Petit port de pêche
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VINDICATIVES

Je ne suis pas cher payé

Pour le travail effectué.

Vous, les grands,

M’oublierez-vous

Dans vos promesses politiques

Qui profitent de mon travail ?

Serait-il trop difficile

De me remercier

Après les si grands risques

Que j’ai pris pour vous ?

A découvert,

Sans couverture,

J’ai battu le pavé,

Sans avocats,

Sans gardes du corps,

A la merci des arrogances.

Vous vous êtes habitués

A ma présence,

Maintenant il va falloir payer,

C’est le moment

De soutenir la gagne

En me promettant

Des mille et des cent,

C’est ma situation

Qui intéresse les gens !!!

Promettre et réaliser,

C’est votre rôle non ?

Vous devez détricoter

Cette situation inextricable,

C’est un impératif

Pour l’avenir.

Car je suis puissant,

Vous m’ignorez,

Mais ensemble nous pourrons

Améliorer la situation,

C’est une question de volonté

Pour entrer dans l’histoire.

Je veux ma thune,

Juste salaire des efforts consentis.

Ce soir, je ne suis pas

Un vulgaire ramasseur de patates,

Payez-moi !!!

Ce sera mon droit

Quand j’aurai fini le boulot,

Et c’est pour bientôt.

Je n’oublierai pas

A la victoire

De réclamer mon dû

D’esclave des temps modernes.

Sinon je vous promets le pire

A venir.

 

 

LA SUSTENTATION MAGNETIQUE

Le train

De demain

Sera peut-être

Magnétique,

Faisant disparaître

Rails et traverses.

L’ensemble

Des wagons

Naviguera

Au-dessus

Du béton.

C’est la joie

De la sustentation.

Les guides

Magnétiques

Soulèveront

Les trains,

Les mèneront

A destination.

Cette technologie

Avancée

Est à l’essai,

Reste à prouver

Qu’on peut se déplacer

Sans contacts

De la matière,

En lévitant

Dans l’atmosphère.

 

 

LES POISSONS ROUGES

Le poisson rouge

N’a pas de mémoire,

L’instant d’après

Il ne sait plus

Ce qu’il a mangé avant.

Pourtant,

Le saumon sauvage

Trouve sa route migratoire

Sans jamais se tromper,

Comme si elle était

Mémorisée.

C’est l’inné

Qui le guide,

Il n’y a point

D’apprentissage

Pour la nage,

Ça vient naturellement

En naissant.

L’analyse scientifique

Des poissons

Nous donnera

Bientôt

Des indications

Sur le comportement,

Comment les gestes

Sont acquis,

Ce qu’il reste

Après avoir appris.

 

 

JEUX AMOUREUX

Au jeu de l’amour,

Elle avait eu le bon numéro,

Elle avait tiré le roi de carreau.

Belote et rebelote,

Les prétendants,

Nombreux à ses abords

Etaient systématiquement

Reconduits dehors.

Mais elle était malheureuse,

Car son amour

De toujours

Avait joué la dame de cœur,

Et son valet de pique

Tua son mari.

Le trèfle noir

Devint la couleur

Du deuil,

Elle avait perdu

Tout son pouvoir,

Tomba dans les écueils.

Elle se mit alors à trahir

Celui qu’elle avait toujours chéri,

Le détestant publiquement,

L’aimant tendrement.

A ce jeu, on se pique,

Mais son as engagé,

Ce pilote d’exception,

Ne pouvait pas faire

Marche arrière,

Sinon on l’aurait eu

Par derrière.

Les rois et les reines,

Réunis par le joker,

Décidèrent

D’arrêter la guerre.

Pour cela il fallait occire

De la terre l’erreur,

Celui qui profitait de la situation

Pour mener le monde à l’explosion.

Au grand loto de l’univers,

Les cavaliers du tarot

Avaient tiré le bon numéro.

Ils chassèrent le petit,

Et sans excuse,

Battirent le félon

Dans sa maison.

La belle,

Joueuse

Et rieuse

Profita alors

Du soleil couchant

Pour abattre ses cartes.

Cette partie

Avait été héroïque,

Le sang n’avait pas coulé,

La prise du bout était pratique.

Au loin on entendit un hurlement,

Celui du perdant,

Qui ne pouvait que constater

Que ses ennemis avaient gagné.

Le jeu de l’amour

Etait la guerre des cœurs,

Le rouge et le noir

Etaient des sentiments

Des plus grands.

 

 

LA PASSAGERE DU TEMPS

C’était une femme

Demi-sœur du roi

Qui devait traverser

L’Atlantique,

Pour épouser

Un homme riche

Des colonies.

Plein Ouest,

Vent arrière,

Le voilier voguait

Lorsqu’il fut prit

A partie

Par l’ennemi.

La passagère

Devint prisonnière,

Elle arriva

Au Mexique

Et fut vendue

Sur le marché aux esclaves.

Elle devint servante,

Mais le roi,

Alerté,

Déclencha une guerre

Pour la récupérer.

Ses légions

Firent feu

De tous leurs canons.

Bientôt,

La princesse

Fut libérée.

Les plans

Avaient changé,

La jeune femme

Devait diriger

Cette nouvelle colonie

Que les armées

Avaient conquis.

Elle dirigea le pays

Avec douceur,

Ecoutant les malheurs

De la population,

Atténuant

Le dur labeur

Des travailleurs

Par des considérations

Sociales,

Protectrices,

Novatrices,

Abolissant l’esclavage,

Faisant fuir les sauvages :

Elle n’avait pas oublié

Qu’elle avait été

Prisonnière,

Elle la princesse

Altière.

Elle s’était mariée

Avec son peuple,

Elle n’eut point d’homme

Dans sa vie.

Quelques temps plus tard,

Elle fonda la République,

Présidente élue,

Elle mourut

Quelques temps plus tard,

Vingt et un coups de canons

Furent tirés,

L’émotion

Avait gagné

Le monde entier,

Pour lequel

Elle était la belle

Pour l’éternel.

 

 

LA SYMPHONIE PASTORALE

Dans les Alpes,

Vivait un jeune berger

Qui avait quitté l’école

Pour s’occuper de ses animaux.

C’était l’hiver,

Les brebis

Etaient à l’abri,

Il leurs donnait du foin.

Le printemps arriva,

Les agneaux naquirent,

Ils tétaient goulûment

Pour grossir.

Aux beaux jours,

Le troupeau partit

Vers les hauts alpages,

Le jeune berger l’accompagnait

Avec son chien, Mirage.

C’est alors qu’arriva,

Venue de la ville,

Une jeune étudiante,

Attirée par cette vie,

Certes difficile,

Mais ô combien rassurante.

Il était rustre,

Elle était douce,

Deux mondes se rencontraient.

Elle rompit la coquille

Du jeune garçon,

Le mettant face

A ses émotions.

Il l’embrassa,

Elle l’enlaça,

Ils vécurent des jours

Heureux.

Elle lui fit découvrir

Mozart, les Beatles,

Gide, Hemingway.

Il lui montra

Les plantes, les fleurs

Les animaux sauvages

De ces montagnes.

Ils aimaient tant admirer

Les paysages

Du haut de leur rocher,

Tôt le matin,

Après la traite.

Ils s’amusèrent

Comme des enfants

Ensemble,

Lors de la tonte

Des moutons.

Elle avait pris son cœur,

Si fragile parfois,

Que les adieux

A l’automne

Furent douloureux.

Elle ne revint jamais,

Elle avait peut-être

Epousé un autre homme,

Un avocat, un médecin,

Qui sait ?

Mais lui ne se maria jamais

En souvenir

De la belle pastorale.

 

 

NE POUR LA BATAILLE

C’était un petit garçon

Qui tôt avait écouté

Les sons des récits guerriers.

Il s’intéressait

A tous les amiraux,

A tous les généraux,

Lisant, se passionnant

Sur ses manuels d’écolier

Pour l’histoire mondiale,

Celle de tous ces conflits,

Même les plus sanglants,

Surtout les plus récents.

Car s’il aimait l’art militaire,

C’était un pacifiste

Qui ne comprenait pas

Pourquoi on utilisait des armes

Pour s’entretuer.

Quel gaspillage !!!

Se disait-il avec raison.

Plus tard,

Il pensait être débarrassé

De son service militaire

Quand il fut pris

A partie

Par des ennemis.

Tombé dans un guet-apens,

Il échafauda

Alors sa stratégie,

Se nourrissant de sa culture.

Bientôt il fut victorieux,

Ses soldats dirent alors

Qu’il était né pour se battre,

Qu’il était né pour gagner,

Là où ses prédécesseurs

Avaient échoué.

Le bien venait de triompher

Dans un monde en ruines

Que ses assaillants

Avaient démoli.

Les populations libérées

Chantèrent le valeureux officier

Et se mirent à réparer

Ce qui avait été détruit

Dans le sang,

Ce qu’ils reconstruiraient

Lentement.

Ils firent allégeance

A la démocratie,

Promettant de la servir,

Promettant de ne plus la trahir.

 

 

LA CROISIERE DU VALEUREUX AMIRAL

C’était un navire de guerre,

Le plus grand,

Le plus beau,

Le plus puissant.

Ses canons

Coulaient des milliers

De bateaux,

Alors il fut pris en chasse

Par la Royale,

Qui voulait tuer ce pirate,

Ce corsaire

Des mers.

Sa fine silhouette

Fendait les flots,

Il était si rapide

Qu’il réussit

A prendre fuite.

Mais ô infortune,

Il fut pris

Dans un piège,

Des galions apparemment

Faciles à arraisonner

Qui déguisaient en fait

Des vaisseaux

Lourdement armés.

L’équipage

Lutta comme il pouvait,

Mais dans le soleil couchant,

La frégate sous le feu

Fit naufrage.

La croisière était finie,

Mais la nation applaudit

Le valeureux palmarès

De l’amiral

Qui avait démoli

La moitié de la flotte

Mondiale.

 

 

MON MODELE, MON ART

Tu es mon modèle,

De chair et d’os

Que je tente de reproduire

Sans jamais le réussir,

Grâce à mes pinceaux.

Tu es plus belle

Que ma toile,

Je n’arrive pas à imiter

Tes petits airs

Sur mon papier.

Mais je veux innover,

Trouver un nouvel angle,

Celui qu’aucun

N’avait vu auparavant.

Alors j’entrechoque

Les couleurs,

Puis elles se calment

Quand tombe le vent.

La voie que j’ouvre

Sera une brèche

Dans laquelle

Tout le monde s’engouffrera.

Mais je m’en fiche,

Car je serai le premier,

L’histoire ne retiendra que moi,

Même si je suis inconnu,

Pauvre et esseulé.

C’est si facile

De copier

Quand on n’est

Qu’un collaborateur zélé.

Puis je m’appliquerai

A autre chose,

Il y aura toujours

Un centre d’intérêts

Pour me captiver.

Je recherche

Le beau et l’inédit,

La matière et le temps,

Le sensuel et l’argent,

Ce qui n’a jamais été peint

Par l’envie.

