

 

 

TOI L’ETRANGER

Nous vivons ensemble

Sur cette terre,

Ce qui nous rassemble

C’est l’atmosphère.

Ma nation

Est ta maison,

Pour un peu

Que tu y sois heureux.

C’est la démocratie

Qui t’a accueilli,

Il ne faut pas s’émouvoir,

C’est son devoir.

C’est un droit

D’être en liberté

Et que tu sois

En sécurité.

Nous ferons

Un peu de place,

Même si ça agace

Ceux qui veulent

Avoir raison,

Ouvrent leur gueule

Pour t’exclure.

Qu’on se rassure,

Que tu t’émerveilles,

On n’est pas tous pareils.

Quand le voisin

Frappe à la porte,

C’est l’air serein

Qu’on lui apporte

Avec raison

De quoi exister,

Faire passer

Les émotions,

Sinon c’est la révolution.

 

 

POISON

Petit poison,

Tu m’as endormi

Lentement,

Je dois me réveiller,

Sinon c’est la mort

Au tournant.

Tu m’as emmené

Dans tes délires feutrés,

Je ne puis m’échapper

De tes pattes crochetées.

Tu as envahi mon âme,

Tu as enseveli

Mon espoir d’être heureux,

Tu m'as pourri la vie.

Tes cheveux d’or

N’y changeront rien,

Je suis conquis,

Je reviendrai demain.

Mon cœur est accro,

C’est le malheur de sombrer

Aussitôt

Dans l’errance,

Cette dépendance,

Car je suis à toi,

Mon avenir s’évadera,

Je le sais.

Mais au temps présent,

Je profite de ta candeur,

C’est l’un de ces moments

De rare bonheur,

Celui qui n’a de fin

Que lorsque nous nous séparerons.

Ma mignonne,

Que ta présence est bonne.

 

 

L’ECUREUIL

L’écureuil

Plantait son gland

Dans la terre

Pour les jours

De disette,

Espérant

Le retrouver

Là où il l’avait

Laissé.

Mais il avait

Bien gratté,

Il n’était pas

Au bon endroit.

Il avait perdu

son repas.

La graine sauvée,

Quant à elle

Allait donner

Un magnifique chêne.

C’était l’hiver

Et l’animal

Devrait attendre

Le printemps

Pour se sustenter

Correctement.

A tous ceux

Qui placent

Leur argent

A la bourse,

Vous n’êtes point sûrs

De récupérer

Votre mise,

Vos noisettes,

La retraite

Que vous attendez

Peut partir

En fumée.

Vous ne pourrez

Qu'admirer

La beauté

De ce que vous

Avez semé.

 

 

TOUS MES RATES, TOUS MES SOLEILS

Ma chère amie,

J’ai fait des choses

Formidables

Dans ma vie

Et d’autres forts minables.

Je t’ai rencontré,

Je t’ai fait un bébé,

C’est ce que j’ai réussi

Et je suis fier

De ma poésie,

Ce sont les soleils

De ma vie.

Par contre, je n’ai pas su

Travailler,

Te rapporter

Un peu d’argent,

L’or que tu désirais tant :

Nous vivons si chichement.

Et puis tu me reproches

Souvent

De ne pas être stable,

De ne pas être présent.

Je ne prends plus soin de moi,

Je t’ignore parfois,

Ce sont mes loupés, mes ratés,

Mais sinon je suis fort cultivé

Et fort instruit,

Je peux te conter

Mille merveilles,

T’emmener au septième ciel.

Je vais te faire rêver.

Je n’ai rien de particulier,

Mais par ma volonté,

A coups de livres,

Je vais construire ma vie,

Couper tous ces barbelés

Pour devenir l’honnête homme

Que tu as tant attendu,

Que tu as tant voulu.

 

 

O MA BICHE

Biche, ô ma biche,

Invite-moi dans ton bois

Sinon le chasseur te tuera.

Je tiens à toi,

A ta liberté,

Tu es si sauvage

Personne d’autre que moi

Ne peut t’apprivoiser.

Les hommes ravagent

Ton entourage

Et si l’on ne fait rien,

Bientôt tu disparaîtras.

C’est le moment d’agir,

Je te demande de partir

Là-haut sur la colline,

Tu y seras en sécurité.

Je vais t’y rejoindre,

Pour te caresser,

Car avec moi

Tu es docile,

D’une douceur innée.

Tu es si fragile,

Le loup va entrer

Dans la danse,

Je vais le faire fuir

Pour que ton petit

Puisse s’ébattre,

S’épanouir

Dans la forêt

Des mille secrets.

Je vais te protéger,

C’est ma destinée,

Je n’attends rien en retour

Sinon te voir au petit jour,

Profiter de ta présence,

Ton espèce est ma préférence.

Je vous ai trouvé

Un petit cocon,

Votre  maison,

Pour toi et ton faon

Et votre territoire

Sera l’horizon.

 

 

TU ES PARTIE

Tu es partie,

Sans un souffle,

Sans un mot,

Sans un cri.

Je t’attends,

Inlassablement,

Quand reviendras-tu,

Quand te reverrai-je ?

Tu me manques déjà.

Tu as quitté

Sans une explication

La maison,

Mais je ne peux pas vivre

Sans toi,

Ton absence

Me rend malheureux.

Toi mon trésor,

Pourquoi tu t’en es allée ?

Je suis prêt à tout

Pour te récupérer

J’ai été fort minable,

Sans doute,

Je serai formidable

Pour te mériter à nouveau.

Le petit attend

Sa maman,

Il ne comprend rien,

Je lui ai dit

Que tu étais

Chez tes parents.

Tu n’as pas le droit

De nous laisser,

Je ne sais pas

M’occuper du bébé.

Je vais changer,

Je te le promets,

Alors ma douce,

Reviens,

Je t’en prie,

Reviens…

 

 

LA PROFONDEUR ET LE PARAITRE

Dieu que cet être

A l’air superficiel.

Il suffit de gratter

Et il n’y a pas grand-chose

En dessous.

Pourtant, chacun a sa richesse

Selon sa compréhension du monde,

Son origine, ses gênes, son éducation.

Mais la différence

Porte sur l’intelligence

Et la culture,

Là où nous sommes inégaux.

Le physique,

Le paraître

Constituent les premières attirances

Vers une personne.

Mais aujourd’hui,

Il faut les accompagner

D’une certaine élégance,

Cette profondeur d’âme,

Sélecteur naturel

De la couche sociale.

Prendre soin de soi,

C’est se montrer

Sous ses plus beaux atours,

Ceux qu’attendent les autres,

Véritable tribunal populaire

Qui juge l’extérieur et l’intérieur.

Etant tous différents,

Chacun trouvera son bonheur

Dans le grand loto de l’univers,

Selon les paramètres de sélection

De l’être recherché,

Que ce soit pour un travail,

En amitié

Ou en relations amoureuses.

 

 

LES INTERDITS

Les interdits

Sont faits

Pour être dépassés

Mais ceux

De la société

Ne doivent pas

Etre transgressés.

C’est la ligne rouge

Qui délimite

Le possible

De l’impossible.

Les libertés

Mettent en danger

La vie des autres,

Mais les empêcher,

C’est aller

Contre la démocratie,

Ce droit fondamental

D’être respecté

Et de disposer

De son espace vital.

Tant de fois

L’ombre est venue

Prohiber,

Détruire,

Asservir.

Alors interdire,

C’est abuser,

Mais l’enfant

Apprend avec ces barrières

Pour grandir

Dans le respect de l’autre.

Chacun doit trouver

Sa place

Et quand elle est délimitée,

Il peut s’évader

Vers d’autres horizons.

 

 

ETRE FEMME

La femme libérée

Qui se fait moquer

Par des machos invétérés

Veut procréer

Et travailler,

Veut élever

Et exister.

Elle ne supporte pas

De se voir en bas.

Féministes, levez-vous,

Défendez-vous,

Les filles ont autant d’atouts

Que ces stupides garçons !!!

Le foyer n’est pas

Votre seul horizon,

On vous aidera,

Car la patrie a envie

De vous donner

Votre chance aussi.

Vous danserez

Au son du canon,

Cette impitoyable vérité

Qu’est la société.

Vous tiendrez votre place

A la maison,

Vous ferez face

A toutes les situations !!!

Vous envahirez

La vie publique,

La vie politique,

Pour que plus jamais

Une femme ne se fasse violer,

Pour que plus jamais

Une femme ne se fasse battre.

Les codes qui existaient

N’ont plus droit de cité,

Vous devez les abattre.

Alors vous pourrez

Avec puissance justifier

Ce fragile équilibre

Qu’est la féminité,

Le sexe faible devient fort,

Les mâles auront tort

De vous brimer,

Ici vient l’égalité,

C’est votre liberté

Et votre sécurité

Qui est engagée.

 

LA SIRENE

La sirène,

Au milieu des baleines,

N’arrivait pas à attirer les marins,

Qui étaient si loin.

Ils redoutaient les requins,

Mais un jour sombra

Dans les fonds marins

Le vaisseau « Attila ».

Enfin elle avait des invités

Dans son palais argenté

De l’antiquité.

Elle prit sa lyre

Et alla chanter à leurs oreilles

La douceur au fond des océans

Et ses mille merveilles,

Les charmant

Sur ses coraux vermeils.

Le capitaine amena ses gars

Vers leur futur trépas,

Ils étaient envoûtés

Par tant de chasteté.

Ainsi commença leur long séjour,

Délicieux tous les jours,

Tandis que les veuves éplorées

Priaient les divinités

De leurs rendre leurs maris

Depuis si longtemps partis.

Le temps avait assez duré,

Les marins commençaient à s’ennuyer,

Mais ils étaient hypnotisés

Par l’esprit de la cité.

Alors l’innocent mousse Belot

Planta son couteau

Dans le cœur de la belle,

Elle s’envola telle une hirondelle

Et les marins libérés

Purent s’évader

A la surface des océans.

Il y avait un ouragan

Mais ils hélèrent un navire

Et de leur piège ils partirent.

Femmes et enfants firent la fête,

La malheureuse récupéra ses gambettes,

Mais la laideur l’envahit.

Depuis tout le monde la fuit

 

 

LE RATEAU

Ma bien-aimée,

J’ai envie de te toucher,

Mais je ne peux pas,

Je ne suis pas à toi.

J’en suis malade

Alors je chante ma sérénade

Pour te séduire.

Tu vas partir,

Sans que je t’aie serrée,

Ce serait un moment sacré,

Dans mes bras,

C’est un désir pour moi.

Laisse-moi une chance

De t’inviter dans la dance,

Le temps fera l’affaire,

Nous posséderons toute la terre.

Ecoute cette chanson,

C’est celle de mes émotions,

Je l’ai écrite hier

Pour que tu respires mon air.

Dis oui à mon avance,

S’il te plaît donne-moi cette romance,

Je voudrais semer les graines de l’amour,

Tu as mis tes plus beaux atours.

Ce soir tu es la plus belle,

Tu attires toute une ribambelle

De petits mecs,

Largue-les aussi sec.

Mais j’ai perdu,

Tu es partie avec un inconnu,

Je rentre chez moi pleurer,

Cette fois-ci je ne peux plus te parler.

Pars, mon amie, pars,

L’avion est en retard.

Sois simplement heureuse,

Moi je remplirai les heures creuses

En lisant de la poésie

Jusque tard dans la nuit.

Je fais exprès de t’oublier

Pour ne rien regretter

Mais ton souvenir me hante,

Le désir m’emmène,

Avec ses chaînes,

Dans sa mauvaise pente.

 

 

NUL EN MATHS

Je suis nul en maths,

Je ne vous dirais pas

Ma note au bac

Mais cette discipline,

C’est la reine de l’école

Celle qui distingue

Les bons élèves des cancres.

Pour ceux qui les pratiquent,

Elles sont fort sympathiques,

Les mathématiques,

Mais pour ceux qui les détestent,

Ceux qui ne sont pas

Tous les jours scientifiques,

Et ça arrive fort heureusement,

Elles sont énigmatiques.

On est logique

Ou on ne l’ai point,

C’est binaire,

C’est comme l’informatique,

Moi je suis poète

Mais j’aime  l’algorithmique

Car ces petits programmes,

Qui dirigent les machines,

Font les grands projets

Et les découvertes fantastiques,

S’écrivent avec des mots,

Ce sont les boucles des ordinateurs.

On les introduit dans un robot,

Et comme c’est magique,

Ça devient automatique.

Alors ne me dites pas

Que vous n’aimez point

Les mathématiques,

Elles vous servent tous les jours,

Leurs lois sont celles de l’univers,

Sinon le monde serait à l’envers.

 

CONSOMMER C’EST EXISTER

C’est l’expression

De la vie

De prendre,

D’utiliser,

De faire disparaître

Ce qu’on fabrique.

La consommation

Pollue,

Tue,

Exploite.

Mais au fond,

L’homme doit exister,

Il recherche,

Pétrie,

Cuit,

Fabriquant

L’éphémère

Comme le durable,

L’utile

Comme le futile.

Ses outils

Permettent de produire,

De protéger,

De transformer

Ce dont il a besoin,

Ce qui lui fait du bien.

L’homme travaille,

Là où l’animal chasse,

L’humanité a son organisation

Qui lui donne accès

A la richesse.

C’est l’argent

Qui permet à chacun

D'acheter et d'acquérir,

Ce dont il a besoin.

C’est inégalitaire,

Car la terre

Ne peut pas satisfaire

La population entière,

C’est l’origine des guerres.

Tous ne s’en font pas une raison,

Ils feraient bien la révolution

Pour permettre à chacun

De combler ses émotions.

 

 

LE SALON DE COIFFURE

Avec ses ciseaux,

Sa tondeuse

Et son peigne,

La coiffeuse

Rafraîchit

La tête de son client.