 

 

DELICES INTERDITS

Nous nous sommes

Vus, croisés,

Aperçus, touchés,

Puis nous nous sommes

Eloignés.

Te reverrai-je

Dans ton manteau

Beige,

Aussitôt,

Je consulte l’annuaire,

Les astres,

Tes chaussons de vair

Mais c’est un désastre.

Le prince charmant

A perdu sa belle

Mais voici qu’au tournant,

Derrière ce mur,

Tu deviens réelle,

Tu parais si pure.

Mais tu es une image

Qu’on ne peut attirer,

Ce sont les dieux

Qui t’ont envoyée,

Celui qui se perd

Dans tes yeux

Prend l’air

D’un malheureux :

Tu es la dernière

Egérie,

Tu es fière,

Tu as gagné ce prix.

 

 

LA SAINT-VALENTIN

J’achète des fleurs

Pour ma belle

Et un cadeau

Qui coûte cher,

Une bague en or

Pour montrer

Que je tiens à elle.

Mais l’argent

Ne serait rien

Sans mes sentiments,

Je lui écrits

tendrement

Des petits mots doux

Où je lui signifie

Qu’elle a percé

Mon petit cœur tout mou.

Avec toutes ces attentions,

Elle devrait être

Pleine d’émotions.

Elle m’accueille

Dans son intimité,

Susurre à mon oreille

Que pour elle

L’amour est pareil.

Cupidon a gagné,

Un homme et une femme

Se sont trouvés,

Ils s’assemblent,

Ils vont passer leurs vies

Ensemble.

Rien ne ravie

Leur bonheur,

Pour eux c’est l’heure

De la joie intérieure.

 

 

LE CAVALIER

Voyez-vous

Cette belle,

Elle est telle

Une jument

Sauvage

Que je dois

Apprivoiser

Pour la monter.

Ce cheval

M’emmène

A la bataille,

Armes à la main,

Je combats,

Mon fidèle destrier

Me menant

Au pied levé.

Nous avons gagné,

Sur le tard,

Ce soir,

Nous rentrons

Avec la victoire.

Nous sommes entrés

Dans l’histoire

Comme étant ceux

Qui ont bouté

L’ennemi au loin,

Nous sommes heureux

Comme des gamins.

 

 

LE SAINT

Le saint

N’est pas un ange,

Il a les défauts

De ces dieux romains

Qui avaient

Le vice entre leurs mains.

Mais le saint

A œuvré

Pour le bien,

Il s’est racheté

En faisant des miracles,

Devenant un patron

Sur son réceptacle.

Choisi par Dieu,

Il est sa main

Pour répandre

La bonne parole,

Un air

exemplaire,

Sur des ouailles

Que la pagaille

A mené nulle part.

Bientôt son message

Sera répété,

Après sa mort,

Il sera sanctifié

Par l’église

Qui veut rappeler

Qu’un homme, une femme,

Un jour

A sauvé des vies,

Pour que l’humanité

Puisse perdurer.

 

 

LIBERATEURS…

Faut-il tuer

La Jeanne d’Arc

Contemporaine,

Celle qui finit

Un conflit

Au son

Du canon

Pour éviter

Qu’il ne se généralise

A l’infini,

Serpent immonde,

Qui menace le monde ?

Laissez-faire

Cette guerrière,

Ne la mettez pas

Au bûcher,

Cela brûlerait

Vos doigts

Ensanglantés !!!

Terminer

Un conflit

Est si difficile,

Personne ne voulant

Perdre la partie.

Les armes parlent

Et quand elles ont fini

De tonner,

Les politiques

Peuvent s’engager

Pour proposer

La paix des braves,

Après ces heures

Si graves

Que l’histoire

Retiendra.

Dans les régions sinistrées

Il faudra reconstruire

Et amener

La stabilité

Pour ne pas y revenir.

Voyez ces populations

Autrefois asservies,

Elles sont heureuses,

Elles acclament leurs libérateurs,

Ces héros

De l’inconnu

Qu’on a voulu

Bâillonner.

Ils ont gagné

Et l’humanité avec

Soyez rassurés.

 

 

ATTENTION DANGERS

L’homme

Est comme un poisson rouge,

Il oublie son histoire,

Il oublie ce qui est arrivé

Par le passé.

Il y a eu tant de guerres,

Tant de crimes,

Inscrits dans les gènes

De la société.

Aujourd’hui,

On est en paix,

Mais elle est bien fragile

Et les nuages sombres

Pourraient ressurgir

Tant les politiques

Qui se sont succédées

Ont ulcéré

Les citoyens.

Ce n’est pas une raison

Pour voter la guerre,

Elle serait terrible,

Le feu nucléaire

Signant l’inadmissible

Fin de l’humanité.

Réagissez !!!

Il est encore temps

De travailler

Au respect

Des droits de l’homme.

Nous n’avons pas le droit

De tuer

Le si bel avenir

De nos enfants,

Voyez comment

Les conflits

Traumatisent

Les sinistrés,

Il ne faut pas les généraliser

A une terre

Déjà bien malade :

Inutile

D’en rajouter,

Vous serviriez

Cette volonté

Des extrémismes

De tout casser

Une fois arrivés

Aux responsabilités.

La poudrière

S’enflammerait

Et l’humanité

Exploserait.

Attention danger!!!

Révoltez-vous calmement

Cela suffit,

Maintenant !!!

 

 

LE BAZAR !!!

C’est le bazar

Dans cet Etat,

La masse

A voté

Populisme,

Ça passe

Pour les extrémistes.

Après les élites,

Le peuple pousse

Vers des lendemains

Peu agréables :

Ça vient

De nulle part.

L’être

N’est pas serein,

Le paraître

Est incertain

Pour les opposants

Au régime.

Pour les récalcitrants

C’est l’abîme.

Voyez ces sombres nuages,

C’est la base

Qui les souffle

Vers l’ennemi,

Celui qui n’a pas

Pour la nation

Le même horizon.

Alors s’enclenchent

Automatiquement

Les mécanismes

Des obscurantismes,

Le repli

Puis la guerre

Au-delà des mers.

On entend le son

Du clairon,

Puis celui du canon,

Messieurs,

Préparez-vous

Pour la bagarre

Ici c’est le bazar !!!

 

 

LE VOYAGE SPATIAL

Le capitaine

A fait mauvaise fortune,

Son vaisseau

A heurté la lune.

Obligé

De débarquer,

Il a colonisé

Ce morceau de l’espace

Où rien ne se passe.

Puis après avoir réparé

Son navire endommagé,

Il a continué

Sa route dans l’univers,

Les étoiles comme par magie

Le guidant vers l’infini

Dans la galaxie.

Il contourna Jupiter

Et passa son chemin,

Affirmant aux habitants

Qu’il venait de la terre :

Ils le libérèrent.

Il dépassa Pluton,

Pénétra dans une nouvelle constellation,

Et entra ainsi dans l’histoire

Quand il atteignit

La Super Nova.

Mais le danger

Etait proche,

Le Trou Noir

Avalait

Tout ce qui brillait.

L’ingénieur mit au point

Le système Certain,

Qui empêcha le vaisseau

D’être attiré

Comme la lumière

D’un réverbère.

La mission

Etait accomplie,

Le valeureux amiral

S’endormit.

 

 

LE MYTHE DE LA CAVERNE

C’est une grotte

Où par l’ouverture

On voit l’ombre

De personnes

Auprès du feu.

Nos sens

Sont ainsi brouillés,

On ne voit pas

La représentation

Exacte du sujet,

Mais des images

Plus ou moins altérées.

On ne voit

Que ce que nos sens

Laissent apercevoir,

Manipulés par l’extérieur,

Télévision, radio, presse.

Les médias

Sélectionnent l’information,

Ne nous laissant que leur avis

Et non la vérité,

De laquelle nous sommes

Isolés,

Car notre cerveau limité

ne peut traiter

une telle quantité d'informations.

C’est aussi vrai

Dans la vie de tous les jours

Où nous apercevons

Que ce que nous voyons,

Entendons, goûtons,

Sentons, touchons.

C’est ce qui oriente

Totalement

Nos souffrances et nos joies,

Nos malheurs et bonheurs,

Ces sensations

Physiques ou psychiques.

Cela influence

Nos faits et gestes

Où la science

Que nous avons découverte

N’est alors

Que la mise en théorie

Du monde qui nous entoure.

Plus l’humanité avance

Et plus elle s’approche

De la réalité.

 

 

LE REVE AMERICAIN

Le rêve américain

Est devenu réalité

Pour de nombreux

Immigrés. 

Pays des libertés,

Celles de vivre,

De créer,

D’entreprendre,

Cette terre d’accueil

A vu naître

Des empires,

A combattu

Le pire.

Les lois

De la République

Font taire

Les plus critiques

Grâce au droit.

L’art de vivre,

Ce mélange

De réussite

Et d’orgueil

Clinquant

Se retrouve

Dans tous les couches

D’une Amérique

Cosmopolite

Aux origines

Variées.

Le nouvel arrivant

Avec sa green card,

Ce césame,

Parade,

Il atteindra

Si Dieu le veut

Des sommets,

Pour peu qu’il travaille

Vite et bien.

En effet

La société

Est intraitable

Avec les nuls,

Soutient la richesse

Comme ivresse

Des lendemains

Qui chantent,

Oubliant

La détresse

Des pauvres

Qui ne voient

Que la lumière

Des hautes sphères.

L’atmosphère

Est celle

D’un pays jeune,

Qui dirige

Le monde,

Donne le la

Et fait la ronde.

 

 

ALIA, LA PRISONNIERE DU DESERT

Alia était née à Alep

Et étudiait la médecine

Lorsque la guerre arriva.

Au début,

Elle était contre le gouvernement,

Ulcérée par les actes de torture

Du régime.

Chaque jour,

Des bombardements la cernaient,

Sans jamais l’atteindre.

Mais vue sa beauté,

Un jour elle fut mariée

De force à un djihadiste.

Elle n’avait pas le choix,

Elle si libre

Dut porter le voile.

Son mari lui fit un enfant

Qui était malgré l’origine

De son père

Sa perle.

Les chars avançaient,

L’aviation russe bombardait,

Les rebelles ripostaient.

Son mari alla

Quelques temps plus tard

Se faire exploser

Sur un marché.

Veuve, elle n’était pour autant

Pas libérée.

Marquée par le sceaux de l’infamie,

Elle craignait les représailles

Du régime.

Un jour,

Elle alla

A l’hôpital

Et fut blessée

En direct

Par une attaque

D’avions bombardiers.

Quelques temps plus tard,

La ville fut libérée,

Alia craignait pour sa vie,

Alors elle projeta

Avec son enfant

De fuir vers l’Occident.

Avec sa fille,

Elle marcha longtemps,

Paya un passeur,

Le canot pour traverser

La Méditerranée

Faillit couler,

Ils furent récupérés

Par les gardes côtes grecs.

Elle passa alors les frontières,

Malgré les difficultés,

Les barrières

Posées par les pays

Traversés.

Elle rejoignit la France,

Là elle trouva enfin

De l’humanité.