C’est un travail

En perpétuel recommencement,

Car ça repousse,

C’était énervant.

Mais c’est l’occasion

De se refaire une beauté.

On ne va pas se priver

De ces petits plaisirs,

Ils sont si rares aujourd’hui,

Alors aller se faire dorloter

Au salon de coiffure,

C’est le luxe des pauvres,

C’est le quotidien des nantis,

Qui prennent soin tous les jours

De leur apparence,

C’est leur enivrance.

L’horloge qui avance

Nous rappelle qu’il faut y retourner,

A tout âge et comme il convient,

C’est la liberté du paraître

Dans lequel on voit l’être.

 

 

LA BELLE JARDINIERE

La belle jardinière

Admirait son jardin,

Elle avait bêché,

Semé, planté,

Tel un laboureur,

Et maintenant

Elle pouvait profiter

D’un regard

De la beauté

Des parterres cultivés.

Muguet, jasmin, violettes,

Haricots, salades, blettes,

Romarin, ciboulette, thym,

Pommes, figues, raisins,

Tout s’harmonisait

Dans son monde parfait.

Les fleurs l’égayaient,

Les arbres fruitiers donnaient,

Les plantes aromatiques sentaient,

Les légumes allaient être ramassés.

Elle en ferait une bonne soupe

Ou un plat relevé,

Une offrande pour les invités.

Tous le goûteraient avec délectation,

Il y avait qualité et quantité.

C'était un ange

Qui lui avait donnée

Ses outils dans la grange

Pour entretenir sa terre,

C’était l’expression de sa foi

Que de remercier les abeilles

D’emmener le précieux pollen,

Ainsi les petites graines

Allaient faire perdurer

Son jardin d’Eden.

 

 

NEWS

Quelles sont les nouvelles,

Bébé,

Sont-elles bonnes

Ou dois-je m’inquiéter ?

Le grand-père va-t-il bien,

Le petit dernier est-il couché ?

Je reviens de mon dur labeur,

Je n’ai pas le temps

De profiter

Du doux bonheur

De voir l’heure tourner,

D’admirer ma famille exister,

Vivre, grandir et évoluer.

Alors je vis avec grand plaisir

Les rares moments

Ou je peux voir

Mes enfants,

La mère s’en occupe bien,

Mais leur père leur manque,

Tous ne sont pas sereins

Que je sois aussi loin.

Il faut dire que je voyage beaucoup,

Mon travail m’emmène partout,

Alors laissez-moi quelques instants,

Mes petits m’appellent en ce moment,

Ils ne supportent pas mon éloignement.

 

 

LE SECRET

Quand tu sauras

La vérité

Ne m’en veux pas

Ma dulcinée.

Tu étais blottie

Contre mon épaule

Quand je t’ai menti :

Je ne voulais pas

Que tu me quittes.

Alors j’ai enrichi

De mon verbiage

Comme un enfant

En bas-âge

Ce qui était honteux :

J’en étais malheureux.

Bien sûr je regrette

Ce que j’ai dit,

Je n’aurais pas du

Souffler dans cette trompette,

Je n’ai pas pu

M’en empêcher

Pinocchio était mon absolu

Dans cette réalité,

Bientôt je l’espère,

Tu sauras me pardonner,

Dis-le à ta mère,

Elle va m’aider

A t’apporter

Le monde enchanté

Que tu mérites.

Ce soir, la messe est dite,

Demain sera un autre jour,

Je verrai si tu tiens à moi,

Mon amour,

Si tu me pardonneras

Pour toujours :

Promis je ne recommencerai pas

A trahir ce secret

Bien lourd à porter,

Bien dur à expliquer.

 

 

L’APOCALYPSE

Il faut tuer

Cette bête immonde,

Ce monstre

Qui menace le monde.

Ses tentacules

Prennent les hommes,

Un héros doit se lever,

Il faut l’assommer.

Le chevalier va à la bataille,

Il doit guerroyer,

L’ombre menace

De ses souvenirs fugaces.

La pieuvre se bat,

Elle mène nombre de soldats

Au trépas,

Mais le plus fort,

Elle ne l’aura pas,

Il lui coupe la tête,

Et dans un dernier hurlement,

L’animal fuit,

On n’entendra plus

Parler de lui.

C’est ainsi que la terre

Change d’atmosphère,

Elle est plus respirable,

L’univers devient aimable.

Il ne vivra pas l’apocalypse.

Après cette éclipse,

Répétez cette parabole,

Le mal elle lui colle

Le diable dans le dos,

On ne le reverra pas d’aussitôt.

Demain matin,

Le malin

Ne chantera plus

Sa ritournelle,

Répandez dans la rue

Que la vie est devenue

Bien belle.

 

 

CITOYEN DU MONDE

Il a faim,

Il a froid,

Mais que fait-il

Dans cette galère-là ?

Il a fui

L’Erythrée,

Ce pays en guerre

Où sa vie

Etait menacée.

Un jour il est parti

Pour un long voyage

Vers l’Occident,

Croyant

Que les pays développés

Tendaient la main

A la pauvreté.

Il a payé

Un passeur,

Il croyait mériter

Son bonheur,

Mais le voici rejeté

Au prétexte

Qu’il n’a rien à apporter.

Il est différent,

C’est la richesse

De notre culture

D’aider

Les sinistrés du monde.

La terre n’est pas ronde

Quand elle exclue

L’envie d’une personne

De vivre dignement,

Simplement.

Accepter l’autre,

C’est exister.

 

 

LE ZOO

Ce ne sont plus

Des bêtes en liberté,

Dans une cage,

Ils ont été enfermés,

Mais ils ne sont point

Malheureux,

Ils s’y sont habitués.

Les familles déambulent

Dans les allées,

Espace de quiétude

Et de découverte

Pour les petits

De la faune

De la planète entière.

C’est un spectacle

Pas cher

Pour profiter

Des espèces de l’univers.

On voyage

D’un saut de puce

De l’Afrique

A l’Asie

En passant par les Amériques.

Oiseaux,

Poissons,

Mammifère

De chaque recoin

De la terre,

C’est le dépaysement garanti

Dans le paradis

Des mille variétés

Des animaux sauvés,

Qui dans leur pays

Sont exterminés,

A leur cause le zoo

Nous a sensibilisés.

 

 

QUAND VIENT LE SOLEIL

Les enfants

Jouent dans la prairie,

Près de notre maison

Les fleurs prennent vie.

C’est le printemps,

La nature s’éveille,

Les animaux se réveillent

Après un rude hiver.

Près de la rivière,

L’oncle Tom

S’est mis à pêcher,

Il a rapporté

Une carpe et un brochet.

Les oiseaux chantent,

Les hommes dansent

Pour que les blés

Soient mûrs cet été.

Le dur labeur

Nous attend,

C’est le bonheur

Qui nous prend

Quand on a envie

De profiter de la vie.

Le temps change,

Il tourne à l’orage,

Rentrons ma chère,

Les nuages

Me font de l’ombrage.

Quand les éléments

Se déchaînent,

Ils accrochent l’homme

A leurs chaînes,

Il doit attendre

Que le ciel se calme,

Il tend la main dehors,

Il pleut encore.

Mais cela ne va pas durer,

Après les éclairs,

La luminosité,

La cabane est illuminée

Par le soleil de la bonté.

 

 

LE SPECTACLE

« Entrez,

M’sieurs dames,

Venez voir

Les artistes.

Clowns, jongleurs, dresseurs,

Ils vont dépasser sur la piste

Les limites de l’impossible ».

Monsieur Loyal s’éclipse

Et le chapiteau prend vie.

Animaux, acrobates,

Prestidigitateurs,

Les petits sont enchantés

Au son d’une musique endiablée.

Les numéros se succèdent,

Leur perfection obsède,

Le temps est compté,

Tout est chronométré

Dans un espace millimétré.

Mais où vont-ils chercher

Leurs idées ?

Les balles fusent,

Les fouets claquent,

Les enfants retiennent leur souffle,

Ils ont peur,

Mais ils sont pénétrés

Par la beauté

Et la dextérité

Des artistes.

Concentration maximale,

Risque infinitésimal,

Pour un ballet spectaculaire

Dans les airs.

Les bambins

Sont ravis par cette féérie,

C’est l’apparence et le prestige

Du cirque,

Fabuleux spectacle

Plein d’entrain…

Et de vie.

 

 

LILOU

 

Lilou,

Lila,

Fleur

De printemps,

Tu es mon enfant,

Ma princesse,

Tu m’apportes

La sagesse,

Celle du parent.

Ma responsabilité

Est de te donner

Une vie dorée,

Ton éducation

Est ma mission.

Avec ta mère,

Nous t’avons tant désirée,

Depuis que tu es arrivée,

Le soleil brille

Dans mon intérieur,

Je vis le bonheur.

Je t’éviterai

Les malheurs,

Ceux de la vie

Et de tes ennemis.

Ais toujours l’envie

De découvrir

La nature

De partir

A l’aventure.

Je te protégerai

De mes bras,

Chaque jour

Avec toi

Est nouveau,

Tes premiers pas

Sont si beaux.

 

 

VILLE LUMIERE

Paris,

Ma reine,

Tu es la plus belle

Des villes du monde.

De la tour Eiffel,

La centenaire,

A Montmartre,

L’altière,

En passant

Par les Invalides,

Je marche d’un pas

Rapide.

J’ère

Dans les avenues,

On est toujours bienvenus,

Surtout sur les Champs-Elysées.

Tes musées,

Le Louvres, Orsay

Regorgent de mille trésors.

Tu es riche,

Et alors ?

Capitale

De la France entière,

Tu irradies aussi

Sur la terre,

Toi la ville lumière,

Celle qui ne dort jamais,

Celle qui ne se rend jamais.

Car humiliée,

Tu t’es toujours redressée,

Même dans les heures

Les plus sombre

Que tu as passées.

De l’ombre est sorti

L’éclair

Qui t’a libéré

Du joug ennemi.

A l’heure de la rapidité,

Tu as su te transformer,

Tes entrailles ont été lacérées

Pour laisser passer la modernité.

Les stations de métro

Evoquent l’histoire.

L’architecte construit des gratte-ciels,

Tu n’es pas en retard,

Tu as rendez-vous

Avec le futur,

Le XXIème siècle

Sera ton aventure.

 

 

TAVERNIER

Tavernier,

Un verre,

S’il te plaît,

Il fait soif

Sur cette terre.

Je m’installe

A la terrasse,

Je bois la bière,

Ce n’est ni la première

Ni la dernière.

Alors je ne suis

Plus très frais,

Je pars

Dans mes délires,

Ce liquide

Est un délice

Pour s’évader

De la réalité.

L’alcool aidant,

Je me fais des amis,

Ceux d’un soir,

D’une cuite.

Il se fait tard,

Le café va fermer,

Je prends une dernière pinte,

Bien fraîche,

A ta santé,

C’est celle de trop,

Celle qui conduit au lit

Aussitôt.

Je suis malade,

Mais je fais dodo.

Le lendemain,

J’ai la gueule de bois,

C’est certain,

Une autre fois

Je ne recommencerai pas

Je n’irai pas aussi loin.

 

 

REVEILLE-TOI

 

Christophe Colomb,

Réveille-toi,

Le monde est devenu fou,

Il ne tourne plus rond.

 

Karl Marx,

Réveille-toi,

L’homme a enseveli l’égalité

Au nom des individualités.

 

Voltaire,

Réveille-toi,

L’humanité est privée de liberté

Avec toutes ces atrocités.

 

Martin Luther King,

Réveille-toi,

La guerre va abattre

Celui qu’on idolâtre.

 

Fraternité,

Tu t’es souvent perdue

Mais tu as toujours survécu.

L’argent achète tout,

Mais n’aura pas la vérité.

 

L’essence de l’homme,

C’est la démocratie,

C’est ce que les anciens

Nous ont légué,

Nous ont dit.

 

Alors à nos enfants,

Nous devons laisser

Sans l’abîmer

Ce dont nous avons hérité.

Le futur est fait du passé

Auquel s’est ajoutée l’actualité.

 

Ainsi se construit l’histoire,

Les hommes bâtissent l’espoir

D’un monde meilleur

Où l’idéal serait le bonheur

De tout un chacun,

De chaque citoyen,

Dans le respect de l’autre

Comme l’ont écrit les apôtres.

 

 

LA POESIE

Le poète

Ecrit,

S’il le veut

Avec des rimes,

Le monde

Comme il l’entend,

Tel qu’il le sent.

Sa plume

Crisse sur le papier,

Il joue avec les mots.

Ils naissent,

Prennent leur envol,

Par-delà les nuages,

Tel un heureux présage.

Collés bout-à-bout,

Ils forment des phrases,

Donnent un sens

A une idée.

Le poète

Prend soin

De nous emmener

Dans son univers

Imaginaire,

Il chante

Liberté,

Il suggère

La beauté

D'un monde

enchanté

Ou la brutalité

Immonde

De la cruauté.

Le lecteur

S’approprie

Le texte,

Il lit

A l’horizon

L’infini

De ses émotions.

Le poète créé

A partir de rien

Ce qui devient

Un monument

De la littérature,

L’aventure

Dans un livre,

Il rend ivre

Car il nous emmène

Vers l’île du bonheur,

La joie intérieure.

 

 

 

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LA FERME

L’agriculture était en crise,

Celle de la surproduction mondiale.

Dans l’exploitation familiale,

Ils avaient l’amour des bêtes,

Ils nourrissaient avec du bon foin

Vaches et bœufs.

Cela rendait le lait et la viande

Meilleurs.

Mais ils étaient trop chers,

Alors qu’ils ne rentraient même pas

Dans leurs frais

A cause de la concurrence déloyale

Et des produits de mauvaise qualité

Des pays émergents.