Elle fut prise en charge

Par une association

Qui écouta son histoire

Et qui trouva pour elle et sa fille

Un logement.

Elle allait se reconstruire,

Lentement,

Oublier les dégâts de la guerre

Oublier le bruit strident

Des bombes

Qui tombent

Sur le Moyen-Orient.

 

 

LA BASE SECRETE

C’est une base secrète,

Située au pôle Nord,

On y teste

Les dernières saloperies,

Les dernières technologies

Sur des cobayes,

Prisonniers

Poussés à l’extrême.

Pour eux la survie est la même

Que dans l’espace,

Car le but,

C’est d’aller sur Mars :

C’est une opération

Commanditée par la NASA.

Un enfant y naît,

Ce fils de la chimie

Doit rester cacher.

On voudrait exploiter

Sa jeunesse,

Les savants

Dans leur ivresse

Lui font avaler

Des comprimés

Innovants.

Mais on n’a pas le droit

De toucher à ce gamin,

Même pour l’exploit

De l’infini,

Ce difficile chemin.

Alors l’agent Gamma

Tire le bambin

De ce mauvais pas,

Il l’emmène

Et le cache

A Paris.

Mais il est atteint

Par une mauvaise maladie,

Qu’on lui a inoculée

Tout petit

Pour faire évoluer

L’humanité.

La CIA

Veut tuer l’enfant,

Ce danger,

Pour ne pas éveiller

L’opinion

Sur les dangers

De ces missions.

Après une course poursuite,

La presse révèle la suite,

Créé le scandale,

Désormais

On ne fera plus de monstres

Même dans la course

Contre la montre,

L’Espace ne vaut pas

Le sacrifice

D’hommes et de femmes,

Il y a des lois,

Il faut respecter ce droit.

 

 

LA GRAVITE OPERATIONNELLE

Tu m’attires,

Telle une planète

Au sol aride

Sans atmosphère.

La gravité

Me retient

Sur la terre,

Pendant que tu t’envoles

Vers les hautes sphères.

Je fais décoller

Ma fusée

Pour te rejoindre,

Pour t’approcher.

Nous ferons l’amour

Dans l’univers,

Il en naîtra

Une petite Vénus,

Fille des nébuleuses,

Reine de la galaxie

Qui scintillera

Telle une étoile

Dans la nuit.

Notre famille

Avec notre fille

Sera le soleil

De l’espace

La source

De la vie.

Quelle merveille

De voler.

Attention au trou noir,

Qui peut nous avaler.

Notre avenir,

C’est l’infini,

Notre vaisseau spatial

Est notre petit nid

Notre cocon

Notre merveilleuse

Maison.

Que tu parais radieuse,

Ma jolie,

Quand je t’offre la rose

Des contrées

Mystérieuses.

 

 

PAPILLON DE NUIT

Nœud papillon,

Papillon de nuit,

Nuit claire,

Clair de lune

Sur la terre.

Terre à terre,

Je respire

L’atmosphère,

Je sens

Les parfums

Des fleurs

Que butinent

Les abeilles.

Jour et nuit

La planète vit,

Les hommes s’affairent

Tels des fourmis.

Animaux en sursis

Vous êtes menacés

Par la modernité,

Envahis

Jusque dans vos nids.

Le rossignol

Dessiné

Sur le bol

De mon petit déjeuner

Chante la fraicheur,

Je n’ai plus la peur

Qui me hante

Du loup.

Aujourd’hui

Je veux surtout

Cueillir le gui,

Pour faire fuir

Le pire

Et accueillir

Le papillon de nuit

Dans ma main,

La fin

De son vol

Sur mon col,

Serré par le nœud papillon.

J’élargie mon horizon,

Je vais sur la lune

Chercher fortune.

 

 

TRACKBALL

C’est une petite boule

De flipper,

Charriée par les océans,

Polie par les vents.

Elle roule

Sur le chemin

Du succès,

Ne perds pas la boule,

Tu es une star,

Le public

Sans retard

T’a adoptée.

Tu vois,

Tu as une famille

De formes variées,

Un carré,

Un triangle,

Un rectangle.

Mais notre sujet

C’est le rond,

C’est ce qu’on avait dit,

Alors pas de menteurs.

Le roulement à billes,

Est fixé sur la roue,

Comme quoi le monde

Est envahi de sphères.

La voiture

Aux phares arrondis

Nous emmène bien loin.

Le moteur va et vient,

Bercé

Par le mouvement circulaire

Des axes

Bien huilés,

Entraînés

Par les bielles.

La rondeur

Est belle,

Elle brille,

Elle scintille

A la lumière du jour.

Le cercle,

Cette forme élémentaire,

Si parfaite

Est une donnée mathématique,

Si magique

Qu’il n’y a aucune critique :

Elle est si pratique,

Pour l’ingénieur,

Quel bonheur !!!

 

 

KEN ET BARBIE

C’est l’histoire

De Ken et Barbie,

Deux poupées

Qui habitent

Dans le monde enchanté

Des enfants gâtés.

Petits bouts de plastique,

Ils ne sont rien,

Mais offerts en cadeau,

Dans leur maison merveilleuse,

Ils deviennent pour un temps

Le centre des attentions

Des bambins.

Ces petits diables

Les cajolent

Ou les torturent,

Avec leurs doigts

Plein de confiture,

Après le goûter.

Les poupées

Ont cent vies,

Plusieurs tenues.

Elles sont sources d’histoires

De princes et princesses,

De gangsters,

De cowboys.

Petits objets inanimés,

Personne ne les envie,

Mais tout le monde

Voudrait avoir

Leurs attributs

Exceptionnels

Dans la vraie vie.

Ce serait tellement simple

Et gratuit

De revêtir

L’habit

Du roi,

Encore faut-il

L’être réellement,

La chose peut le devenir,

Pas l’être.

 

 

 

 

FERMEZ LE GALLIA

Le Gallia

Est-ce bar-tabac

Qui n’est pas sympa,

Je ne suis pas le seul qui le dit,

Rolland aussi.

Les tenanciers

Sont si froids

Et si lents

Qu’ils gèlent le consommateur.

Nous pauvres gens,

Nous sommes différents,

Nous avons droit

Au même traitement.

J’ai été pris pour un chien,

L’air de rien, 

Il y a de l’abus,

N’allez plus à ce PMU,

J’en fais une affaire d’Etat 

De fermer cette entreprise-là

Peu de clients

Pour des patrons non avenants,

Il y a un problème,

Il y en a même

Qui vont m’aider

A me venger,

N’y allez plus consommer,

Ils sont affligeants.

 

 

ZONARDS

Dans mon quartier,

Traînent les zonards,

Je peux sortir

Tard le soir,

Car j’ai fait la paix,

Car je n’ai pas d’histoires

Avec eux.

Ensemble nous allons

A la mangeoire,

Chanter l’héroïne

De nos drogues injectées.

C’est un simple médicament,

Un psychotrope,

Qui nous permet

De mieux aller.

Médecin, bonjour,

Que tal, buenos dias,

Lui : c’est plutôt à moi

De vous le demander,

Comment ça va

Moi : je vais bien

Mais je vous demande

De vous occuper

De mon cas,

De m’évacuer

Des pauvres types,

Pourris par le shit.

Ce n’est pas facile

Et c’est ma force

Qui me sortira

Loin de la rue,

Où vit la population

Déracinée de la vie,

Qui n’a plus d’envie

Et qui survit

A ses malheurs

Grâce à la peur

Inspirée par les chiens

De ces vauriens.

La mafia n’est pas loin,

Méfiez-vous en bien…

 

 

LE GRAND LOTO

Au grand loto

De l’univers,

J’ai tiré le bon numéro

Et j’en suis fier.

Dans mon coin de paradis,

J’écris,

Je ne suis pas riche,

Mais j’ai réussi,

J’ai trouvé ma niche,

Je raconte des historiettes

Pour les biches

Et les bichettes.

Bientôt je réussirai,

Je vous le promets,

Je toucherai le pactole,

Celui de la loterie nationale,

Et si personne ne me vole,

Je serai sur un piédestal.

Il est toujours permis de rêver,

Car mon quotidien

C’est la pauvreté,

Mais à la tâche j’ai bon cœur

Pour provoquer le bonheur

Et quand je vais travailler,

Je penserai que demain

Sera mieux qu’avant,

Je songerai au grand prix d’Amérique,

Un jour j’aurai ma crique

Protégée des vents hurlants,

J’aurai un tas d’or,

Par ma littérature, mon trésor.

 

 

L’EAU SACREE

Ce héros

A peut-être abusé

Sur l’eau de Lourdes.

Il a bu

Toute la bouteille

De ce liquide sacré,

Et depuis vous comprenez,

Ça va tellement bien pour lui

Qu’on se demande

Quand il va s’arrêter.

Il a le feu

De Dieu

Et arrange

Les affaires du monde

Bien au-delà des espérances.

Il a répandu

La semence

De la bonté,

A battu

Les moulins

De Casamance.

C’est la réussite

Après des années de doute

Il a vaincu l’ennemi

Jusqu’à la dernière goutte

De sang.

Aujourd’hui il est puissant,

Mais reste humble

Devant le firmament,

Comme les chevaliers

Des temps passés,

Avec Dieu

Qu’il a imploré

Il s’est occupé

Des malheureux.

 

 

L’ORDINATEUR

Dieu nous a mis

Dans son grand ordinateur,

Il a choisi ses élus,

Chargés de réparer

Les malheurs

D’un monde endeuillé.

Il fait feu

Pour combattre

Les crimes contre l’humanité.

Mais l’homme

Est toujours maître

De sa destinée,

Il y en a toujours un

Pour tous les sauver.

Les grands sont au chevet

De ce libérateur,

Lui en tant que sujet

Va évacuer les peurs,

On est rassurés

Quand on voit ce chevalier

Prendre part à la guerre.

Alors il va griffonner,

Avec son crayon et son papier,

Ensemble nous combattons,

Il est notre inspiration

Contre les ennemis de la nation,

Nous sommes ses bataillons.

 

 

BESOIN DE PERSONNE

Je n’ai besoin de personne,

La première venue

Me mettrait à nu.

Je croirais que c’est la bonne,

En fait ce serait la voleuse,

Sous ses airs de pieuse,

Elle partirait avec mes sous,

Me larguant parmi les loups.

Je ne dis pas non

A la passion,

Mais laissez-moi faire ma vie

Comme je l’entends, comme je le dis.

Quand je serai établi,

Je serai fort,

Je ferai fuir la mort

Alors une belle

Entrera dans mon foyer,

Je ne vais pas me priver

D’une hirondelle

Qui ferait notre nid

Et qui irait cultiver

Notre coin de paradis,

Notre jardin commun.

Je ne me marierai point,

Les enfants me fatiguent,

Comme je dirige la Ligue,

Celle des gens puissants,

Cela me suffit

Avec mon empire naissant.

Une femme casserait tout,

Je n’en accepterai qu’une

Celle qui respecterait ma fortune

Et me défendrait partout.