D’autres misaient sur la productivité

Pour être référencés,

Eux choisirent la vente directe.

Fromages, viande, lait, beurre,

La production était vendue

De l'agriculteur au consommateur

Par une coopérative bioéthique,

Avec un cahier des charges

Très strict.

C'était la garantie

De ne pas tromper le consommateur,

Celui qui cherche goût et qualité,

A un prix honnête,

Dans les produits de première nécessité.

L'enjeu est d'y arriver.

 

 

S.O.S

J’ai lancé

Un appel au secours,

Une bouteille

A la mer.

Je désespère,

Je le dis

A la terre

Entière.

Mon SOS

Ecrit avec ma plume

Est le cri

De l’amertume,

Celle de ma vie

Qui ne va pas

Comme je le veux.

J'ai l’envie,

C’est ça qui compte,

De dépasser

Les préjugés.

Je n’ai pas honte

De demander

A ce que mon existence

Soit un conte.

Je ne mérite pas

Le malheur

Après mon dur labeur.

Alors écoutez ma complainte

C’est la mauvaise humeur

Du peintre 

Qui suinte.

 

 

LA VIEILLE MARGOTTE

La mère Margotte

Médisait sur notre couple,

Elle disait

Que j’étais PD,

Que je buvais de l’alcool,

Là où je t’ai trouvé

Et je ne bois que du café.

Elle disait

Que tu étais une mauvaise mère,

Que la maison était sale,

Que tu t’occupais mal de ton fils,

Qui passait son temps à pleurer

Sous les coups que je lui aurais

Donnés.

Elle disait

Que j’étais un fainéant à la maison,

Un bon à rien au travail,

Moi qui ne comptais pas mes heures

A mon dur labeur.

Elle disait

Que nous étions fauchés,

Que nous avions des dettes,

Mais ma fierté

Dans la pauvreté

C’est de ne pas avoir emprunté.

Elle disait

Que j’avais chopé

Une mauvaise maladie,

Que ça m’avait renfrogné,

Et que de cette mauvaise santé

J’allais bientôt en mourir.

Elle disait

Que je courais les jupons

Et que tu étais une pute

Qui séduisait,

Se donnait

Et dépravait

N'importe quel jeune garçon.

Elle disait

Que le samedi soir au bal,

Nous n’étions que des traînées,

Et que je frappais d’un opercut,

Sous l’emprise d’un rail de coke,

Des villageois innocents,

Des hommes

Qui n’avaient rien demandé.

Mon dieu, où a-t-elle

Eté chercher

Toutes ces obscénités ?

La vieille Margotte,

Qui passait son temps

A la fenêtre

De son appartement

A coudre et observer,

Est morte

Aujourd’hui.

Paix à son âme,

Cachez votre joie

Jusqu’à ce qu’elle soit

Enterrée.

Après, cet événement,

Vous pourrez le fêter…

Vous serez libérés !!!

 

 

LA SARDINE

Le pêcheur

L’a ramassée

Dans ses filets

Comme une belle femme

Qu’il séduisait.

Elle avait la peau

Couleur d’argent,

A la criée

Elle vaudrait

Son pesant d’or.

Bien serrée

Dans sa boîte

En fer blanc,

Je l'achète,

Je préfère

La sardine

Au thon

Ou au maquereau.

A l’huile d’olive

Ou au citron,

Je mangerai

Avec délectation

Ce petit poisson,

Un repas

Avec un bon vin,

Je suis repu,

Je suis bien.

 

 

LES PETITS PAINS AU CHOCOLAT

De bon matin,

J’allais chercher

Mes petits pains

Au chocolat.

Je traversais le village

Pour cela.

J’ai rencontré

La vieille Margotte,

Celle qui passait

Son temps

A médire sur toi.

Elle grommela

Un bonjour

Et s’en alla.

Je vis ensuite

La belle Eloïse,

Celle dont j’avais

Le cœur transit :

Je rougis.

Les enfants

Allaient à l’école,

Les vieux,

Sur la terrasse du café,

Buvaient de l’alcool.

Quand je suis arrivé

A la boulangerie,

Il n’y avait plus

De pains au chocolat.

Alors pour rassasier

Ma faim,

Je pris des croissants.

Le long du chemin,

J’étais si gourmand

Que je mangeais toutes

Les viennoiseries,

Si bien

Que ces délices avalés,

Je me suis fait gronder

Quand je suis arrivé.

 

 

L’ACTE D’AMOUR

Selon le pape,

L’acte d’amour

Est un péché

Quand il n’est pas fait

Pour procréer.

Mais le curé

Va-t-il m’empêcher

De jouir

Avec ma belle,

Celle qui ensorcèle

Mes sens,

Qui me donne

Du plaisir

Par sa présence.

Vive le sexe,

N’oubliez pas

Le latex !!!

Pendant des heures,

Nous nous accouplerons

Avec fougue,

Nous essaierons

Toutes les positions,

Nous dépasserons

Nos émotions.

Au petit matin,

Nous nous endormirons,

Fatigués et l’air serein,

Bienheureux au lit

D’avoir bravé les interdits.

 

 

EN COMBATTANT

En combattant

Les ennemis

De la nation,

J’ai trouvé

Ma cavalière,

Celle qui avait

La démarche altière.

Elle portait haut l’épée,

Elle avait rassemblé

Une armée

De petites gens,

Et elle, devant

Avec son cheval,

Donnait l’exemple

A ses troupes.

Je la trouvais

Fort séduisante

Avec ses oripeaux,

Alors je suis allé

A ses côtés

Pourfendre le malin.

Ma fougue

Lui plaisait,

A cette guerrière !!!

Alors quand la bataille

Fut terminée,

Nous avions gagné,

Nous nous sommes rangés

Des canons

Pour célébrer

Notre union.

Depuis, notre émotion,

C’est notre enfant

C’est pour lui

Que nous allons

De l’avant.

 

 

LES EXPLORATEURS

Qu’ils soient chercheurs,

Médecins, aviateurs,

Spationautes ou navigateurs,

Ces explorateurs

Des temps modernes,

Avec leurs engins,

Font rêver

Grand et petits,

Hommes ou femmes.

L’espoir

D’une vie meilleure

Grâce aux nouvelles technologies

Est le moteur

De la civilisation

Avec à l’horizon

Des découvertes

Qui vont transformer

Les communications,

L’habitat,

La production,

Les relations.

Ces visionnaires

Ont la flamme

De créer,

De progresser,

Et malgré les échecs,

Ils vont y arriver.

Le saut

Vers l’inconnue

Ne leurs fait pas peur,

Ils connaissent si bien

Ce qui les attend :

Le dur labeur,

Leur métier.

 

 

NAVIGATEUR

Jacques Cartier, Jean-François La Pérouse,

Jean-Baptiste Charcot, Paul-Emile Victor,

Jules Dumont d’Urville, Robert Surcouf,

Louis-Antoine de Bougainville,

Ces grands noms de la marine

Ont exploré, du Canada au Pacifique

En passant par les cercles polaires,

Les océans de la terre entière,

Se sont battus sur toutes les mers.

De ces marins ou corsaires,

Aujourd’hui, leurs héritiers

Se battent sur des courses de voiliers,

Dont l’architecture moderne,

En carbone, en composites et en acier,

N’a plus rien à voir

Avec celle de leurs glorieux ancêtres.

Ils vont chercher avec leurs tripes,

Derniers explorateurs du globe,

La victoire qu’ils méritent,

Calculant vents et marées

Pour naviguer au plus serré.

Au près ou au grand largue,

Ces navigateurs affrontent les éléments,

Ils ont les cartes de leurs anciens

Pour éviter les écueils sur lesquels

Beaucoup se sont échoués.

La mer a de tous temps

Prélevé son lot de sang,

Elle est intraitable avec l’homme,

Préparez-vous pour la castagne,

La voile est un sport de combat !!!

Dépassée l’eau, vive l’atmosphère

Et l’espace intersidéral.

Les nouvelles conquêtes

Se font en avions et en fusée.

Satellites, sondes ou capsules habitées,

C’est dans l’infiniment grand, l’espace

Que l’homme va faire ses nouvelles découvertes.

Sa passion de l’apprentissage

De son entourage

Ne s’arrêtera jamais…

 

 

DIGNITE

Le grand-père

Sentait ses forces

Diminuer,

Sa santé

S’amenuiser,

Il était temps pour lui

De partir.

Sa famille

L’a accompagné,

Il avait

De plus en plus besoin

D’infirmiers

Et de médecins.

Il fallait

Le soutenir,

L’aider,

L’épauler

Pour que ses derniers

Instants de vie

Soient remplis

De dignité.

Il allait s’en aller

En n’ayant rien

A regretter,

Rien

A se reprocher.

Il avait vécu des moments

Heureux

parmi les siens,

Sa famille,

Ses amis.

Il avait mérité

D'être bien traité

Par son dur labeur.

Il avait enrichi

De sa présence

L’existence

De son entourage.

Il représentait

La sagesse incarnée.

Aux cieux il serait orienté

Directement vers le paradis.

De là-haut,

Il nous observera,

Il sera là.

 

 

L’AMOUR, LA JOIE

L’amour,

La joie

Viendront

D’en bas,

De ce peuple

Qui décidera

D’en finir

Avec la dictature.

Il chantera

L’ouverture

D’un opéra

Pour chasser

Les impures,

Les vents mauvais

Loin dans la forêt.

Ce ne sont pas

Les prières du curé

Qui nous ont guidés,

Notre calvaire

N’est pas une croix,

Loin derrière

C’est la liberté

Qui vivra.

 

 

A L’AMITIE

Buvons un verre

A l’amitié,

En chantant

Liberté,

Celle des peuples

Opprimés.

Nous ne nous tairons

Jamais,

L’expression

Est notre droit,

Les grands, les rois

Tiendront compte

De toi,

Je te le promets,

Je te le jure.

Nous casserons

A coups de livres

Tous ces murs,

Nous irons chercher

Notre fortune,

Là-haut,

Là où se trouvent

Ceux qui nous ont volés.

Nous apporterons

L’égalité,

Pour que plus personne,

Plus un enfant

Ne souffre, ne crie famine.

Au peuple la farine…

 

 

FLEUR DE LYS

Fleur de lys,

Les rois ont choisi

De te semer

Pour signifier

La paix

Et pas la guerre.

La population chantera

Autour d’un verre

L’amitié qui viendra

Entre ces peuples

Autrefois ennemis.

Les soldats

Ont cessé

De batailler,

Leurs grenades

Se sont tues

En écoutant la balade

Des insoumis,

Ceux qui se sont révoltés

Contre les atrocités.

L’amour viendra

Entre ces jeunes gens.

Dans leurs grands bateaux

Ils ramèneront

De leur long voyage

Les rameaux

De l’olivier

Que les anciens ont planté

Sur ces terres longtemps arides

Qu’ils ont fertilisées.

De l’église en granit

Ils lâcheront les colombes

Pour célébrer l’union

De deux amoureux,

La nuit tombe,

Ils vont être heureux.

 

 

L’ORANGER

J’ai planté un oranger

Sur cette terre sèche et aride,

Balayée par les vents

au souffle hurlant.

J’espère pouvoir un jour

Ramasser mes oranges

A la pulpe humide.

Je prie Dieu pour exhausser

Ma prière,

Sans ce fruit ma ferme

Tomberait en misère.

Je regarde le ciel,

J’implore qu’il amène

Le bon temps.

Je chasse

Les mauvais germes,

Ceux qui gangrènent

Ma culture

Et la nature.

Après la pluie,

Le beau temps,

Les racines profondes

Irriguent mon oranger

De cette précieuse sève,

Source de vie.

Après les fleurs,

Les fruits se sont formés,

Mûrissant sous le soleil.

Finalement l’oranger

A tenu ses promesses,

La récolte a été bonne,

Je vais la vendre sur le marché,

Il n’y aura point de famine

Cette année.

 

 

TECH NEWS

Dans les nouvelles du journal,

Je lis sur les dernières nouveautés

Des nouvelles technologies.

Elles sont mécaniques,

Electroniques,

Numériques,

Une révolution

Dans la maison,

Une évolution

Dans l’entreprise.

Les chercheurs

Sont au labeur,

Leurs neurones,

Tels des drones,

Photographient l’actualité

Pour imaginer les nouveautés.

Biologie

Et technologie

Vont fusionner

Pour créer les objets,

Ces derniers-nés,

Rencontre futuriste

Entre robotique et humanité.

L’homme a gagné

La conquête de son habitat.

Son imagination emmènera

La société vers l’infini,

Le grand, le petit.

Ainsi le monde n’aura

Plus de secrets

Pour ces ingénieurs

Qui tous les jours

Mettent au grand jour

Leurs découvertes,

Ces avancées discrètes.

Le savoir

Est devenu…

Superpouvoir.

 

 

LA BELLE SOCIETE

Ma belle,

Cette petite société

Est la fille du dieu argent

Et de madame cupidité.

A la bourse ou à la vie,

Elle a choisi

De se faire baptiser

Par la monnaie du pape.

Cette fleur a enchanté

Toute sa jeunesse,

Pendant son enfance,

Elle n’a cessé de croître

A l’abri des regards agressifs

De la concurrence.

A sa majorité,

Elle fut capitalisée,

Les hommes se sont précipités

Sur cette valeur sûre.

Elle a fait du charme

Pour se marier

Par une OPA,

J’ai publié les bans,

Et les prétendants

Se sont comptés par milliers.

Elle a trouvé un compagnon

De fortune,

Alors ma compagnie

A fait des enfants

Partout dans le monde,

Toutes ces usines

Qui chanteront l’internationale,

Par celle des révolutionnaires

Mais celle des multinationales.

Depuis elle vieillit bien,

Mais dans son siège,

Elle a les rouages un peu grippés

De vieille dame âgée.

Alors les jeunes loups de la finance

Qu’elle a accepté d’adopter

Vont l’accompagner

Vers l’éternité.

 

 

LA COUTURIERE

La couturière

Sur sa machine,

En faisait

Des kilomètres

Avec son fil.

Des ourlets,

Des petits hauts,

Des pantalons,

Elle rafistolait,

Elle cousait

Le tissu.

Cette matière

Prenait forme,

Devenait objet,

Vêtements,

Qui apparaissaient

Sous ses doigts de fée.

Ces jours-ci,

Elle fabriquait

Une tenue

Pour l’été prochain,

Habit de saison

Qui serait porté

Avec délectation

Par une femme

Embellie

Par cette parure

De toute beauté,

C’est la magie

De la liberté

De créer.

 

 

UNE PETITE CHANSON POUR RIEN

C’est un petit poème

Pour rien,

Un air de fête,

C’est une chanson,

Une ode à l’amour,

Avec tout ce que vous aimez

Autour.

En ces temps difficiles,

Provoquer même un sourire,

C’est gagner sur l’adversité,

Cette misère qui touche

Des millions de gens,

Vous serez peut-être

Le prochain.

Alors donnez

Tout ce que vous pouvez,

Du temps,

Même un simple sou,

C’est mieux que rien.

Il y a tant à faire,

Par où commencer ?

C’est un vrai rébus,

Alors parler

Ou chanter,

C’est le début

De la reconquête,

Même les râleurs

S’y mettent

Dans cette quête

Du bonheur

Universel,

Dieu que la terre

Sans ces fichues guerres

Est belle.

 

 

LE PAQUEBOT DE CROISIERE

Il est gigantesque,

Ce navire,

Il promène les touristes

Vers des lieux de loisirs.

Les Caraïbes, la Méditerranée,

Vous trouverez

Chaussure à votre pied.

Bienvenue à bord

De ce paquebot,

Embarquons,

Messieurs dames,

Pour cette magnifique

Croisière

Sur les mers.

Le groom

Vous prendra en charge,

Vous emmènera

Vers votre luxueuse cabine.

La corne de brume sonne,

C’est l’heure du départ,

Venez sur le pont,

Humer l’air salé

Des embruns au large.

Ensuite vous profiterez

Des équipements dernier cri :

La piscine à vagues,

Le gigantesque toboggan,

Les jardins des plantes,

Le casino aussi,

La galerie de magasins

Bien sûr.

Après le dîner

Dans le restaurant panoramique,

Vous irez voir le spectacle féérique

Des patineurs sur glace

Ou un film 3D dans la salle multimédia.

Si vous le voulez,

Vous danserez

Sur la piste

D’un des nombreux bars.

Les enfants auront leur espace de jeux,

Ils y seront heureux,

Le temps que vous découvriez

Les animations,

Elles sont nombreuses,

C’est mieux qu’à la maison.

Aux escales,

Vous contemplerez

Des paysages fabuleux,

Vous déambulerez

Dans des villages pittoresques,

Vous découvrirez

Des sites archéologiques merveilleux,

Vous visiterez

Des musées aux richesses infinies,

En bref, vous profiterez

De mille et un trésors

Faites ce voyage,

Il vaut son or.

 

 

FUGACITE

Je l’ai vue,

Aperçue,

Elle fuyait

Mon regard,

Regardait

Autre part.

Mais nos yeux

Par un hasard

Heureux

Se sont croisés,

Depuis ma vie,

Mon horizon

A changé.

C’est la plus belle

Femme du monde,

Elle est ronde,

Elle est telle

Un rayon de soleil,

Une abeille

Butinant

Dans les champs

De fleurs,

C’est mon bonheur.

Je l’ai séduite,

Car je suis charmant

Et la petite,

Car elle n’est point grande,

De ses yeux

En amandes

M’a lancé

Un appel

Merveilleux,

Celui qui ensorcèle

Les dieux.

Elle va m’emmener

Vers d’autres cieux,

Le paradis

A un prix,

Elle me l’a donné

D’un pas assuré.

Désormais

Et à jamais,

Nous irons

Ensemble

Avec l’émotion

Qui nous assemble,

Elle est la perfection,

Il me semble.

 

 

LA BELLE A VOLER

Celle

Que je veux séduire

Est déjà en couple

Avec un autre garçon,

Un mec

Sans émotions,

Pour l’occasion.

Mais moi,

Je suis amoureux,

C’est pour la vie

Que je la veux.

Alors ce soir,

Je sors les chars,

J’invite la belle

A un dîner aux chandelles.

Le vin aidant,

Je lui sors mon chant,

Ma sérénade,

Elle est conquise,

Je vois ma prise

Succomber

A mon discours.

Elle m’appelle

Au secours,

Cette orgueilleuse

Est malheureuse,

Il lui faut un ami,

Un appui

Sur qui compter.

J’ai décidé

Qu’elle serait

Pour ma pomme,

J’ai jeté

Cet homme

Et je n’ai rien regretté,

Car après une nuit d’amour,

Nous nous sommes mariés.

 

 

LA FIN DE LA GUERRE

Le ciel s’est embrasé,

L’horizon s’est obscurci,

Les canons ont fumé.

Puis la guerre s’est arrêtée

Quand le dictateur a été tué :

L’humanité a vaincu

Le diable dans la rue.

Une lueur d’espoir est née

Parmi les populations sinistrées

Errant sur les décombres :

La guerre a été une hécatombe.

L’armistice a été signé,

Les fusils, les avions

Se tairont pour un bon moment.

Après le feu, le froid,

Malgré la douleur,

La vie et sa douceur

A repris.

Les populations

Qui sont restées au pays

Ont résisté

Sous les bombes

A la dictature,

A la torture.

Le conflit a été terrible,

Les crimes ont été horribles.

Entendant

L’appel au secours

Des enfants de la guerre,

Les libérateurs,

Ces hommes courageux

Et sages

Ont fait de leur mieux

Pour changer le visage

De la terre.

 

 

MA PETITE AFFAIRE

Ma petite affaire

Va bien,

J’aimerais bien

Qu’elle devienne

Une grande affaire.

J’invente,

Je créé,

J’investie

Dans de nouveaux produits,

J’embauche,

J’organise,

Je compte

Pour une bonne gestion.

La concurrence

Est rude,

Mais je suis

Différent,

A part,

Innovant,

Je vends

Des nouveautés

Adoptées,

Utilisées,

Adaptées

A mes clients

Qui sont contents.

Alors j’écris

Ma réussite,

Elle est fugace,

Elle file des mains,

Elle est précaire,

Mais elle est là

Grâce à mes salariés

Qui se donnent

Sans compter

Pour mettre au point

Mes idées,

Mes créations,

Mes réactions.

J’en profite

Pour toujours

Avoir un temps

D’avance.

C’est l’assurance

Du succès

Contre l’ignorance

Du marché.

Les efforts sont

Importants,

Ingrats,

Comptés,

J’espère qu’ils seront

Récompensés.

Demain je serai

Plus beau,

Plus fort,

En expansion.

L’argent

Est ma religion,

Le monde

Est mon horizon.

 

 

LE LABEUR

La lenteur

Du dur labeur

Forge les hommes,

Forge les pièces

Sur l’enclume.

Point d’amertume,

Construire,

Fabriquer,

Produire,

C’est le but

Si matériel

De l’homme,

Dont les besoins

Fondamentaux

Doivent être satisfaits

Avant de se permettre

De rêver,

D’imaginer

Un monde

Meilleur,

Magnifique,

Où les pensées

Sympathiques

Seraient la musique

De la liberté.

 

 

LIRE !!!

Le temps de la lecture,

C’est le temps de l’aventure,

Lire, c’est vivre

A tout âge

La liberté

Des personnages

Animés :

Ouvrez des livres !!!

Arrêter de lire,

C’est mourir,

Le décès lent

De l’ignorant.

Pendant une période,

J’ai lu les odes,

Ces poèmes à l’amour

Car je ne suis point sourd

Aux belles lettres.

La beauté de l’être

Se reflète,

C’est bête,

Dans les bouquins.

La littérature,

C’est l’ouverture,

Comme en musique,

D'un opéra

pour ceux d'en bas.

Quand on a le sens critique,

On devient

Moins hautins,

Plus accessibles

Au savoir.

Vous le donner,

Vous traduire

La portée,

C’est devenir,

C’est mon devoir.

 

 

LES CHAMPS MAGNETIQUES

Les champs magnétiques

Sont les chants symphoniques,

Les ballets féériques

Des boussoles

Vers les pôles.

On entend

Le rugissement

Des ours blancs,

C’est l’ouverture

D’un opéra

Dans la nature

Sauvage.

Il y a

Des sages

Pour préserver

Les derniers-nés

Des prédateurs naturels,

Car la terre

A ses lois,

Mais elle reste belle

Sous les bois,

Source de vie,

Source de foi.

On finit

Par s’habituer

A la société

Humaine,

La cruauté

Etant sauvée…

Par la bonté.

Quand le pathétique

Tend vers le fantastique,

C’est l’authentique

Qui devient emblématique,

L’esthétique

Qui devient pratique.

 

 

LUC

Luc,

Mon vieux,

Tu es aux cieux,

Tu as pris

Le viaduc

Pour le paradis.

Toi,

Dans l’au-delà,

Mon grand-père

D’adoption,

Je te le dis

Avec émotion,

Tu vois

De là-haut

Sur cette terre

La misère,

Les salops,

Puissions-nous

Satisfaire

Au bout

De tes rêves

Anciens

La sève

De ton héritage

Serein.

Tu avais imprimé

Une marque

Dans la société,

Redonné l’espoir

Pour le grand soir.

Maintenant,

Il est temps,

Nous sommes installés

Dans la barque

Que tu as laissée,

Arche de Noé

Promise,

Espérance

Permise,

Errance

Interdite,

Scène politique

Pratique.

Dans la vie

Qu’ils croquent

A pleines dents,

Les jeunes gens

De notre époque

Font le pari

De l’avenir.

Si tu m’entends,

Laisses venir

Les suivants,

Tu seras fier

De leur affaire,

La mort

N’est qu’un sort,

Un tournant.

 

 

L’AEROPOSTALE

Toulouse,

Tanger,

Casablanca,

Saint-Louis,

Lima

Santiago,

Des noms

A faire rêver

Les voyageurs.

Pour l’heure,

C’est l’aéropostale

Qui avale

Les kilomètres

Au-dessus

De l’Atlantique,

Au-dessus

De la Cordillère

Des Andes.

Pilotant

Leurs engins

Parmi les extrêmes,

Mermoz,

Guillaumet,

Saint-Exupéry,

Ces héros

Ont nourri

L’imaginaire

Des petits.

Le parcours

De ces précurseurs

Précède

L’aviation moderne,

Mais nous songeons

A leurs exploits

Quand voler,

C’était l’aventure,

Qui a nourri

La littérature.

L’aéropostale

Est passée,

Le courrier

Est arrivé,

L’ignorance

A trépassé,

La désespérance

Est dépassée.

 

 

 

 

LA CROIX EN GRANIT

C’est une croix

En granit

Qui trône

Au milieu

De nulle part,

Etendard

De la misère

Des pauvres gens

Venant

Pieusement

S’y recueillir.

Le calvaire

En pierres

Sculptées

Est balayé

Par les vents salés

Qui viennent

Du large.

Il en a vues,

Des veuves

Endeuillées,

Pleurant

Leurs maris

Disparus.

L’océan

A prélevé

Son sang,

Les marins

Survivants

Vont prier

Dieu

De les avoir

Préservés.

Quant aux paysans,

Ils viennent demander

De bonnes moissons

Pour l’été suivant,

La bénédiction

Du curé

Sera ponctuée

Par des processions

A la vierge Marie,

C’est la condition

Pour que le temps

Soit clément.

 

 

 

 

VERSAILLES A L’ITALIENNE

C’est Versailles

A l’italienne,

Un escalier hélicoïdal,

Un régal

Pour les yeux,

Près du piédestal

Du général,

Faites vos vœux.

Le château

De style Renaissance

Est un cadeau

Dont la présence

Est l’histoire racontée

Du pays,

Le style de vie

Qu’on y a mené.

Imaginez

Les fêtes à la cour,

Les chasses à courre,

Ces loisirs préférés

Des rois entourés,

Qui se reposaient

Fatigués

Parmi ces pierres

Sculptées.

Les années

Ont défilé,

Nous sommes tous

Les héritiers

De ces bâtisseurs

Du passé,

Constructeurs

A notre tour,

De tours

Dont la modernité

Est l’architecture

Des générations futures.

 

 

 

L’OPERA VITAL

Il a le droit

De s’émerveiller

Devant le monde

Qu’il a légué

Aux générations

Futures.

Pour lui,

C’était l’aventure,

L’ouverture

D’un opéra

En quatre actes,

Un pour chaque saison

Qu’il a mises en chansons.

Le dernier opus

De son œuvre,

C’est Vénus

A la manœuvre,

Une ode à l’amour

Et autour

Le feu sacré

D’une terre délivrée.

Aujourd'hui,

C’est la liberté

Retrouvée,

Après ces années

De conflit.

Il est dit

Que les hommes armés,

Qui insultent

Ce lieu de culte

Ne doivent plus y pénétrer :

C'est le paradis

Des petits.

 

 

MAMIE DORT

 

Il ne faut pas

Réveiller mamie,

Elle rêve

Dans son lit.

Elle rêve

D’un monde meilleur,

Où l’avenir

De ses petits-enfants

Serait grand.

Car dans ce monde

Assez immonde,

Le futur

N’est plus de nature

A rassurer les gens.