 

 

LE BON DIEU DANS SON ATELIER

Le bon Dieu

En ce jour,

S’est mis à bricoler

Dans son atelier.

Ce que font les hommes

De ce monde

Qu’il leurs a légu

Ne lui plaît pas assez.

Vous comprenez,

Les guerres,

La misère,

Ça commence

A l’escagasser.

Un peu de sagesse,

Dit-t’il,

Redoutant

Que la planète

Ne lui explose

Entre les mains :

Ce serait la fin.

Demain,

Vous verrez,

Vous le remercierez,

Vous qui souriez

Au diable incarné.

Priez,

Agissez,

C’est le seul moyen

De lutter,

De voir

Dans le miroir

Une terre

Plus belle,

Où les bombes

Ne tombent plus,

Le paradis

Que le Créateur

A imaginé

C’est pour tout à l’heure,

La paix dans les prés.

 

 

CAMARADES RESISTANTS

Camarades résistants,

Ouvriers des corons,

Venant de tous horizons,

C’est l’heure de la révolution

Contre les grands patrons.

Vous leurs expliquerez

Que vous êtes exploités

Et que vous voulez être augmentés.

Vous entamerez

Une grève sans conditions,

Sans foutre en l’air

Les poubelles de la région.

Restez pacifistes,

Le monde ne changera pas

Par les armes,

Mais le nombre de contestataires

Chaque jour croissant

Fera réfléchir les puissants

Qui croient que la terre

Leur appartient.

Mais la planète est à vous,

Gens du monde,

Maîtres des montagnes et des océans,

C’est pour préserver

L’égalité, le respect et les libertés

Que je vous demande de défiler.

 

 

LE TEMPS QUI PASSE

L’aiguille

Sur l’horloge

Ne fait que passer,

Elle va vite,

La petite,

Les saisons s’enchaînent

Et moi je reste,

Avec mes rides

Arides.

Mes bateaux

En papier,

Souvenirs d’enfant,

Sont devenus

Les jours passants

Les grands paquebots

Que je prends.

Ces machines

Sont construites

par une armée

d'ouvriers, 

De plus en plus vite,

De plus en plus haut,

De plus en plus fort,

C'est très complexe,

Chronos est perplexe.

Décidément,

Le temps

N’a pas de limites.

La société

Vit à cent à l’heure,

Mais moi,

A chaque instant,

Je savoure le bonheur,

Tout en regrettant

De ne plus avoir vingt ans.

 

 

PATRON DES CIMES

Je m’imagine

Capitaine d’industrie,

A la tête

De son vaisseau amiral,

C’est-à-dire

Une tour gigantesque,

Si haute,

Qu’elle tutoie les cimes.

Patron

Des avions

Et de la navale,

Je posséderais tout

Et l’univers,

Et ma compagnie

Serait si riche

Qu’elle achèterait

Les éléments

Pour les enchaîner,

Toutes ces choses

Qui n’ont pas de prix.

Oui ça vaut le coup

D’avoir de l’or,

On peut influencer

Les gens,

On peut invoquer

Les puissants

Et finalement

Augmenter

Son tas d’argent.

 

 

L’ANNIVERSAIRE

A mon papa,

Le plus grand

Des papas,

Celui qui m’encourage,

Celui qui me voit

Créer sous les nuages,

Pour ses 79 ans,

J’aimerais lui offrir

Un cadeau à fleurir,

Un beau présent

Que je lui tends.

Pour ses vieux jours,

Un peu d’amour,

Ce n’est pas grand-chose

Mais ça embaume le cœur,

Ça fait oublier les malheurs.

L’heure tourne,

Mais mon père est toujours là,

Tel un cuirassé invulnérable,

Il est adorable

Quand il influence ma vie.

Moi ton petit,

Papy,

Je te souhaite la fortune

A ce que tu as de plus cher,

Une famille en or,

Un véritable trésor.

 

 

L’OURS POLAIRE

L’ours polaire

Plonge dans l’eau glacée,

L’iceberg

Est sa maison,

Son territoire

Est l’océan à l’horizon.

Il croque

Un ou deux phoques.

La nourriture

Se fait rare

Mais la femelle

Doit nourrir son petit.

Elle lui apprend

Comment survivre

Dans ce monde hostile.

Lui qui est fait

Pour les grands froids,

Il redoute

Que son habitat

Soit détruit

Par le réchauffement climatique.

Les glaces fondent

Et l’ours blanc,

L’ami

Des petits,

Peluche dans leur lit,

Maigrit

Car il n’y a plus de poisson

Et la banquise

Se divise.

En voie d’extinction,

L’espèce,

Emblème des esquimaux,

Ses voisins,

Peut disparaître.

Alors on regrettera

Le doudou

Des enfants.

Ils ne pourront plus

Le serrer fort

Dans leurs bras.

Petit homme,

Réagis,

Tu ne peux plus

Détruire la nature,

Ce serait

La fin de l’aventure,

Les murs

Obscurs

Ne sauraient détériorer

Les grands espaces,

Petit homme,

Soit sage,

Tu as l’âge

De respecter

La nature sauvage,

Pour que l’ours

Ne soit pas qu’une image.

 

 

PRESIDENT DES ETATS-UNIS

Président des USA,

V’la un métier qui en jette,

L’homme le plus puissant

Du monde

Dirige les démocraties

Contre l’immonde,

Et il y a fort à faire.

Certains sont gravés

Dans la pierre

Du mont Rushmore.

De Georges Washington,

Père fondateur,

En passant par Thomas Jefferson,

Abraham Lincoln,

Vainqueur de la guerre civile,

Benjamin Franklin,

Inventeur du paratonnerre,

Woodrow Wilson,

Intervenant lors de la première guerre mondiale,

Franklin Delano Roosevelt,

Qui a lutté contre le nazisme,

Puis John Fitzgerald Kennedy,

A la destinée tragique,

Tous ceux-là et les autres

Avaient la même envie

De construire leur pays

Puis d’entretenir l’impérialisme,

Cette domination

Sur le monde

De la plus grande armée

Jamais créée,

Portée par le rêve américain,

Cette envie de réussir

Que les présidents

Ont incarné.

Reagan, Bush, Obama

Ont entretenu la légende

D’invincibilité

Mais aujourd’hui

Les Etats-Unis

Se sentent menacés,

Ils tentent le repli

Mais ils n’ont pas le droit

De nous décevoir,

De nous laisser

Là où ils ont l’habitude

D’être une voix rassurante

Par une économie

Puissante.

 

 

LA PETITE GOUTTE D’EAU

Petite perle de rosée,

Petite larme des nuages,

Tu tombes du ciel,

C’est le Créateur

Qui t’a envoyée,

Car tu répands la vie.

Mais que d’inégalités

Entre ceux que tu inondes

Et ceux que tu assèches.

Un enfant attend la pluie

Dans le désert de Gobi,

Un autre écope l’eau

Quand l’orage

En a apporté de trop.

Sans toi,

Point de plantes,

Point d’animaux,

Point d’humain,

On respire et on boit,

Les deux actes essentiels

Sur cette planète.

Mais demain

Est menacé

Par la pollution

Qui t’a attaquée,

Tu pleures

Au monoxyde de carbone,

La chimie t’a dévastée,

Les océans sont des poubelles,

Alors que toi,

La goutte d’eau,

Tu es la plus belle.

 

 

ZAHIA

Zahia la belle,

Princesse d’Orient,

Tu ensorcèles

Au firmament

Dans ton palais

D’argent.

Personne

Ne peut t’atteindre,

Mais justement

Le peuple

A besoin de toi,

Car le roi

Est parti en guerre,

N’écoutant

Que sa mère.

Peut-être t’entendra-t’il,

Parler de paix,

Fais-moi un signe

Quand il sera

Près de toi.

C’est ton père,

Après tout,

Et il a

La lame tranchante,

Menaçante,

Alors que toi,

Tu es délicieuse

Avec ta peau mielleuse.

Prends ton courage

A deux mains,

Il faut arrêter

Cette violence,

Et il n’y a que toi,

Zahia,

Qui puisse unir

Ton pays

Avec les présidents

De l’Occident.

 

 

FELICIDAD

Félicie,

Félicitations,

Felicidad,

Merci.

La joie

Que je vois

Dans ton regard

Me réchauffe

Le cœur,

Quel bonheur

Depuis que je t’ai vue,

Je vais bien

Car tu m’as transmis

Le feu sacré.

Tu remplies

D’émotions

La population

De ton action.

Telle une reine,

Au son du canon

des fleurs convoitées,

Tu diriges

En chantant

Un pays enchanté,

Où l’imaginaire

Côtoie la réalité,

Où la méchanceté

Serait systématiquement

Remplacée par la bonté.

Mais ce n’est qu’un rêve,

Cette contrée n’existe pas,

Et quand je me réveille,

Le monde

Est bien sombre.

Mais dans mon sommeil,

Tu m’as apporté

La gaité,

L’ombre

Ne fait que passer.

 

 

REPONSE

P’tête ben qu’oui,

P’tête ben qu’non,

C’est la réponse

D’un normand

A un breton

Qui a la tête dure.

Querelles de clocher

Sur notre belle terre France,

Où les bourguignons

Se battaient avec les armagnacs,

Où les Plantagenêts

D’Anjou la tête tournaient

Vers les anglais.

Mais aujourd’hui une nation

S’est construite

Après toutes ces invasions,

Et les différences, les divisions

Font place nette à l’union.

Mais que c’est difficile,

Dans le pays du vin

Et des centaines de fromages

D’arriver à un compromis,

Une raison de vivre commune.

Les rois, puis les présidents

Ont forgé les frontières,

Et au-delà des mers,

On chante le même pays,

Celui de la bonne cuisine

Et de l’école de Jules Ferry,

Celui que les trafiquants d’armes

Et les chercheurs d’or

N’ont pas sali.

Car finalement ce sont

Les grands personnages

Qui ont façonné notre histoire,

Inventeurs, commerçants, écrivains,

Ils ont tous en commun

L’idéal Républicains.

Jeanne d’Arc réveilles-toi,

Aliénor d’Aquitaine nous avait trahis,

Mais aujourd’hui,

Le monde est indécent,

Les hommes sont méchants,

Le mal est puissant,

Nous voulons le bouter,

Nous avons besoin de tes armées

De chevaliers.

 

 

MEDECIN

Médecin urgentiste,

En chirurgie,

En psychiatrie,

Tu guéries

La tête

Et les boyaux,

Tu auscultes

Les oreilles

Et les yeux

Pareil.

Tu luttes

Contre la mort,

Qui a tord

De s’acharner

Contre ta volonté

D’opérer.

Car tu vois

Et tu agis

Pour la vie,

Celle de ces êtres

Entre tes mains

Qui ont un bobo

Ou un gros

Accident.

Il faut aller

Vite et bien,

Point d’erreur,

Docteur,

Ta prestance

Est l’assurance

Du succès

Sur la table

D’opération.

Après la consultation,

Sur le billard

Tu joues l’existence

De ton patient.

Avec patience,

Tu incises

Au scalpel,

Et avec tes appareils,

Vive la modernité,

Mais que de technicité.

Tu sais tout faire,

Tu es mon héros,

Quand dans mon lit

Je me réveille bientôt.

Un petit médicament

Que tu m’as prescrit

Et la pilule

M’emmène au paradis,

Celui de la guérison,

Tu as réussi ta mission.

 

 

TZIGANES

Autrefois tziganes,

Sur les champs de foire,

Vous avez été persécutés.

Aujourd’hui vous avez

De longues caravanes

Et des voitures

De grosse cylindrée.

Vous vivez l’aventure,

Voyageant à travers le pays,

Vous qu’on accuse

De tous les maux

Quand on vous appelle manouches.

Vous vendez

De petits paniers,

Peut-être que vous trafiquez,

Mais au fond,

Un peu de tolérance,

Car quand on est gens du voyage,

On fait partie

De l’aristocratie

De ceux qu’on envie

Pour leurs libertés.

Dans la tradition,

Aux Saintes Maries de la Mer,

Votre pèlerinage annuel,

Vous priez

Pour ne pas être exécutés

A cause de votre peau basanée.

Des populations ulcérées

De vous voir arriver

Vous accusent de voleurs,

Car vous gênez

Même si vos petits

Sont comme les nôtres aussi.

 

 

MARYLIN

Marylin,

Tu étais si belle,

Si particulière,

Tu irradiais les films

De ton bonheur,

Cachant ton malheur.

Tu es partie,

Comme d’autres avant toi,

Beaucoup trop tôt,

On t’attendait

Sur d’autres scénarios.

A quoi bon

Etre riche et célèbre

Quand le cœur

Est en peine.

Tu étais irremplaçable,

Mais on a brûlé

Tes ailes,

« Sept ans de réflexion »,

Et point d’horizon,

« Certains l’aiment chaude »,

Et de toi on se moquait.

Tu attendais

Qu’on te dorlote,

Qu’on ne te prenne pas

Pour une sorte

Alors tu es partie

Pour le paradis.

 

 

L’HISTOIRE-GEOGRAPHIE

Dans la salle de classe,

Sur le tableau noir

L’instituteur

Egrène les noms des rois,

Il faut les apprendre par cœur,

Même la révolution.

L’élève sèche sur un président,

Il ne connaît pas

La Gambie,

Peu importe, Madras est si loin

Qu’il l’oublie.

Qu’il ne s’inquiète pas,

Son ignorance

Ne changera pas

La face du monde,

Du Rio Grande

Aux chutes du Niagara,

D’Alexandrie

A Shanghai,

On n’a pas attendu le cours

Pour vivre dans son espace.

Du Pérou à la Côte d’Ivoire,

On continue

D’expédier

Café et chocolat,

Ça parle aux enfants.

En écrivant sur leur cahier,

Ils naviguent sur les océans,

Ceux que ces grands amiraux

Sortis des livres d’histoire

Ont parcouru autrefois.

C’est ça l’histoire-géographie,

La connaissance

Des hommes et des pays,

Des faits et des fleuves,

Des guerres et des montagnes,

Permet de combattre l’ignorance

Pour faire la paix,

Celle des braves

Qui savent

Que leur pays

Est un paradis.

 

 

LE SHOW

Mes chers amis,

Le show doit continuer,

Le spectacle ne fait que commencer,

Je me mets en retrait

Pour que vous y alliez.

Je serai toujours là,

Près de vous,

Comptez sur moi

Derrière vous.

Le chemin est encore long,

Nous avons ouvert la voie,

Chantez, dansez, écrivez

L’amour à la vie,

Dans la direction

Que je vous ai indiquée.

Bientôt vous serez nombreux,

Une armée puissante,

Vous pèserez dans la balance

En écrivant liberté.

Je continuerai mon chemin,

Mon œuvre est éternelle,

Puisse-t’elle

Etre un phare

Qui inspire vos phrases,

Vos musiques, vos dessins.

J’ai dévoué mon existence

A l’art et à mon pays,

Mais pour ma subsistance,

Nous nous séparons.

Demain,

Vous serez orphelins,

Promettez-moi

De ne pas laisser tomber,

Pendant que je me prépare

A ma nouvelle destinée.

Ma plume

Est celle d’un oiseau,

Elle vole au milieu des livres

Desquels s’échappent

Les papillons multicolores

Que j’ai peints.

Maintenant, je dois penser

Aux lendemains,

Pauvre de mes sous,

Riche de mon âme,

J’ai inventé, j’ai innové,

J’ai rêvé, j’ai créé,

Ma fortune me tend les mains,

Désèspéré je veux l’atteindre,

C’est un désir vain,

Alors je disparais

Ne laissant de trace

Qu’à mon public,

Qui crie, qui me retient,

Mais c’est décidé

Je prends ma retraite,

Je suis un ascète.

Je ne vais jamais mourir,

Je tiens à vous le dire,

Mais je m’en vais

Avec en moi un sentiment de paix.

 

 

LA CUISINE FRANCAISE

Il cuisine

Avec délectation

Les plats

Que ses invités

Vont déguster.

Caviar,

Homards,

Poulardes,

Dorades,

Pièce montée,

Les convives

Sont alléchés

Par le menu

Affiché

Qu’ils vont avaler.

Le four chauffe,

La poêle crépit,

Par un instant

De répit,

Cuisiner,

C’est tout un métier.

Depuis qu’il est tout petit,

Il a appris

De sa mère

Comment élaborer

Des mets

Raffinés,

Divins,

Très fins

Pour les gourmets

A l’appétit

Grandissant

Le repas

Avançant.

C’est un plaisir

D’être au fourneau,

C’est le bonheur

A l’heure

Du déjeuner

De voir

La flamme

Se raviver

Chez les convives.

Après ce rendez-vous

Exceptionnel,

A la plus belle table

Du coin,

Avec un somptueux vin,

Issu des meilleurs vignerons,

Ils vont s’en aller.

Dans les assiettes,

Il ne restera rien,

C’est un éternel

Recommencement,

Le lendemain,

Il faudra égayer

Les papilles,

Créer la surprise

Par des nouveautés

Issues du marché.

 

 

POUR ALLER, OU ALLER

Je vais là où me mène la vie,

Au petit hasard, la chance provoquée,

Faisant rencontres et actes

Qui s’imposent d’un coup là.

Je construis des empires,

Une famille, un travail, des amis,

Et je compte sur eux

Pour parler avec le monde.

Je me construis une philosophie,

Ça me permet d’aborder la vie,

D’expliquer à moi-même

Pourquoi je vies.

Je vies pour subvenir à mes besoins,

Et ils sont infinis,

Je vies pour laisser une trace

Dans l’histoire des petits enfants,

Je vies pour me faire plaisir,

Goûter de façon épicurienne à l’existence,

Pour ne rien regretter le grand soir.

Mon stoïcisme me permet d’être solide,

D’être dur, d’éviter les erreurs

Qui pourraient me fourvoyer, me faire tomber.

C’est l’honnête homme que je vise à être,

Et je vais pour cela réaliser

L’œuvre que je vais vous laisser

En ayant la sensation

D’avoir bien agit,

Avec délicatesse, délectation et envie.

La trace que je laisse

De mon vivant

Me donne l’impression d’être utile,

Celle que je laisse à ma mort

Sera le combat de toute une existence,

Vivons dans le présent,

Les petits bonheurs quotidiens,

L’homme est un être social,

Il a besoin de ce lien

Pour faire le bien,

Nous mourrons tous,

Alors pour ne rien regretter,

Profitez de chaque moment,

C’est une tranche de vie

Que seule la misère

Peut nous voler.

A chacun sa richesse,

A chacun ses espérances,

A chacun maître de son existence.

La profondeur

Et la connaissance de l’être

Servent à ne pas être superficiel,

Mais chacun trouvera ses qualités,

Intellectuelles ou manuelles,

L’important c’est d’agir pour se réaliser.

Ainsi c’est la beauté intérieure

Qui permet d’échanger intelligemment

Avec tous les êtres valables

De la société.

 

 

JANET

Janet,

Tu es la plus belle,

Tu étais ma dulcinée

Mais tu as préféré

Les bras d’un autre

Un peu moins fêlé

Que ma tête cassée.

Qu’a-t’il de plus que moi,

Ce niais, cet imbécile,

Tu t’es mariée avec lui

Tu m’as planté

Après m’avoir fait danser.

Maintenant je suis seul

Et toi tu as trois enfants,

Tu as réussi,

Tu es maître de conférences.

Moi j’enchaîne les petits boulots.

Dans ma solitude,

Ma seule plénitude,

C’est de raconter

Notre complicité

Passée

Quand tu étais là

Près de moi.

Puisque tu es heureuse,

Je ne me plaindrai pas,

Saches que je souffre,

Que je vagabonde,

Quand je me souviens

Des rythmes endiablés

Sur nos chansons préférées.

Aujourd’hui,

Tu existes dans ma mémoire,

Je voudrais oublier

Ces souvenirs

Mais ils sont tenaces,

Je pense encore que je t’enlace

Dans cet amour de jeunesse

Qui m’oppresse.

J’ai fait le deuil

De cette vie imaginaire,

La nouvelle venue

Sera la bienvenue

Si elle arrive un jour, bien sûr…

Puisse-t’elle avoir ta prestance

Et mettre à la potence

Les secrets intimes

Que nous avions échangés,

Des choses infimes

Qui m’ont pollué

A un moment où j’étais largué.

Tu m’as sauvé une fois,

S’il te plaît ne reviens pas,

Avec le temps

Les vents

Vont évacuer

De l’atmosphère

Ton image,

Troubler la mémoire

De ton visage.

 

 

FAIRE LA PAIX

Arrêtons de se faire la guerre,

Même si nous sommes ennemis,

Ce n’est pas une raison pour se taire

En voyant les violences sur terre.

Bien sûr le temps nous a pris,

Nous nous sommes affrontés,

Mais aujourd’hui nous devons collaborer

Et la justice sortira vainqueur.

Nous scellerons une union

Et nous serons bien meilleurs

Pour apporter dans le monde la paix

Avant de cogner avec des boulets.

Parlons, encore et encore,

S’il le faut nous nous battrons

Sur les terrains de sport

Et nos peuples s’aimeront alors.

Il ne faut plus détruire les maisons,

Même si chacun de nous est à la tête

D’armées qui feront la fête,

Mais ne nous trompons pas de cochon,

C’est notre union qui bannira le mal,

Nous lui porterons le coup fatal,

Nous nous en tirerons tous les deux,

Par l’alliance sacrée contre l’être abject.

Par sa flamme il nous séparait,

Brouillait les pistes, divisait,

C’est l’heure de foncer sur le diable,

Après nous servirons la table,

Toutes les considérations nous divisent,

Mais pour nous la victoire est notre devise,

Nous nous opposerons ultérieurement,

Quand les choses apparemment

Seront rentrées dans l’ordre,

Le cou du loup qu’on le torde.

Nos vieilles rengaines nous reprendrons,

Bientôt nous serons séparés par nos missions,

Mais le temps d’un combat alliés,

Le pire nous aurons évité.