Quand ils grandiront,

Ils devront

Lutter contre les inégalités,

Lutter contre la pauvreté.

Mais ils sont bien éduqués,

Ils se débrouilleront

Et vivrons

Heureux

Dans leur univers

Somptueux,

Celui des vers

Poétiques

Et de l’innocence

De leurs jeux.

Ils ont l'esprit pratique,

Ils sont encore candides,

Laissons-les

Aller de l’avant

En les mettant

A l’abri

Des rapides

De la vie.

 

 

FASHION VICTIM

Elle paie cash

Un article

Qui vaut des milles

Et des cents

Mais qui est

Dans le vent.

Victime de la mode,

Elle achète

Toute une garde-robe,

Même la lingerie

Dont elle n’a pas besoin.

La carte bleue chauffe,

C’est son mari

Qui va être mécontent.

C’est pour lui

Et pour les autres

Qu’elle veut

Se faire belle,

Avec ses bas

En dentelle.

Fashion victim,

Au fond de l’abîme,

Elle n’a plus,

Pour son interdit bancaire,

De notions,

Les zéros s’ajoutent

Sur son compte.

Les lignes de vêtements,

Elle les essaye toutes,

Dépensant

Tout l’argent,

Menaçant

Les crédits à rembourser,

L’éducation du petit dernier.

Car elle se sert

Dans le magot

De l’héritage

Qui ne sera bientôt

Plus qu’un nuage…

 

 

LES LOIS MATHEMATIQUES

Les mathématiciens

Voient la terre

Selon leurs lois physiques.

Moi je la perçois

Avec mon esprit pratique,

Comme une ode à la vie

Où les sens aux aguets

Sentent les parfums exquis.

Car les animaux et les fleurs,

Perchés sur leurs rochers,

Ne sont pas que de la biologie,

La planète tourne certes

En suivant des courbes elliptiques,

Mais elle n’a pas attendu l’homme

Pour inventer les mathématiques.

Alors quel est le secret

De la gravité universelle

Et des théories abordées ?

Le Créateur

Aurait-il eu

Un gigantesque ordinateur

Pour dessiner mère nature ?

Nul ne le sait,

Même le pape est mut,

Alors mettons

Notre savoir

Au service de l’humanité

Et cessons

De batailler

Pour cette futilité.

 

 

UNE PLANETE EN SURSIS

Les hommes dans leurs croyances

Sont pleins d’errance.

Les dieux sont en colère,

Leur élu est un mystère.

Il fait tout pour pacifier

Un monde endeuillé

Par une guerre incertaine

Qui taille les veines

De tous les habitants de la terre,

Ceux qui espèrent

Que la paix viendra bientôt.

Ceux qui se battent sont des sots

Qui croient que les armes

Répandant les larmes

Sont les seules solutions

Qui pointent à l’horizon.

Alors comme il le faut,

Celui désigné comme héros

Prend la plume

Pour signer l’amertume

De ces pauvres gens.

Ce faisant,

Il apporte l’espoir,

Même avec du retard.

Le conflit doit s’arrêter

Et les coupables seront jugés.

Alors l’humanité reprendra

Sur un ton plus bas

La concurrence des pays

Selon les rythmes de l’économie.

Les hommes doivent penser

A la santé

Sinistrée

D’une planète en sursis

Qui obéit

A l’horloge universelle.

Cette planète est si belle…

 

 

MONEY

L’argent

Me rendrait

Heureux

Si j’en avais

Un peu.

Malgré mes efforts,

Je n’en dispose point,

Je songe à attaquer

Le coffre-fort

Qui n’est pas loin.

Mais je ne veux pas

Aller en prison,

Cet horizon

N’est pas mon futur,

Non, moi mon avenir,

C’est la littérature.

Le jour viendra

Où elle me rapportera

De l’or,

En écrivant,

Je songe à ce trésor.

Mais en attendant,

Je dors

Dans mon miteux studio,

J’espère que bientôt,

Je serai reconnu,

Les journaux

Fêteront ma bienvenue.

En tant que star,

Ce sera le grand soir,

Je logerai dans un palace,

Mon palais des glaces.

J’aurai ma villa,

Mes voitures rapides,

Mon yacht.

Pour cela,

Il me faut le succès,

Je suis intrépide,

Même si cela n’arrivera…

Jamais !!!

 

 

RIEN NE VA PLUS…

J’ai les pieds

Qui décollent,

Je quitte

Le sol.

C’est le désordre

Ce soir

Dans mon esprit,

Je ne sais plus

Où va mon radar.

J’étais si bien

Et voilà

Que je suis perdu,

L’émotion

A pris le dessus.

J’espère

Que ce n’est pas

Trop grave,

Je me gave

De comprimés

Et je vais

Me coucher,

Espérant

Etre serein

Demain matin.

Mon moral

A des hauts

Et des bas.

Je ne suis

Qu’un petit rien

Sur cette terre

Mais je rêve

De grandeur

Dans mon atmosphère.

Que croire,

La réalité

Ou l’imaginaire ?

A cette question,

Point de réponse,

Alors je fonce

Dans le noir,

Eclairé par une bougie

Dans la nuit.

Ce soir la lune

Est pleine,

Point d’amertume,

J’ai de la veine.

D’un coup

De baguette magique,

Je voudrais voir

Mon horizon

Se dégager,

Si c’était vrai,

A cette heure,

En plein bonheur

Je nagerais.

 

 

CETTE NANA-LA

Cette nana-là

M’a fait

Tourner en bourrique

Mais j’en pique

Pour elle.

Je serais prêt

A déplacer des montagnes,

A fendre les océans,

Mais ma timidité

M’empêche de l’aborder.

Alors je ne fais

Que rêver

D’être avec celle

Qui me fait fantasmer.

Je m’imagine

Dans ses bras,

Un petit baiser

Tout doux

Dans le cou.

Quand je me réveille,

Je suis seul

Dans mon lit,

Elle est bien loin.

Un jour

Je franchirai le pas.

Heureux de mon courage,

Je nagerai

Dans le bonheur.

Aujourd’hui,

C’est la solitude,

Mais un jour

Nous serons deux,

Unis par la promesse

Des dieux.

 

 

LE SISTER-SHIP

Ses hanches

Se balancent

De bâbord

A tribord,

Comme un paquebot

Qui a parcouru

Les océans.

Il a affronté

Les éléments,

Transportant

Des milliers

De passagers.

Il a gagné

Le Ruban Bleu

Récompense

Dans cette course

De vitesse,

Comme celle

Contre l’âge

Qui avance.

Le bateau

N’est plus tout jeune,

Mais il est encore

Puissant,

Ses lignes élégantes

Se distinguent

De l’horizon.

Le petit dernier

Sort à peine

Des chantiers navals,

Il avale

Déjà les miles nautiques,

Parcourant les mers

Pas loin de sa mère.

L’époque des transatlantiques

Est révolue,

Vient le temps

Des croisières

Touristiques.

Les femmes,

Avec leurs cartes,

Navigueront toujours,

Je les vois

Sous un nouveau jour.

 

 

UN AUTRE AMOUR

Quand tu partiras,

Tu fermeras

Bien la porte

De sorte

Que j’oublie

Ta présence,

Que je fasse le tri

Dans mon existence.

Les brouillards

Apparaîtront

Dans ma maison

Ce soir.

Je pleurerai

Beaucoup,

Je me transformerai

En loup,

Seul dans la forêt,

Hurlant parmi les cyprès.

Je t’aimais

A la folie,

Nous étions partis

Pour nous adorer

Eternellement.

Je dois me pincer

Pour réaliser

Ce qui est évident :

La cassure,

La brisure

D’une union

Qui n’a plus d’horizon.

Cela m’attriste,

Je prends une autre piste

Pour chercher

La sérénité,

C’est une nouvelle femme

Qui va rallumer

Ma flamme.

Quand je la trouverai,

Je serai

A nouveau

Guilleret.

Ce cadeau,

Tombé du ciel,

Me rendra alors

Eternel.

Ce sera un cadeau,

Ce sera de l’or

Dont je serai amoureux.

Je naviguerai  alors

Sur un bateau

Qui trouvera

Un trésor.

Pour un peu,

J’y crois,

Ce sera merveilleux.

Love is love…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’AMOUR PLATONIQUE

Elle allait et venait

Tous les matins

Sur mon chemin :

Je l’observais

Attentivement

Dans le vent

Car elle était si belle,

Elle était de celles

Qu’on veut rencontrer

Pour l’éternité.

Mais il y avait un mur

Entre nous deux,

Ses murmures

Arrivaient au creux

De mes oreilles,

Faisant merveille,

Mais c’était

Un amour platonique,

Celui qui promettait

La Rome antique.

Sans se parler,

Nous nous sommes

Tant aimés,

Mais aujourd’hui

Elle a un homme

Dans sa vie,

Un coup de gomme

Sur mon envie :

Je crie.

 

 

 

 

LE BEAU GROS

C’était un beau garçon

Qui se trouvait

Un peu trop gros.

Il avait un visage poupin,

Un beau visage tout rond

Aux formes bien sympathiques.

Mais il se trouvait laid

A cause de son embonpoint

Et de sa carrure

Qui lui donnait une démarche

D’éléphant

Qu’il cachait derrière vêtements

Amples et seyants.

Les femmes

Le trouvaient mignon,

Il avait l’air intelligent,

Derrière son air

Handicapant.

Ainsi ce poète

Chantait les rondeurs

De ces demoiselles

Qui se font si belles,

Pas ces ficelles,

Mais celles

Qui avaient quelques kilos

De trop.

Ce n’est pas l’apparence

Qui dicte la chance,

Alors aimez-vous,

La personnalité est un tout.

 

 

C’EST UN FAMEUX TROIS-MATS...

Certains de ces voiliers

Ont traversé le siècle

Et nous en avons hérité.

Bateaux de course,

Navire-école,

Aujourd’hui ils retrouvent

Une certaine jeunesse.

Héros de la résistance

Permettant de fuir

La France occupée

Ou simples sardiniers,

Maintenant ils sont cajolés

Pour le plaisir partagé

Par grands et petits

De naviguer

Toutes voiles dehors

Sur ces survivants,

Mammouths de la mer,

Entretenus à merveille

Par des passionnés

De voiles anciennes.

Voyez ces pur-sang,

Aux si belles carènes,

Ce sont les derniers

Aristocrates des océans,

Comparés à ces cargos

De notre époque contemporaine

Qui n’ont pas d’âme,

Simplement

Un pilote automatique,

C’est plus pratique,

Mais nettement moins fantastique…

 

 

PAPY ECOUTE DU METAL

Papy écoute-t’il

Du metal ?

C’est ce qu’on croirait

En remarquant

Sur son ordinateur

Qu’il va sur Youtube

Voir ce type de musique.

Mais en fait,

Papy écoute du classique,

Si on observe

Sa bibliothèque multimédia.

En fait c’est le fiston

Qui se fait des émotions

Empruntant

Dès qu’il le peut

L’ordinateur

Quand le père,

Fatigué,

Va au lit.

En effet, le fils

Ecoute son hard rock

Sur la connexion internet

Plus rapide

Du père.

A tous les papis

Qui écoutent du metal,

Je dirais ceci :

Partagez

Votre envie

Avec vos enfants

Tant qu’il est

Encore temps.

 

 

LE CASSE

C’est comme si

Il avait fait le casse

Du train de Glasgow.

Un dimanche après-midi,

Il décida de télécharger

Des lignes de comptes

D’une banque Alpha.

Il avait subtilisé

Numériquement

L’argent.

Le lendemain,

Il décida

De brouiller les pistes

Plutôt que de jouer

Le pactole au blackjack.

Il se mit à imprimer

Ses titres de propriétés

Sur l’imprimante

De famille,

Sur l’ordinateur

Du père,

Comme ça

On ne saurait jamais

Qui avait

Fait le crime.

Personne ne le vit faire,

Pas même les personnels

De santé

Qui venaient voir l’aïeul

Pour le soigner.

Il téléchargea

Les titres volés

Sur sa tablette,

Le jour d’après,

Il alla chez lui,

Il acheta de l’encre

Et imprima le reste.

Heureusement il avait encore

Du papier à banque,

La police qui le coursait

Ne saurait jamais

Qui avait fait

Le casse du siècle.

Il vit son docteur,

Lui raconta ce secret,

Ils plaisantèrent,

En se demandant

S’il reviendrait en Ferrari

Ou en fourgonnette.

Il passa à la banque

L’après-midi,

Pour une course banale,

Rien à signaler,

Alors il rentra

Classer

Ses documents,

Le vol fut ainsi

Réussi.

 

 

LA FAILLITE

Ma petite entreprise

Est en faillite,

Elle périclite,

Je perds prise.

L’huissier de justice

Est venu à la maison,

Il a saisi la bâtisse,

Je n’ai plus d’horizon.

Il a tout pris,

L’armoire de grand-mère,

Le beau vase en terre,

Tout ce qu’il y avait dans l’abri,

Même ce que je planquais

Sous la dalle de pierre,

Mon argent,

Hérité de mon père,

Au ciel il doit être révolté

Que je sois ainsi volé.

Maintenant

Je suis en interdit bancaire,

J’ai gardé ma femme,

C’est tout ce qu’il me laisse,

J’irai à la messe

Prier pour garder la flamme,

Cette lueur d’espoir,

Car j’ai tout perdu ce soir.

Je n’ai plus le droit au crédit

Pour rembourser mes dettes,

Finies les emplettes,

Je n’ai plus un radis,

Nous ne mangerons

Que des spaghettis

A toutes saisons.

 

 

TOUT SE PERD

Aujourd’hui,

Tout se perd.