Dans un dernier acte d’amitié,

Un rapprochement critiqué,

Avant de nouveau de nous séparer,

Mettons toutes les conditions dans le panier

Pour que nous puissions distribuer

A chacun ce qu’il a mérité,

Et que de telles horreurs à la télé

Ne soient plus d’actualité.

Au vu de cette collaboration,

Certains hurleront à la trahison,

Voyant l’autre comme ennemi avéré,

Qu’une longue histoire a révélé,

Et qu’on a combattu depuis une éternité.

Dans l’ordre nouveau des démocraties,

Les tensions iraient de mal en pis

Si nous ne travaillions pas ensemble,

La condition humaine nous rassemble.

Pour nos différences c’est l’obligation

De respecter dans l’autre ce qui est bon,

Que ce soit la modernité ou la tradition,

Ainsi nous ferons de nouvelles lois,

Que tout le monde acceptera,

A condition d’y mettre du sien

Et d’être satisfait par ce bien,

Nous traiterons pacifiquement

Si aucun parti ne nous ment,

La menace évacuée,

Nous pourrons parlementer,

Et les échanges commerciaux

Appliqués aussitôt

Entreront dans l’histoire

Comme ayant évité la nuit noire.

Ecoutons ces peuples qui ont peur

D’une guerre rampante,

D’une globalisation galopante,

Pour nous c’est l’heure

De leurs donner une identité,

Celle du pays où ils sont nés.

 

LA DANSE DE SIBERIE

Igor

Danse

La polka

Avec Petrouchka.

C’est une joie

Immense

De voir

Les deux êtres

Entrelacés.

Mais elle en a marre

De paraître,

Elle veut se blottir

Dans ses bras,

Une nuit d’amour

Ou mourir

Dans l’haut-delà.

C’est une passion

Fulgurante

Dans les déserts glacés

De Sibérie,

La maison,

C’est la patrie

Déconcertante

Mais attirante

Des éléments

Déchaînés.

Ils sont grands,

Ces amoureux,

Ils sont heureux

Dans le brouillard,

Mais il se fait bien tard.

Ils rentrent chez eux

Et dans un dernier

Tourbillon

D’émotions

Ils vont aller droit devant

Vers le firmament,

Rien ne les arrêtera.

Il coupe du bois,

Allume le feu.

La chaleur

Naissante

Rend leurs mœurs

D’une douceur

Attrayante.

A deux

Ils sont plus forts,

Ils auraient tord

De renoncer

A l’infini candeur

Qui rythme les heures

Du clocher.

 

 

LE PASSAGER DE L’OCEAN

Tu joues

La sarabande,

Tu bandes

Ton arc,

C’est la marque

Du matou

Qui définit

Son territoire,

Qui agit

Dans l’histoire.

Les enfants

N’y comprennent rien,

Pour nous le lien,

C’est d’être devant,

Pour eux,

C’est de rêver

Et d’être heureux.

En construisant

Le foyer,

Les éléments

Sont imbriqués,

La famille

Est réunie,

La ménagère

Est gentille,

La guerre

Est finie.

Dans ce joyeux mélange,

Les anges

Et les démons

Luttent

L’un contre l’autre

Dans les corons,

Le chemin,

C’est le nôtre.

Près de la cheminée,

Nous allons consommer

Le mariage,

Ce doux présage

De la paix sur terre

Et sur les mers.

Car la maison,

Source d’inspiration,

Est le lieu

Des batailles,

Ce jeu

Où les peureux

Perdent les médailles.

Les grands gagnants

Sont les savants

Qui ont imaginé

Ces forces entrelacées.

Le capitaine

Accoste,

Fidèle au poste,

Il va emmener

Vers l’horizon

La laine

Pour rapporter

Des provinces lointaines

Le coton.

 

 

 

MON EPITAPHE

 

Voici ce que je veux qu’on grave sur ma tombe à ma mort :

 

Ici repose un marin

Qui a navigué

Parmi les siens,

Sur ses bateaux de guerre

Imaginaires.

Au port il est rentré

Pour toujours,

Au tombeau de l’amour

Qu’il avait pour la mer

Et les arts.

Qu’on le vénère,

Il a attendu tard

La reconnaissance sur son enclume,

Retenez bien sa plume,

C’est celle des libertés.

La dernière volonté

De ce navigateur

Rêveur,

C’est de continuer

L’œuvre qu’il a commencée

De sa petite fenêtre,

Les réalités

Qu’il a martelées,

Le levain de ses vérités.

 

 

 

LA BELLE ETRANGERE

 

Cheveux de feu

Ou cheveux de terre,

C’est l’or dans ses yeux

Qui vont d’abord me plaire.

 

La belle étrangère,

Elle est si désirable,

Qu’elle fait chauffer le fer

De tous les minables.

 

Pour sa différence,

Les racistes vont la jeter,

N’est-elle pas femme de France,

La Marianne tant désirée ?

 

La poitrine avantageuse,

Elle est le sein du pays,

Les langues moqueuses

Diront que c’est un mauvais parti.

 

Mais je la trouve si désirable

Que je l’accueille dans mon foyer,

Je suis un homme responsable

Et je viens la consoler,

 

Elle qui était si triste,

La misère qu’elle a traversée,

Je lui prépare une piste

Pour qu’elle puisse enfin décoller.

 

Car c’est ça l’amitié,

Même si nous sommes opposés,

C’est la solidarité

Qui vainc les difficultés.

 

Et elle est si humaine,

Justement

Que je la mène

Au firmament.

 

La République fera le reste,

Et malgré toute cette peste,

Elle touchera les étoiles,

Une place un peu moins pâle.

 

Elle s’intégrera dans la nation,

Sa peau de miel,

Couleur marron

Ne fera plus parler d’elle…

 

 

 

POKER GAMES

Le front impavide,

Le sourire translucide,

Le joueur de poker

Abat sa dernière carte.

Sera-t’elle celle du succès

Où de la perte totale ?

Il a tout misé,

Il serait ruiné,

Et si le jeu

Etait un enfer ?

Mais non,

Celui qui manipule les cartes

Avec les as et les reines

Est roi de celles géographiques,

Un endroit de la terre

Obéit aux décisions

De l’assemblée ainsi réunie.

Les échanges musclés

Dépendent de cette tablée,

Ils ont vaincu

Ou perdu

Sur ces petits bouts de carton,

Le jeu fait le monde,

Footballeurs

Ou chanteurs

S’affrontent

Pacifiquement

Pour décider

Réellement

De l’issue

De leurs combats

Futurs.

 

 

 

MEDOCAMENTEUX

C’est la semaine

De la piqûre,

Ce n’est ni de la drogue

Ni de l’héroïne pure,

Mais un médicament,

Un calmant,

Ce produit que je prends

Contre la maladie venant,

Prescrit par un médecin

Pour que les lendemains

Soient calmes et sereins.

Petite pilule,

Si je ne t’avais pas,

Je ne serais pas là,

Tu es mon échappatoire

A mes délires venants,

Ces histoires

Que je me fabrique,

Les briques

D’un monde imaginaire

Où je serais roi

De la terre.

Tu arrives à me ramener

De la mer

Sans être l’ectasie,

Cette saloperie

Qui me ferait décoller

Vers l'espace,

Mais les étoiles sont mes rêves,

C’est ce que racontent

Mes poèmes,

Faits de vérités

Martelées

Et non d’hallucinations

Provoquées

Par la cocaïne

De la prohibition.

 

 

 

LE GOSSE

Ce gosse

Rêvait de grandeur

Et d’argent,

D’être ingénieur

Ou président.

Il se bagarrait,

Il jouait,

Il lisait,

Des affaires d’enfants,

Mais il ignorait

Que ses parents

Lui cachaient

Les aléas de la vie,

Simplement

Pour le protéger.

A vingt ans,

Il allait tourner

Dans le mauvais sens.

Il était décalé

Et on lui mit

Des responsabilités

Dans les bras

Sans le payer

A la hauteur

De ses désidératas.

Il décidait de tout,

Se donnant

Gratuitement,

Attendant

Le jour suivant

Les remerciements.

Ils ne venaient pas,

On l’exploitait,

Il s’énervait.

Il se demanda

Comment allait finir

Tout cela,

A la fois

Homme d’affaire,

Secrétaire d’Etat

Ou encore pilote de chasse,

Il se plaignait

De sa condition

D’ouvrier,

Qu’il voulait

Délaisser

Par ambition

Dans la société.

Vous comprenez,

Il avait un petit statut

Et toutes les statues

Ne valaient rien à ses yeux,

Il avait si peu,

Lui qui réclamait

A la vie

Le juste retour

De son dur labeur,

A lui le travailleur.

Ecrivain

A succès

Demain,

Il se voyait subtiliser

Ses œuvres

Par la manœuvre

De voleurs,

Ces grands

Qui le maintenaient

Dans la misère

Du néant.

 

 

 

L’HOMME EN GUERRE

Tous les coups reçus,

Tous les coups permis,

Au nom de quel Dieu

Avez-vous pu frapper,

Au nom de quel pouvoir

Avez-vous pu percer ?

L’homme est si fragile,

Sa fuite est agile

Mais il se retrouve nu

Face à sa destinée.

L’horreur qu’il a vécue

Sur les champs de bataille

N’est pas récompensé

Par l’honneur des médailles.

La guerre est finie,

Le soldat rentre chez lui,

Hagard et meurtri.

Que va-t’il faire désormais,

Quel avenir

Après tant d’années

A combattre,

A se battre,

Il est démuni

Dans sa vie.

Ses copains

Morts sur le terrain

Ne sont plus là,

Il se souviendra

De ses compères,

Les seuls sur terre

A lutter

Avec gravité

Au démon personnifié.

 

 

 

RIEN

Je n’ai rien

Depuis tout ce temps,

Des efforts désespérés

J’en ai fournis

Tout autant.

Mais le roi

Des Amériques

En a décidé autrement,

Malgré mes bons états

De service.

Quel supplice

De se voir ainsi rabaissé

Pas de prime,

Encore travailler

Sans s’arrêter.

Je dis non

A l’exploitation,

Vous m’avez fourni

Avec l’addition

Cette brune aux yeux clairs

Qui me nuit,

Qui m’envoie

Ses torpilles.

Depuis cette époque,

Elle fourmille

De mille attaques,

J’en suis la cible,

Personne pour me défendre,

Je prie donc sur la bible.

Descendre mes ennemis

Peut m’apporter

Cette fortune,

Ces thunes

Tant désirées.

Je casserai tout

Pour y arriver.

Les remerciements

Sont numériques,

Je voudrais

Qu’ils soient pratiques,

Mes victoires

Sont célèbres,

Mais au fond,

Il me manque l’essentiel,

Que ces batailles gagnées

Puissent se transformer

En monnaie

Sonnante et trébuchante,

Mes entreprises attrayantes.

 

 

 

 

 

MARKETING

Ma marque préférée

Est celle de mon enfance,

Elle ne me laisse pas

Dans l’indifférence,

Elle m’a prouvé

Son évidence.

Elle surf sur l’imaginaire

Des histoires dorées,

Celles des princes et princesses

Qui m’ont accompagné

Et qu’en consommant

On peut apprivoiser.

La publicité à l’écran

Me sourit,

Le slogan

Me parle personnellement,

M'atteint émotionnellement,

Alors j’y réponds tendrement,

En souriant largement,

C’est peut-être cela,

Le nouveau marketing direct.

C’est mon histoire,

Ma mémoire

Qui sont bouleversés

Par ces mises en scènes cadrées.

Touché dans mon intégrité

Par tant de proximité,

C’est comme si vous me connaissiez

Depuis une éternité.

Mais pour acheter,

C’est une autre affaire,

Le produit doit me plaire,

Etre beau, utile,

Pas cher

Et non futile.

Je me rappelle alors la voix

Du poste de télévision

Qui me susurre à l’oreille

Que l’article est à moi,

Qu’il me convient parfaitement

Et qu’il doit finir sous mon toit

Car il répond à une demande ciblée

Et non satisfaite pour me combler.

 

 

MBA

J’apprends par cœur

Les algorithmes

De la bourse,

Les secousses

Des marchés financiers

N’ont plus de secrets

Pour moi.

Je suis en MBA,

Je ne cherche pas

A être un voleur,

Je veux être homme d’affaire,

Sillonner la terre,

A la recherche de perles rares,

A la recherche d'idées nouvelles,

Prendre l’avion

Sans retards.

Un jour au marketing,

Le lendemain à visiter une usine,

J’étudie, encore et encore

Pour diriger une entreprise,

C'est le credo

De mes héros,

Ces business men

qui gèrent leur société

de façon très humaine.

Cours de gestion,

De stratégie, de RH,

Je ne laisse rien au hasard

Pour passer mes examens

Avec réussite.

J'apprends la vente

et le commerce

avec un peu d'appréhension,

Vous comprenez ce n'est pas

Ma première motivation.

Plus tard je ferai partie

De cette élite,

Mais en ce moment,

Je suis un modeste étudiant,

Qui rêve de fortune

Quand il aura son diplôme.

L’ivresse du savoir

Est la porte ouverte

Vers tous les possibles,

Vers les hautes atmosphères

De la hiérarchie humaine.

Ce gosse qui par ses études,

Deviendra riche,

Patron capitaliste,

C’est l’histoire

D'une ascension sociale,

Comme au cinéma,

D’un succès

Qui rapporte énormément,

Qui séduit comme rarement,

C’est mon firmament,

Mon avenir décent.

 

 

 

MARIN

Embarqué

Comme un marin

Du XVIIème siècle

Sur un vaisseau

De naguère

A la gloire du roi,

Pour un salaire de misère

et une santé délétère,

Je navigue au service

De sa majesté

Le président,

Toutes voiles devant,

Pour très peu d’argent.

Peu payé

Pour le service rendu,

Je suis exploité

Au milieu de la guerre,

Et pas le droit

De se révolter,

La mutinerie

Est punie.

Je n’ai guère le choix,

Je vogue,

Vers où,

Je ne sais pas.

Le corsaire

Que je sers

Fait fortune

Sur les mers.

Je ne représente rien

Dans le cœur des puissants,

Mais pour les pauvres

Je suis grand.

Je suis du tempérament

De ceux qui font régner l’ordre

Sur les océans,

Qui ne refusent pas un ordre

Au firmament.

Derrière la trace

De ces capitaines d’autrefois,

Ces géants,

Je veux gagner

La bataille navale

En mer Méditerranée,

Ce serait si payant

Et si attrayant

D’être ainsi remercié.

 

 

LA FEMME QUI DISPARAIT

Je l’ai vue

De façon fugace,

Elle m’a ignoré,

M’a fermé

La porte au nez.

Dieu que cette femme

Est belle,

Elle a allumé ma flamme,

Je veux être

Avec elle.

Je perds sa trace

Au coin de la rue,

Reste son parfum

Qui embaume mon nez.

Elle n’est plus qu’un souvenir

Mais je ne l’oublie pas.

Je rêve de suivre ses pas.

Je continue mon chemin,

Rêveur, je traverse le square,

Et ô que le monde est merveilleux,

Je la retrouve dans le jardin d’enfants,

Un bambin dans les bras.

Serait-elle mariée ?

Tant pis pour moi,

J’ai envie de passer mon tour,

Car je ne vole pas

Les femmes mariées.

C’est alors qu’elle passe près de moi,

Son portefeuille tombe

De son sac à mains.

Téméraire, je lui remets dans la main.

Le charme opère,

Je lui propose d’aller prendre un café,

Elle ne refuse point.

Je lui parle de moi,

Elle rit, elle commente,

C’est comme si nous nous connaissions

Depuis longtemps.

J’apprends qu’elle est seule

Avec son marmot,

Alors je lui chante ma sérénade.

Je lui demande de la revoir,

Elle me dit à plus tard,

Mais l’existence m’a prise à partie,

Elle a disparu définitivement.

Je pense sans cesse à elle,

Nous ne nous sommes

Jamais revus

Mais son souvenir est éternel,

Ses phrases résonnent

Dans mes pensées,

Elle m’a donné

La force de surmonter

Les dégâts de ma vie,

Cela me suffit.

 

 

MA PETITE FURIE

Ma petite furie,

Tu m’as bien

Pourri la vie.

Pars, maintenant, pars

Avant qu’il ne soit

Trop tard.

Notre union

Sous les cieux

N’a plus d’avenir,

Rien ne peut

Nous convenir,

Je t’aime encore,

Je ne te veux pas

De mal.

Je suis pâle

A l’idée

De ce que tu vas affronter,

Je n’ai pas le choix,

Je dois te laisser,

Puisses-tu me pardonner

De t’abandonner.

Sinon, c’est moi

Et mes armées

Qui vont sombrer

Et ça m’est inconcevable

Dans ma patrie.

Tu ne sais pas

Ce que tu veux,

Mais moi je désire

Un avenir

Et c’est là-bas,

Loin de toi,

Que je le trouverai.

Adieu,

Ma chérie,

Bon courage

Dans la vie.

 

 

PRINCESSE DES VILLES, PRINCE DES CHAMPS

Princesse des villes,

Prince des champs,

Vous vivez séparés

Par ce haut mur,

Comment allez-vous

Vous rencontrer ?

La petite souris

A son trou

Dans la pierre,

Elle prépare

Un élixir d’amour

Qui fait tomber les montagnes,

Ouvrir les océans.

Elle profite de l’anniversaire

Du roi

Pour ouvrir les portes

De la forteresse amour,

Les deux tourtereaux

Se donnent l’un à l’autre,

Se découvrent l’un pour l’autre.

Alors commence une grande histoire,

Celle d’une nation

Où le citadin ou le rural,

Ouvrier ou agriculteur,

Bourgeoise en ballerine

Ou paysan avec ses sabots crottés,

S’unissent dans un ralliement

Indéfectible.

Des prés aux clochers,

Bergères ou hommes d’affaires,

Tous font partie

De la fratrie,

Alliés par l’union sacrée

Du prince et de la princesse,

Lien entre les habitats,

Où qu’ils soient,

Quel que soit

Le pouvoir d’achat

Des citoyens,

Car ils voient leurs lendemains

Dans un avenir serein.

 

 

 

POUR QUI SONNE LE GLAS

La vieille sorcière

Avait déclaré la guerre

A la terre entière.

Elle ne supportait pas

Sa laideur,

Et voulait l’élixir de jeunesse

De la princesse

Du royaume.

La marâtre

Monta une armée

De cavaliers

Avec les sous qui lui restaient,

Ils étaient chargés

De voler

Le lait divin

De la jeune femme.

C’était le dernier combat

De l’horrible dame,

Elle avait perdu tous les autres,

Tous ses pouvoirs de nuisance

Avaient été contrés.

Si elle réussissait,

Elle aurait le monde à ses pieds.

Substitué le fameux élixir,

Elle se l’appliqua,

Se regarda

Dans le miroir

Et pour ce jour

Elle était devenue la plus belle.

Elle séduisit le prince,

Ils allaient se marier

Car celui-ci était conquis.

Ils allèrent à l’église

Mais le curé

Qui était au courant

De la terrible machination

Avait mis dans l’Ostie

La révélation

Des voleurs de Dieu.

Vous comprenez,

On ne vole pas

La boisson du Saint-Esprit.

A midi,

La sorcière reprit son ancienne forme.

Sa laideur fit fuir

Toute l’assemblée

Et le prince charmant

Lui assenât le coup final,

Le coup fatal.

La guerre cessa.

Le prince et la princesse

Se marièrent

Et eurent beaucoup d’enfants.

 

 

 

LE LAPIN AUX PRUNEAUX

Le lapin

Est une hérésie

Dans la marine

Mais sur un bateau

On aime les pruneaux !!!

Alors, j’ai décidé

D’allier

Ces deux aliments

Avec un peu

De vin blanc.

C’est maman

Qui me demande

Ce plat

Pour dimanche midi.

S’il n’y avait que moi,

J’aurais fait

Une dinde aux marrons,

Mais je n’ai pas le choix,

Elle a décidé,

Point final.

Je fais revenir le lapin

Mais la bouteille

Me tend les bras.

A chaque petit verre bu,

Je retourne la viande

Et à la fin

J’ajoute les pruneaux.

Mais au moment

D’ajouter l’alcool,

Je me rends compte

Qu’il n’y en a plus assez.

Comme c’est l’heure

De l’apéro

Et que nos invités

Commencent à s’impatienter,

Je vais à la cave.

Pour être plus sûr de moi,

Je prends deux bouteilles,

Une pour la cuisson,

Une pour nos gens.

Il faut dire

Que je ne suis plus très frais.

Je prends alors par mégarde

De la gnôle,

Je retourne à mes fourneaux,

Une petite rasade,

Dieu que c’est bon,

J’y retourne

Et en même temps,

Plus très perspicace sur les doses,

Je verse le reste dans la cocotte.

Un bon feu vif

Puis je sers le tout.

A voir la bouche enflammée

De nos invités,

Je doute que j’ai fait une bêtise,

Mais moi je le trouve très goûteux

Mon plat ainsi cuisiné.

Je me ressers, encore et encore,

Si bien qu’à la fin,

Repus et bourré,

Je quitte l’assemblée

Et je monte me coucher.

J’ai fait pour la marine

Une concession

Mais c’est l’exception

Qui m’a fait gagner,

Car la bonne nouvelle,

Dans cette histoire,

C’est qu’on ne les reverra plus,

Ces voisins de mauvais augure.

 

 

 

LA PEPITE QUI GROSSISSAIT

C’était une pépite

Qui grossissait

Tous les jours.

Au cœur en or,

Elle faisait saliver

Les plus avides.

Elle poussait

Dans le pré d’Eddy,

Qui l’arrosait

Régulièrement,

Amoureusement.

Il ne savait pas

De quelle planète

Elle était tombée,

Mais il ne se posait pas

De questions.

Un jour,

Un voleur

En tailla un petit morceau,

Mais il fut mangé

Par ce petit bout.