Les imprimantes

Rendent l’âme

Avant l’heure,

Les ordinateurs

Fonctionnent mal,

Les cafetières

Sont mal conçues.

Mais à qui la faute ?

La faible solidité

Des produits importés

Vient de la mauvaise

Conception

Par des ingénieurs

Mal informés

Qui recherchent plutôt

La chasse aux coûts

Que la qualité.

On s’y perd

Dans les nouveaux produits,

Le high-tech,

Comme on dit

Est fait pour une élite.

Nous, on a la nostalgie

de ce qui est solide,

On veut quelque chose

De simple

Et de pratique,

Pas des gadgets

Désuets

A la mort programmée

Ce qui va bien

Nous énerver.

Cela fait marcher

Le commerce,

Mais où va le monde ???

 

 

LE MEUNIER

Maître Dumbert

Dans son moulin

Faisait affaire

Avec le grain.

Il travaillait dur,

Son âme était pure,

Il fabriquait de la bonne farine

Pour éviter la famine.

Mais il se mit à fatiguer,

Il était âgé

Et il était harassé

Par la taille,

La quantité

De travail.

Il vendit donc son affaire

Qui était si prospère

Mais l’acheteur

N’était qu’un commerçant

Ne connaissant

Par le prix du labeur.

Quand la plaisanterie

Eut assez duré

Cet abruti

Fut vite débarqué,

Le meunier

Fut rappelé,

En lui flanquant

Des ouvriers

Pour l’aider,

Par les villageois,

Ces habitants

Qui n’avaient pas le choix

Ils devaient moudre

Leurs grains

En poudre

Pour vivre sereins.

 

 

LA VACHE LAITIERE

Je ne suis pas

Une vache laitière,

Je ne suis pas

Un animal qui ne mange

Que de l’herbe

Pour vous apporter

La richesse.

J’en ai ras-le-bol

De vous fournir en lait.

Certes vous travaillez

Pour ramener ma pitance,

Mais ma sueur est gratuite,

Ce qui ne me convient

Pas du tout,

Surtout

Que vous faites votre beurre

Avec mon lait.

Changez mon étable

En hôtel de luxe,

Arrêtez

De me surexploiter,

J’ai besoin de calme

Et donnez-moi

Des cuillères en argent,

J’aurai le succès

Insolent.

 

 

MERCI POUR LE CHOCOLAT

Je m’attendais

A une montagne

De chocolats

Et je n’ai reçu

Qu’une misérable

Tablette.

Merci,

Je suis déçu

Car j’ai bien travaillé

Pour mériter

L’orgie de carrés.

Ce n’est pas Pâques,

Ce n’est pas Noël,

Il n’y a pas de cadeaux

Tombés du ciel.

Je suis triste

Car vous n’avez pas pensé

A me satisfaire,

A me donner

Ce que j’avais commandé.

Comme un bêta

Je continue de vous servir

Mais si j’arrête, je meurs.

Alors je vais moi-même

M’acheter

Mes barres chocolatées

Sur mes propres deniers,

C'est ma carotte

Pour continuer.

 

 

LIBERTE-EGALITE

Quand cesserez-vous

De me confondre,

De me traiter

A égalité

Avec les minables,

Là où j’ai profité

De ma liberté

Pour me hisser

En haut de la toile.

La valeur, ça s’apprend,

La valeur, ça se paye,

Notre diplôme

Et notre éducation

Ne sont pas faits

Pour les chiens.

Ils nous donnent

Des places différentes

Dans une société

Hiérarchisée.

J’ai prouvé

Que je pouvais

Avoir une bonne place

Dans la pyramide,

Et même s’il y a là

Encore des cons,

C’est mieux qu’en bas.

Vous me maintenez

Par votre volonté personnelle

Avec ce ramassis

Que je n’ai pas envie

De côtoyer.

Je ne suis pas un prince,

Mais je ne suis pas

Un ouvrier non qualifié.

Actez cet état de fait

Pour me proposer

Un emploi

A la hauteur

De mes espérances,

Avec un peu de chance

Et beaucoup de volonté

J’ai été chercher

Ce diplôme

Tant convoité

Pour m’envoler.

J’avais été marqué

Par le mépris

Du salaire minimum universel,

Maintenant

Avec mes études

Où j’ai eu les mêmes chances

Que tout le monde,

Je voudrais m’élever,

Je me suis mis à rêver.

 

 

HELLO MY DARLING

Hello my darling,

Cela fait trente ans

Que nous vivons

A l’unisson.

Si proches

Et à la fois si loins,

Nous avons passé

De si bons moments

Ensemble

Que nous avons oublié

Ce qui nous a séparés,

Ce qui nous a divisés,

Ce qui nous a éloignés.

Tu es toujours la plus belle,

Mais j’en pince pour autre,

Si jeune et si proche de moi,

Qui correspond à ce que j’attends là.

Je te quitte,

Ne m’en veux pas,

Tes rêves pour notre couple

Sont irréalisables,

Nous ne pouvons plus nous évader

Dans un pays étranger

Comme tu l’avais imaginé,

Il faut voir la réalité,

Tu comprends nous avons dépassé

L’âge de l’innocence mon bébé…

Moi je veux simplement

Me marier,

Ce que tu as toujours refusé.

Avec celle qui m’épaulera désormais,

J’aurai l’avenir des petites gens,

C’est ce qui m’attend

Loin de la grandeur

Que tu me promets,

Je cherche simplement l’amour

Si charnel

Que me promet

La nouvelle.

 

 

LE POUVOIR DES PETITS

Je suis un petit,

Certains diront que je ne vaux rien,

Je me place à l’abri

Des océans et des embruns.

J’ai fait peu d’études,

Mais j’ai le certificat élémentaire,

Ça me donne la peau rude

Pour satisfaire mes besoins élémentaires.

Les discours des chefs,

Je proteste contre eux énergiquement,

En effet pour être bref,

Quand ils éructent je suis absent.

Ma mère m’avait dit

De ne jamais mentir,

J’ai grandi dans cet esprit,

Mais comme je voulais obtenir

Le grade supérieur,

J’ai désobéi à maman,

C’est l’origine de mon malheur.

Aujourd’hui je le dis en chantant

Car j’ai quitté la condition ouvrière

Parce que j’en voulais à la terre entière.

Je suis devenu artiste de variétés,

Maintenant c’est mon métier

D’amuser les enfants,

De les égayer un instant

Les menant au firmament.

 

 

S’ARRETER

Quand arrêterons-nous,

Quand cesserons-nous

De courir

Sur cette terre

A l’atmosphère

Irrespirable ?

J’ai l’envie

Improbable

De ne plus jouer

A chaque fois l’avenir,

Je veux parvenir

A l’équilibre,

Celui de la pérennité

Pour l’éternité.

Le monde vibre

Au son de ma guitare,

Débranchez-tout,

Je veux être seul.

Pouvez-vous

Vous débrouiller sans moi?

Ça me met sous pression

D’être au centre des passions,

D’être au centre des tensions.

Ce n’est plus à moi

D’apporter des solutions !!!

Je veux être remplacé

A diriger l’humanité

Je demande à me reposer,

Ce qui est bien mérité.

Vous comprendrez,

C’est usant

Et stressant

De s’engager,

Plein de doutes

Sur des routes

Inconnues,

Vers des destinations

Controversées.

Je veux penser

A moi

Mais vous m’invitez

Dans votre danse.

Quand cela s’arrête-t’il,

Quand peut-on

Etre tranquille,

Estimer

Que c’est gagné ?

 

 

SWEET DARLING

My love,

Sweet tender love,

I have the deep feeling,

For you I would do

Anything.

Your company

Is so delicious,

Do you hide something,

I don't know if it's a dream

Because it looks like

The paradise.

Is it true?

Wake up,

It seems so beautiful,

That I don’t believe it,

But I am ready

To follow you everywhere,

To share your atmosphere.

Darling,

I hope it’s not a lie,

My home is yours,

It’s an opportunity

For us,

To have love,

Sweet tender love.

 

 

LA FAIM

Trop d’enfants

Souffrent de malnutrition

Dans le monde,

Ils ont des maladies,

C’est l’hécatombe,

Et les dirigeants immondes,

Ces corrompus,

Laissent ces gens mourir.

Les populations sont désabusées,

Exploitées.

Des actions de bénévoles,

Ceux qui ne tolèrent pas

La souffrance corporelle,

Ceux qui voient ces esclaves

Malheureux,

Apportent l’eau au puit.

De temps en temps,

Un camion de la Croix Rouge

Amène une cargaison.

C’est fait pour oublier la guerre,

C’est vital mais ça ne suffit pas,

Il en faudrait plus,

Un programme mondial

Pour contrer la faim

Et la mort au tournant.

Entre développement

De l’agriculture locale

Et achat des surplus

Des pays riches,

Le plus dur,

C’est d’amener, de financer

Les vivres.

Mais vous aurez un sourire,

Qui vous aura remercié.

La réforme agricole,

C’est l’urgence

Dans les pays sous-développés,

Même ceux qui commencent

Economiquement à percer.

 

 

VINDICATIVES

Je ne suis pas cher payé

Pour le travail effectué.

Vous, les grands,

M’oublierez-vous

Dans vos promesses politiques

Qui profitent de mon travail ?

Serait-il trop difficile

De me remercier

Après les si grands risques

Que j’ai pris pour vous ?

A découvert,

Sans couverture,

J’ai battu le pavé,

Sans avocats,

Sans gardes du corps,

A la merci des arrogances.

Vous vous êtes habitués

A ma présence,

Maintenant il va falloir payer,

C’est le moment

De soutenir la gagne

En me promettant

Des mille et des cent,

C’est ma situation

Qui intéresse les gens !!!

Promettre et réaliser,

C’est votre rôle non ?

Vous devez détricoter

Cette situation inextricable,

C’est un impératif

Pour l’avenir.

Car je suis puissant,

Vous m’ignorez,

Mais ensemble nous pourrons

Améliorer la situation,

C’est une question de volonté

Pour entrer dans l’histoire.

Je veux ma thune,

Juste salaire des efforts consentis.

Ce soir, je ne suis pas

Un vulgaire ramasseur de patates,

Payez-moi !!!

Ce sera mon droit

Quand j’aurai fini le boulot,

Et c’est pour bientôt.

Je n’oublierai pas

A la victoire

De réclamer mon dû

D’esclave des temps modernes.

Sinon je vous promets le pire

A venir.

 

 

LA SUSTENTATION MAGNETIQUE

Le train

De demain

Sera peut-être

Magnétique,

Faisant disparaître

Rails et traverses.

L’ensemble

Des wagons

Naviguera

Au-dessus

Du béton.

C’est la joie

De la sustentation.

Les guides

Magnétiques

Soulèveront

Les trains,

Les mèneront

A destination.

Cette technologie

Avancée

Est à l’essai,

Reste à prouver

Qu’on peut se déplacer

Sans contacts

De la matière,

En lévitant

Dans l’atmosphère.

 

 

LES POISSONS ROUGES

Le poisson rouge

N’a pas de mémoire,

L’instant d’après

Il ne sait plus

Ce qu’il a mangé avant.

Pourtant,

Le saumon sauvage

Trouve sa route migratoire

Sans jamais se tromper,

Comme si elle était

Mémorisée.

C’est l’inné

Qui le guide,

Il n’y a point

D’apprentissage

Pour la nage,

Ça vient naturellement

En naissant.

L’analyse scientifique

Des poissons

Nous donnera

Bientôt

Des indications

Sur le comportement,

Comment les gestes

Sont acquis,

Ce qu’il reste

Après avoir appris.

 

 

JEUX AMOUREUX

Au jeu de l’amour,

Elle avait eu le bon numéro,

Elle avait tiré le roi de carreau.

Belote et rebelote,

Les prétendants,

Nombreux à ses abords

Etaient systématiquement

Reconduits dehors.

Mais elle était malheureuse,

Car son amour

De toujours

Avait joué la dame de cœur,

Et son valet de pique

Tua son mari.

Le trèfle noir

Devint la couleur

Du deuil,

Elle avait perdu

Tout son pouvoir,

Tomba dans les écueils.

Elle se mit alors à trahir

Celui qu’elle avait toujours chéri,

Le détestant publiquement,

L’aimant tendrement.

A ce jeu, on se pique,

Mais son as engagé,

Ce pilote d’exception,

Ne pouvait pas faire

Marche arrière,

Sinon on l’aurait eu

Par derrière.

Les rois et les reines,

Réunis par le joker,

Décidèrent

D’arrêter la guerre.

Pour cela il fallait occire

De la terre l’erreur,

Celui qui profitait de la situation

Pour mener le monde à l’explosion.

Au grand loto de l’univers,

Les cavaliers du tarot

Avaient tiré le bon numéro.

Ils chassèrent le petit,

Et sans excuse,

Battirent le félon

Dans sa maison.

La belle,

Joueuse

Et rieuse

Profita alors

Du soleil couchant

Pour abattre ses cartes.

Cette partie

Avait été héroïque,

Le sang n’avait pas coulé,

La prise du bout était pratique.

Au loin on entendit un hurlement,

Celui du perdant,

Qui ne pouvait que constater

Que ses ennemis avaient gagné.

Le jeu de l’amour

Etait la guerre des cœurs,

Le rouge et le noir

Etaient des sentiments

Des plus grands.

 

 

LA PASSAGERE DU TEMPS

C’était une femme

Demi-sœur du roi

Qui devait traverser

L’Atlantique,

Pour épouser

Un homme riche

Des colonies.

Plein Ouest,

Vent arrière,

Le voilier voguait

Lorsqu’il fut prit

A partie

Par l’ennemi.

La passagère

Devint prisonnière,

Elle arriva

Au Mexique

Et fut vendue

Sur le marché aux esclaves.

Elle devint servante,

Mais le roi,

Alerté,

Déclencha une guerre

Pour la récupérer.

Ses légions

Firent feu

De tous leurs canons.

Bientôt,

La princesse

Fut libérée.

Les plans

Avaient changé,

La jeune femme

Devait diriger

Cette nouvelle colonie

Que les armées

Avaient conquis.

Elle dirigea le pays

Avec douceur,

Ecoutant les malheurs

De la population,

Atténuant

Le dur labeur

Des travailleurs

Par des considérations

Sociales,

Protectrices,

Novatrices,

Abolissant l’esclavage,

Faisant fuir les sauvages :

Elle n’avait pas oublié

Qu’elle avait été

Prisonnière,

Elle la princesse

Altière.

Elle s’était mariée

Avec son peuple,

Elle n’eut point d’homme

Dans sa vie.

Quelques temps plus tard,

Elle fonda la République,

Présidente élue,

Elle mourut

Quelques temps plus tard,

Vingt et un coups de canons

Furent tirés,

L’émotion

Avait gagné

Le monde entier,

Pour lequel

Elle était la belle

Pour l’éternel.

 

 

LA SYMPHONIE PASTORALE

Dans les Alpes,

Vivait un jeune berger

Qui avait quitté l’école

Pour s’occuper de ses animaux.

C’était l’hiver,

Les brebis

Etaient à l’abri,

Il leurs donnait du foin.

Le printemps arriva,

Les agneaux naquirent,

Ils tétaient goulûment

Pour grossir.

Aux beaux jours,

Le troupeau partit

Vers les hauts alpages,

Le jeune berger l’accompagnait

Avec son chien, Mirage.

C’est alors qu’arriva,

Venue de la ville,

Une jeune étudiante,

Attirée par cette vie,

Certes difficile,

Mais ô combien rassurante.

Il était rustre,

Elle était douce,

Deux mondes se rencontraient.

Elle rompit la coquille

Du jeune garçon,

Le mettant face

A ses émotions.

Il l’embrassa,

Elle l’enlaça,

Ils vécurent des jours

Heureux.

Elle lui fit découvrir

Mozart, les Beatles,

Gide, Hemingway.

Il lui montra

Les plantes, les fleurs

Les animaux sauvages

De ces montagnes.

Ils aimaient tant admirer

Les paysages

Du haut de leur rocher,

Tôt le matin,

Après la traite.

Ils s’amusèrent

Comme des enfants

Ensemble,

Lors de la tonte

Des moutons.

Elle avait pris son cœur,

Si fragile parfois,

Que les adieux

A l’automne

Furent douloureux.

Elle ne revint jamais,

Elle avait peut-être

Epousé un autre homme,

Un avocat, un médecin,

Qui sait ?

Mais lui ne se maria jamais

En souvenir

De la belle pastorale.

 

 

NE POUR LA BATAILLE

C’était un petit garçon

Qui tôt avait écouté

Les sons des récits guerriers.

Il s’intéressait

A tous les amiraux,

A tous les généraux,

Lisant, se passionnant

Sur ses manuels d’écolier

Pour l’histoire mondiale,

Celle de tous ces conflits,

Même les plus sanglants,

Surtout les plus récents.

Car s’il aimait l’art militaire,

C’était un pacifiste

Qui ne comprenait pas

Pourquoi on utilisait des armes

Pour s’entretuer.

Quel gaspillage !!!

Se disait-il avec raison.

Plus tard,

Il pensait être débarrassé

De son service militaire

Quand il fut pris

A partie

Par des ennemis.

Tombé dans un guet-apens,

Il échafauda

Alors sa stratégie,

Se nourrissant de sa culture.

Bientôt il fut victorieux,

Ses soldats dirent alors

Qu’il était né pour se battre,

Qu’il était né pour gagner,

Là où ses prédécesseurs

Avaient échoué.

Le bien venait de triompher

Dans un monde en ruines

Que ses assaillants

Avaient démoli.

Les populations libérées

Chantèrent le valeureux officier

Et se mirent à réparer

Ce qui avait été détruit

Dans le sang,

Ce qu’ils reconstruiraient

Lentement.

Ils firent allégeance

A la démocratie,

Promettant de la servir,

Promettant de ne plus la trahir.

 

 

LA CROISIERE DU VALEUREUX AMIRAL

C’était un navire de guerre,

Le plus grand,

Le plus beau,

Le plus puissant.

Ses canons

Coulaient des milliers

De bateaux,

Alors il fut pris en chasse

Par la Royale,

Qui voulait tuer ce pirate,

Ce corsaire

Des mers.

Sa fine silhouette

Fendait les flots,

Il était si rapide

Qu’il réussit

A prendre fuite.

Mais ô infortune,

Il fut pris

Dans un piège,

Des galions apparemment

Faciles à arraisonner

Qui déguisaient en fait

Des vaisseaux

Lourdement armés.

L’équipage

Lutta comme il pouvait,

Mais dans le soleil couchant,

La frégate sous le feu

Fit naufrage.

La croisière était finie,

Mais la nation applaudit

Le valeureux palmarès

De l’amiral

Qui avait démoli

La moitié de la flotte

Mondiale.

 

 

MON MODELE, MON ART

Tu es mon modèle,

De chair et d’os

Que je tente de reproduire

Sans jamais le réussir,

Grâce à mes pinceaux.

Tu es plus belle

Que ma toile,

Je n’arrive pas à imiter

Tes petits airs

Sur mon papier.

Mais je veux innover,

Trouver un nouvel angle,

Celui qu’aucun

N’avait vu auparavant.

Alors j’entrechoque

Les couleurs,

Puis elles se calment

Quand tombe le vent.

La voie que j’ouvre

Sera une brèche

Dans laquelle

Tout le monde s’engouffrera.

Mais je m’en fiche,

Car je serai le premier,

L’histoire ne retiendra que moi,

Même si je suis inconnu,

Pauvre et esseulé.

C’est si facile

De copier

Quand on n’est

Qu’un collaborateur zélé.

Puis je m’appliquerai

A autre chose,

Il y aura toujours

Un centre d’intérêts

Pour me captiver.

Je recherche

Le beau et l’inédit,

La matière et le temps,

Le sensuel et l’argent,

Ce qui n’a jamais été peint

Par l’envie.

 

 

DELICES INTERDITS

Nous nous sommes

Vus, croisés,

Aperçus, touchés,

Puis nous nous sommes

Eloignés.

Te reverrai-je

Dans ton manteau

Beige,

Aussitôt,

Je consulte l’annuaire,

Les astres,

Tes chaussons de vair

Mais c’est un désastre.

Le prince charmant

A perdu sa belle

Mais voici qu’au tournant,

Derrière ce mur,

Tu deviens réelle,

Tu parais si pure.

Mais tu es une image

Qu’on ne peut attirer,

Ce sont les dieux

Qui t’ont envoyée,

Celui qui se perd

Dans tes yeux

Prend l’air

D’un malheureux :

Tu es la dernière

Egérie,

Tu es fière,

Tu as gagné ce prix.

 

 

LA SAINT-VALENTIN

J’achète des fleurs

Pour ma belle

Et un cadeau

Qui coûte cher,

Une bague en or

Pour montrer

Que je tiens à elle.

Mais l’argent

Ne serait rien

Sans mes sentiments,

Je lui écrits

tendrement

Des petits mots doux

Où je lui signifie

Qu’elle a percé

Mon petit cœur tout mou.

Avec toutes ces attentions,

Elle devrait être

Pleine d’émotions.

Elle m’accueille

Dans son intimité,

Susurre à mon oreille

Que pour elle

L’amour est pareil.

Cupidon a gagné,

Un homme et une femme

Se sont trouvés,

Ils s’assemblent,

Ils vont passer leurs vies

Ensemble.

Rien ne ravie

Leur bonheur,

Pour eux c’est l’heure

De la joie intérieure.

 

 

LE CAVALIER

Voyez-vous

Cette belle,

Elle est telle

Une jument

Sauvage

Que je dois

Apprivoiser

Pour la monter.

Ce cheval

M’emmène

A la bataille,

Armes à la main,

Je combats,

Mon fidèle destrier

Me menant

Au pied levé.

Nous avons gagné,

Sur le tard,

Ce soir,

Nous rentrons

Avec la victoire.

Nous sommes entrés

Dans l’histoire

Comme étant ceux

Qui ont bouté

L’ennemi au loin,

Nous sommes heureux

Comme des gamins.

 

 

LE SAINT

Le saint

N’est pas un ange,

Il a les défauts

De ces dieux romains

Qui avaient

Le vice entre leurs mains.

Mais le saint

A œuvré

Pour le bien,

Il s’est racheté

En faisant des miracles,

Devenant un patron

Sur son réceptacle.

Choisi par Dieu,

Il est sa main

Pour répandre

La bonne parole,

Un air

exemplaire,

Sur des ouailles

Que la pagaille

A mené nulle part.

Bientôt son message

Sera répété,

Après sa mort,

Il sera sanctifié

Par l’église

Qui veut rappeler

Qu’un homme, une femme,

Un jour

A sauvé des vies,

Pour que l’humanité

Puisse perdurer.

 

 

LIBERATEURS…

Faut-il tuer

La Jeanne d’Arc

Contemporaine,

Celle qui finit

Un conflit

Au son

Du canon

Pour éviter

Qu’il ne se généralise

A l’infini,

Serpent immonde,

Qui menace le monde ?

Laissez-faire

Cette guerrière,

Ne la mettez pas

Au bûcher,

Cela brûlerait

Vos doigts

Ensanglantés !!!

Terminer

Un conflit

Est si difficile,

Personne ne voulant

Perdre la partie.

Les armes parlent

Et quand elles ont fini

De tonner,

Les politiques

Peuvent s’engager

Pour proposer

La paix des braves,

Après ces heures

Si graves

Que l’histoire

Retiendra.

Dans les régions sinistrées

Il faudra reconstruire

Et amener

La stabilité

Pour ne pas y revenir.

Voyez ces populations

Autrefois asservies,

Elles sont heureuses,

Elles acclament leurs libérateurs,

Ces héros

De l’inconnu

Qu’on a voulu

Bâillonner.

Ils ont gagné

Et l’humanité avec

Soyez rassurés.

 

 

ATTENTION DANGERS

L’homme

Est comme un poisson rouge,

Il oublie son histoire,

Il oublie ce qui est arrivé

Par le passé.

Il y a eu tant de guerres,

Tant de crimes,

Inscrits dans les gènes

De la société.

Aujourd’hui,

On est en paix,

Mais elle est bien fragile

Et les nuages sombres

Pourraient ressurgir

Tant les politiques

Qui se sont succédées

Ont ulcéré

Les citoyens.

Ce n’est pas une raison

Pour voter la guerre,

Elle serait terrible,

Le feu nucléaire

Signant l’inadmissible

Fin de l’humanité.

Réagissez !!!

Il est encore temps

De travailler

Au respect

Des droits de l’homme.

Nous n’avons pas le droit

De tuer

Le si bel avenir

De nos enfants,

Voyez comment

Les conflits

Traumatisent

Les sinistrés,

Il ne faut pas les généraliser

A une terre

Déjà bien malade :

Inutile

D’en rajouter,

Vous serviriez

Cette volonté

Des extrémismes

De tout casser

Une fois arrivés

Aux responsabilités.

La poudrière

S’enflammerait

Et l’humanité

Exploserait.

Attention danger!!!

Révoltez-vous calmement

Cela suffit,

Maintenant !!!

 

 

LE BAZAR !!!

C’est le bazar

Dans cet Etat,

La masse

A voté

Populisme,

Ça passe

Pour les extrémistes.

Après les élites,

Le peuple pousse

Vers des lendemains

Peu agréables :

Ça vient

De nulle part.

L’être

N’est pas serein,

Le paraître

Est incertain

Pour les opposants

Au régime.

Pour les récalcitrants

C’est l’abîme.

Voyez ces sombres nuages,

C’est la base

Qui les souffle

Vers l’ennemi,

Celui qui n’a pas

Pour la nation

Le même horizon.

Alors s’enclenchent

Automatiquement

Les mécanismes

Des obscurantismes,

Le repli

Puis la guerre

Au-delà des mers.

On entend le son

Du clairon,

Puis celui du canon,

Messieurs,

Préparez-vous

Pour la bagarre

Ici c’est le bazar !!!

 

 

LE VOYAGE SPATIAL

Le capitaine

A fait mauvaise fortune,

Son vaisseau

A heurté la lune.

Obligé

De débarquer,

Il a colonisé

Ce morceau de l’espace

Où rien ne se passe.

Puis après avoir réparé

Son navire endommagé,

Il a continué

Sa route dans l’univers,

Les étoiles comme par magie

Le guidant vers l’infini

Dans la galaxie.

Il contourna Jupiter

Et passa son chemin,

Affirmant aux habitants

Qu’il venait de la terre :

Ils le libérèrent.

Il dépassa Pluton,

Pénétra dans une nouvelle constellation,

Et entra ainsi dans l’histoire

Quand il atteignit

La Super Nova.

Mais le danger

Etait proche,

Le Trou Noir

Avalait

Tout ce qui brillait.

L’ingénieur mit au point

Le système Certain,

Qui empêcha le vaisseau

D’être attiré

Comme la lumière

D’un réverbère.

La mission

Etait accomplie,

Le valeureux amiral

S’endormit.

 

 

LE MYTHE DE LA CAVERNE

C’est une grotte

Où par l’ouverture

On voit l’ombre

De personnes

Auprès du feu.

Nos sens

Sont ainsi brouillés,

On ne voit pas

La représentation

Exacte du sujet,

Mais des images

Plus ou moins altérées.

On ne voit

Que ce que nos sens

Laissent apercevoir,

Manipulés par l’extérieur,

Télévision, radio, presse.

Les médias

Sélectionnent l’information,

Ne nous laissant que leur avis

Et non la vérité,

De laquelle nous sommes

Isolés,

Car notre cerveau limité

ne peut traiter

une telle quantité d'informations.

C’est aussi vrai

Dans la vie de tous les jours

Où nous apercevons

Que ce que nous voyons,

Entendons, goûtons,

Sentons, touchons.

C’est ce qui oriente

Totalement

Nos souffrances et nos joies,

Nos malheurs et bonheurs,

Ces sensations

Physiques ou psychiques.

Cela influence

Nos faits et gestes

Où la science

Que nous avons découverte

N’est alors

Que la mise en théorie

Du monde qui nous entoure.

Plus l’humanité avance

Et plus elle s’approche

De la réalité.

 

 

LE REVE AMERICAIN

Le rêve américain

Est devenu réalité

Pour de nombreux

Immigrés. 

Pays des libertés,

Celles de vivre,

De créer,

D’entreprendre,

Cette terre d’accueil

A vu naître

Des empires,

A combattu

Le pire.

Les lois

De la République

Font taire

Les plus critiques

Grâce au droit.

L’art de vivre,

Ce mélange

De réussite

Et d’orgueil

Clinquant

Se retrouve

Dans tous les couches

D’une Amérique

Cosmopolite

Aux origines

Variées.

Le nouvel arrivant

Avec sa green card,

Ce césame,

Parade,

Il atteindra

Si Dieu le veut

Des sommets,

Pour peu qu’il travaille

Vite et bien.

En effet

La société

Est intraitable

Avec les nuls,

Soutient la richesse

Comme ivresse

Des lendemains

Qui chantent,

Oubliant

La détresse

Des pauvres

Qui ne voient

Que la lumière

Des hautes sphères.

L’atmosphère

Est celle

D’un pays jeune,

Qui dirige

Le monde,

Donne le la

Et fait la ronde.

 

 

ALIA, LA PRISONNIERE DU DESERT

Alia était née à Alep

Et étudiait la médecine

Lorsque la guerre arriva.

Au début,

Elle était contre le gouvernement,

Ulcérée par les actes de torture

Du régime.

Chaque jour,

Des bombardements la cernaient,

Sans jamais l’atteindre.

Mais vue sa beauté,

Un jour elle fut mariée

De force à un djihadiste.

Elle n’avait pas le choix,

Elle si libre

Dut porter le voile.

Son mari lui fit un enfant

Qui était malgré l’origine

De son père

Sa perle.

Les chars avançaient,

L’aviation russe bombardait,

Les rebelles ripostaient.

Son mari alla

Quelques temps plus tard

Se faire exploser

Sur un marché.

Veuve, elle n’était pour autant

Pas libérée.

Marquée par le sceaux de l’infamie,

Elle craignait les représailles

Du régime.

Un jour,

Elle alla

A l’hôpital

Et fut blessée

En direct

Par une attaque

D’avions bombardiers.

Quelques temps plus tard,

La ville fut libérée,

Alia craignait pour sa vie,

Alors elle projeta

Avec son enfant

De fuir vers l’Occident.

Avec sa fille,

Elle marcha longtemps,

Paya un passeur,

Le canot pour traverser

La Méditerranée

Faillit couler,

Ils furent récupérés

Par les gardes côtes grecs.

Elle passa alors les frontières,

Malgré les difficultés,

Les barrières

Posées par les pays

Traversés.

Elle rejoignit la France,

Là elle trouva enfin

De l’humanité.

Elle fut prise en charge

Par une association

Qui écouta son histoire

Et qui trouva pour elle et sa fille

Un logement.

Elle allait se reconstruire,

Lentement,

Oublier les dégâts de la guerre

Oublier le bruit strident

Des bombes

Qui tombent

Sur le Moyen-Orient.

 

 

LA BASE SECRETE

C’est une base secrète,

Située au pôle Nord,

On y teste

Les dernières saloperies,

Les dernières technologies

Sur des cobayes,

Prisonniers

Poussés à l’extrême.

Pour eux la survie est la même

Que dans l’espace,

Car le but,

C’est d’aller sur Mars :

C’est une opération

Commanditée par la NASA.

Un enfant y naît,

Ce fils de la chimie

Doit rester cacher.

On voudrait exploiter

Sa jeunesse,

Les savants

Dans leur ivresse

Lui font avaler

Des comprimés

Innovants.

Mais on n’a pas le droit

De toucher à ce gamin,

Même pour l’exploit

De l’infini,

Ce difficile chemin.

Alors l’agent Gamma

Tire le bambin

De ce mauvais pas,

Il l’emmène

Et le cache

A Paris.

Mais il est atteint

Par une mauvaise maladie,

Qu’on lui a inoculée

Tout petit

Pour faire évoluer

L’humanité.

La CIA

Veut tuer l’enfant,

Ce danger,

Pour ne pas éveiller

L’opinion

Sur les dangers

De ces missions.

Après une course poursuite,

La presse révèle la suite,

Créé le scandale,

Désormais

On ne fera plus de monstres

Même dans la course

Contre la montre,

L’Espace ne vaut pas

Le sacrifice

D’hommes et de femmes,

Il y a des lois,

Il faut respecter ce droit.

 

 

LA GRAVITE OPERATIONNELLE

Tu m’attires,

Telle une planète

Au sol aride

Sans atmosphère.

La gravité

Me retient

Sur la terre,

Pendant que tu t’envoles

Vers les hautes sphères.

Je fais décoller

Ma fusée

Pour te rejoindre,

Pour t’approcher.

Nous ferons l’amour

Dans l’univers,

Il en naîtra

Une petite Vénus,

Fille des nébuleuses,

Reine de la galaxie

Qui scintillera

Telle une étoile

Dans la nuit.

Notre famille

Avec notre fille

Sera le soleil

De l’espace

La source

De la vie.

Quelle merveille

De voler.

Attention au trou noir,

Qui peut nous avaler.

Notre avenir,

C’est l’infini,

Notre vaisseau spatial

Est notre petit nid

Notre cocon

Notre merveilleuse

Maison.

Que tu parais radieuse,

Ma jolie,

Quand je t’offre la rose

Des contrées

Mystérieuses.

 

 

PAPILLON DE NUIT

Nœud papillon,

Papillon de nuit,

Nuit claire,

Clair de lune

Sur la terre.

Terre à terre,

Je respire

L’atmosphère,

Je sens

Les parfums

Des fleurs

Que butinent

Les abeilles.

Jour et nuit

La planète vit,

Les hommes s’affairent

Tels des fourmis.

Animaux en sursis

Vous êtes menacés

Par la modernité,

Envahis

Jusque dans vos nids.

Le rossignol

Dessiné

Sur le bol

De mon petit déjeuner

Chante la fraicheur,

Je n’ai plus la peur

Qui me hante

Du loup.

Aujourd’hui

Je veux surtout

Cueillir le gui,

Pour faire fuir

Le pire

Et accueillir

Le papillon de nuit

Dans ma main,

La fin

De son vol

Sur mon col,

Serré par le nœud papillon.

J’élargie mon horizon,

Je vais sur la lune

Chercher fortune.

 

 

TRACKBALL

C’est une petite boule

De flipper,

Charriée par les océans,

Polie par les vents.

Elle roule

Sur le chemin

Du succès,

Ne perds pas la boule,

Tu es une star,

Le public

Sans retard

T’a adoptée.

Tu vois,

Tu as une famille

De formes variées,

Un carré,

Un triangle,

Un rectangle.

Mais notre sujet

C’est le rond,

C’est ce qu’on avait dit,

Alors pas de menteurs.

Le roulement à billes,

Est fixé sur la roue,

Comme quoi le monde

Est envahi de sphères.

La voiture

Aux phares arrondis

Nous emmène bien loin.

Le moteur va et vient,

Bercé

Par le mouvement circulaire

Des axes

Bien huilés,

Entraînés

Par les bielles.

La rondeur

Est belle,

Elle brille,

Elle scintille

A la lumière du jour.

Le cercle,

Cette forme élémentaire,

Si parfaite

Est une donnée mathématique,

Si magique

Qu’il n’y a aucune critique :

Elle est si pratique,

Pour l’ingénieur,

Quel bonheur !!!

 

 

KEN ET BARBIE

C’est l’histoire

De Ken et Barbie,

Deux poupées

Qui habitent

Dans le monde enchanté

Des enfants gâtés.

Petits bouts de plastique,

Ils ne sont rien,

Mais offerts en cadeau,

Dans leur maison merveilleuse,

Ils deviennent pour un temps

Le centre des attentions

Des bambins.

Ces petits diables

Les cajolent

Ou les torturent,

Avec leurs doigts

Plein de confiture,

Après le goûter.

Les poupées

Ont cent vies,

Plusieurs tenues.

Elles sont sources d’histoires

De princes et princesses,

De gangsters,

De cowboys.

Petits objets inanimés,

Personne ne les envie,

Mais tout le monde

Voudrait avoir

Leurs attributs

Exceptionnels

Dans la vraie vie.

Ce serait tellement simple

Et gratuit

De revêtir

L’habit

Du roi,

Encore faut-il

L’être réellement,

La chose peut le devenir,

Pas l’être.

 

 

 

 

FERMEZ LE GALLIA

Le Gallia

Est-ce bar-tabac

Qui n’est pas sympa,

Je ne suis pas le seul qui le dit,

Rolland aussi.

Les tenanciers

Sont si froids

Et si lents

Qu’ils gèlent le consommateur.

Nous pauvres gens,

Nous sommes différents,

Nous avons droit

Au même traitement.

J’ai été pris pour un chien,

L’air de rien, 

Il y a de l’abus,

N’allez plus à ce PMU,

J’en fais une affaire d’Etat 

De fermer cette entreprise-là

Peu de clients

Pour des patrons non avenants,

Il y a un problème,

Il y en a même

Qui vont m’aider

A me venger,

N’y allez plus consommer,

Ils sont affligeants.

 

 

ZONARDS

Dans mon quartier,

Traînent les zonards,

Je peux sortir

Tard le soir,

Car j’ai fait la paix,

Car je n’ai pas d’histoires

Avec eux.

Ensemble nous allons

A la mangeoire,

Chanter l’héroïne

De nos drogues injectées.

C’est un simple médicament,

Un psychotrope,

Qui nous permet

De mieux aller.

Médecin, bonjour,

Que tal, buenos dias,

Lui : c’est plutôt à moi

De vous le demander,

Comment ça va

Moi : je vais bien

Mais je vous demande

De vous occuper

De mon cas,

De m’évacuer

Des pauvres types,

Pourris par le shit.

Ce n’est pas facile

Et c’est ma force

Qui me sortira

Loin de la rue,

Où vit la population

Déracinée de la vie,

Qui n’a plus d’envie

Et qui survit

A ses malheurs

Grâce à la peur

Inspirée par les chiens

De ces vauriens.

La mafia n’est pas loin,

Méfiez-vous en bien…

 

 

LE GRAND LOTO

Au grand loto

De l’univers,

J’ai tiré le bon numéro

Et j’en suis fier.

Dans mon coin de paradis,

J’écris,

Je ne suis pas riche,

Mais j’ai réussi,

J’ai trouvé ma niche,

Je raconte des historiettes

Pour les biches

Et les bichettes.

Bientôt je réussirai,

Je vous le promets,

Je toucherai le pactole,

Celui de la loterie nationale,

Et si personne ne me vole,

Je serai sur un piédestal.

Il est toujours permis de rêver,

Car mon quotidien

C’est la pauvreté,

Mais à la tâche j’ai bon cœur

Pour provoquer le bonheur

Et quand je vais travailler,

Je penserai que demain

Sera mieux qu’avant,

Je songerai au grand prix d’Amérique,

Un jour j’aurai ma crique

Protégée des vents hurlants,

J’aurai un tas d’or,

Par ma littérature, mon trésor.

 

 

L’EAU SACREE

Ce héros

A peut-être abusé

Sur l’eau de Lourdes.

Il a bu

Toute la bouteille

De ce liquide sacré,

Et depuis vous comprenez,

Ça va tellement bien pour lui

Qu’on se demande

Quand il va s’arrêter.

Il a le feu

De Dieu

Et arrange

Les affaires du monde

Bien au-delà des espérances.

Il a répandu

La semence

De la bonté,

A battu

Les moulins

De Casamance.

C’est la réussite

Après des années de doute

Il a vaincu l’ennemi

Jusqu’à la dernière goutte

De sang.

Aujourd’hui il est puissant,

Mais reste humble

Devant le firmament,

Comme les chevaliers

Des temps passés,

Avec Dieu

Qu’il a imploré

Il s’est occupé

Des malheureux.

 

 

L’ORDINATEUR

Dieu nous a mis

Dans son grand ordinateur,

Il a choisi ses élus,

Chargés de réparer

Les malheurs

D’un monde endeuillé.

Il fait feu

Pour combattre

Les crimes contre l’humanité.

Mais l’homme

Est toujours maître

De sa destinée,

Il y en a toujours un

Pour tous les sauver.

Les grands sont au chevet

De ce libérateur,

Lui en tant que sujet

Va évacuer les peurs,

On est rassurés

Quand on voit ce chevalier

Prendre part à la guerre.

Alors il va griffonner,

Avec son crayon et son papier,

Ensemble nous combattons,

Il est notre inspiration

Contre les ennemis de la nation,

Nous sommes ses bataillons.

 

 

BESOIN DE PERSONNE

Je n’ai besoin de personne,

La première venue

Me mettrait à nu.

Je croirais que c’est la bonne,

En fait ce serait la voleuse,

Sous ses airs de pieuse,

Elle partirait avec mes sous,