Le roi, gourmand,

Voulut prélever

Son impôt,

Il envoya un cavalier

S’accaparer

De la moitié

De la pépite,

Ainsi meurtrie.

Alors s’abattit

Sur le pays

De grands malheurs,

Car l’amour grandissant

Que symbolisait le rocher

Avait disparu.

Au pays

Arriva la guerre,

Où toutes les convoitises

Voulaient leur morceau.

Le chevalier Harrods

Remporta la bataille

Lorsqu’il décida

De partager ce magot

Avec les pauvres

De la contrée.

Alors la paix revint,

Le rocher cessa de grossir,

On en fit une statue

En l’honneur des dieux.

Tous les conflits cessèrent

Car le vaniteux roi

A l’origine des batailles

Purgea sa peine

Dans les prisons du pays.

 

 

 

LA PROMESSE DE L’AUBE

La pauvreté

Et la misère humaine

Ont reculé

Dans le monde,

Heureuse nouvelle,

Tant mieux si la terre

Est féconde.

Mais que de malheureux

Nous envient,

Ceux qui ont moins

Que mon petit salaire,

C’est-à-dire presque rien.

La richesse totale augmente

Mais ce sont toujours les mêmes

Qui ont le plus d’argent.

Point de révolution

A l’horizon

Pour ceux qui subissent

Faim et torture,

Absence de nourriture.

La planète va mal,

Mais soyons optimistes,

C’est mieux qu’autrefois,

Au moins ça ne peut pas être pire.

Je pense à toi

Et ça me fait du bien

De venir vers toi

Car moi l’écrivain,

J’ai le cœur serein

De t’aider

Dans ton quotidien.

Ce ne sont que des mots,

Mais tu t’évades

En me lisant,

Lis, petit homme, lis,

Ce sont les livres

Qui te sortiront

De l'impasse,

Ils ne remplaceront pas l’eau,

Mais donnent la satisfaction,

L’éducation

Etant un remède

A tous les maux.

C’est un cadeau

Fabuleux

Que je te fais

Pour que tu deviennes heureux.

Bientôt,

Nous aurons tous du pain,

Car la mère nourricière

De nous prend soin.

 

 

 

VOYAGE

Le voyage

Touche à sa fin,

Nous étions

Si biens,

Tu me parlais,

Je te répondais,

C’était le rêve

De se laisser bercer

Dans cette cabine

Usagée,

Un refrain désuet

A l’ère

De la modernité.

Nous avons pris notre temps,

Un luxe

Dans cette société,

Quel calme

Et que de beauté

A travers la vitre !!!

Sentir la volupté

Des paysages traversés,

C’est le charme d’autrefois,

La société va si vite

Mais notre amour

A besoin de lenteur,

L’homme pressé

A fait de nous

Des albatros

Cloués au sol,

Dont se moquent les marins,

Imbéciles humains

Qui ne voient pas

Les dangers

D’une technique

Omniprésente

Qui menace

Nos rêves d’enfants.

 

 

 

LES FEUILLES MORTES

Feuille morte,

Tu annonces l’hiver,

Les fleurs disparaissent

En cette froide saison.

Tu n’es plus là,

Tu réapparaitras

Au printemps.

J’attendrai

Longtemps 

S’il le faut

L’explosion des couleurs

Venant avec les bourgeons

Et tout ce bonheur

Restera dans mon cœur.

La vie est une histoire,

Ce tableau magnifique

Que nul peintre

N’a su reproduire,

Que nul artiste

N’a réussi à décrire.

Le chant des oiseaux,

C’est la symphonie pastorale,

La musique me remplit de joie.

Au milieu du jardin,

Dame nature je te vénère

Avec les miens

Car tu apportes

Beauté et nourriture,

Calme et pâture.

Le jardinier

Met toute son énergie

A te soigner

Car tu es bien fragile,

La preuve à l’automne

Tu disparais,

Les animaux suivent

Ton long cours,

Sauvage tu es,

Sauvage tu resteras

Car tu es la vie,

Pré chéri.

 

 

 

COURIR

J’ai couru après une fille

Qui ne voulait pas de moi.

J’avais trente ans 

Et la vie devant soi.

Je voyais cette brindille

Et je voulais la garder

Pour mes jolis yeux,

Je n’ai pas écouté mon papa

Qui disait

Qu’elle m’emmènerait

Aux cieux,

Mais il est permis de rêver.

Comme il l’avait dit

J’ai bien failli

Y rester,

Alors maintenant j’en veux une

Que je garderai,

Un petit bout de nana

Qui me comblerait.

Cette petite hirondelle

Qui apporterait le printemps,

Ce serait la belle

Qui m’accepterait,

Femme de ma vie,

Ce serait la nouvelle,

Elle serait très jolie.

Elle serait largement

Plus abordable

Et adorable

Que la détestable

Petite puce

Que j’ai connue

A vingt ans,

Celle qui suce

Son pouce

Comme une enfant.

Je l’ai sortie de la brousse

Par ma personnalité

Et sans remerciements

Elle m’a jeté

En prison,

Sans émotions.

C’était la contravention

Que j’ai regrettée

Toute mon existence,

Tout cela

A cause de cette petite furie.

J’avais le cœur meurtri,

Essence

Du moteur

Des rancœurs.

C’était le râteau

Qu’on n’oublie pas

De sitôt,

Le mauvais pas

Des idiots.

Mais je la mettrai au sol

Avec mes idoles

Pour me venger

De ce temps perdu

A nager.

Qu’elle ne m’attende plus…

 

 

 

LE DIABLOTIN

Le diablotin

Dans son atelier

Préparait les coups

Qu’il pouvait faire

Aux anges.

Il dansait

Au milieu des flammes,

De la fumée

Sortait de ses oreilles. 

Il attirait ainsi

Les hommes faibles, 

Ceux que le péché

Attirait vers l’enfer.

De l’or, de l’argent, des femmes,

Rien ne manquait

Pour séduire

Les passants

Et les attirer

Vers les bas-fonds.

La bonne chair

Les retenait,

Ils ne pouvaient plus

S’échapper,

Imploraient Dieu

De les sortir

De cette mauvaise impasse

Mais il était trop tard.

Ils étaient marqués

Au fer rouge,

Sur l’enclume

Du sceaux de l’infamie

Et dans la brume

On entendait leurs cris,

Les vents rapportaient

Vers le village

Les nouvelles de ceux

Qu’on ne reverrait plus,

Puisse la bonté

Préserver

Ceux qui sont restés.

 

 

 

HELLO WORLD

Hello world,

Ici, c’est Blanche-Neige,

La sorcière

M’a endormi

Pour l’éternité.

Vous comprenez,

J’avais péché,

J’étais trop belle

Pour elle, 

La jalousie

Des égos

L’a conduit

A me haïr,

Moi si jeune

Et si jolie.

Je ne méritais pas cela,

Mon sommeil

Plonge dans le néant

Le monde d’avant

Et c’est le prince charmant

Que j’attends.

Il ne vient point,

Les sept nains

Ne sont pas sereins,

La pauvreté

Envahie la contrée,

Ma disparition brutale

Ferait mal

A la population.

Pour moi,

Princesse des cœurs,

Le cavalier

Arrive sur son cheval

Après avoir guerroyé,

Vous comprenez,

Le mal s’était répandu,

La belle-mère

Aurait obtenu

Son du

Quand le chevalier

M’embrassa.

Je sortis

De mon coma

Et l’enchantement

Envahie comme une fête

La végétation qui était endeuillée,

Les animaux sont émerveillés

Ils montent heureux sur les crêtes,

La nature se remet à bourgeonner,

A vivre, à renaître,

La marâtre,

Ayant constaté sa défaite,

Disparut dans les bas-fonds de la terre.

C’est une atmosphère

D’union, d’émotions

De fête

Avec tous ces messages

De congratulation,

De reconnaissance

Pour cette renaissance

Qui monta d’un peuple

Triomphant

Et dans l’avenir confiant.

 

 

 

LE VIEUX GRIMOIRE

J’écris

Mes émotions

De ma plus belle plume,

Dans le vieux grimoire,

Mon livre

A histoires

Mes pensées,

Mes remarques

Sont soulignées.

Je guerroie

Dans mes récits,

Ils sont ceux

De mes héros préférés,

Ceux du passé

Que je fais revivre

Dans la réalité.

Ils seraient dépassés,

Mais pas dépaysés

Car au fond

La tentation

De l’être humain,

Gloire et richesse,

Pouvoir et ivresse

Est toujours la même,

Les armes des anciens,

Crayons et papiers

Sont toujours d’actualité.

Ulysse, reviens de Troie,

L’homme est devenu fou,

Les mousquetaires sont trois,

Le quatrième arrive,

Robinson Crusoé

N’est plus tout seul,

David Copperfield

Ne volera plus,

Le Petit Prince a rêvé

De la paix des artistes

Et c’est Jean Valjean

Revenant du bagne

Qui va donner

Le coup d’épée,

Le coup final

Au mal.

L’amour de la littérature

A sauvé la patrie

Cette fois-ci,

Puisse-t’il en être

Toujours ainsi.

 

 

 

STOPPER LES MACHINES

Ma chérie,

L’avion se pose

Sur la piste.

On a bien castagné,

Ma foi,

Je suis bien content

De moi.

Maintenant,

Il faut se calmer,

Arrêter

De cogner.

Nous allons

Nous retrouver

Dans le hall

De l’aéroport,

Quelle émotion,

Un peu de raison.

Le bombardier

Est passé,

Il ne reviendra plus,

On ne le verra plus.

Maintenant,

Ne cachons plus

Nos sentiments,

Ma sœur

Dirait que c’est l’heure

De se marier,

Mais je ne peux point

A cause de mes armées

Auxquelles je suis lié

Pour l’éternité.

Mais nous pourrons

Cohabiter,

Il y a de la place

Pour deux,

Dans la maison

Des bienheureux.

Le pape

Fera sa bénédiction,

La raison

Des nations

Et un petit nourrisson

Naîtra de cette union.

Ceux de notre rang,

Les grands,

Les rois

Accompagneront

Notre foi

Pour la paix,

Le monde

Est bien fait.

La ronde

Des simples gens

Gronde

Lorsqu’il n’est pas

Satisfait.

Le peuple fêtera

Cet accord,

La musique,

C’est si important

Dans le cirque

Des innocents,

Dans la crique

Des hauts de vents.

 

 

 

L’ETOILE FILANTE

Elle ère

Au milieu

De l’univers

L’étoile filante.

Elle se désintègre,

Quelle triste fin

Pour celle qui fut 

La plus belle

Dans ce bal céleste,

Pour celle qui a tant brillé

Parmi les divinités.

Mais la danse

Du soleil

Ne s’arrêtera pas,

Il continue,

Il reborde

D’énergie

Pour éclairer

La vie,

Celle si courte

D’une humanité

Qui cherche dans la galaxie

L’origine de l’être.

Télescope sur les yeux,

Les enfants observent

Les cieux

Pour comprendre

L’existence,

La Constellation du Bélier

et la Grande Ours

Brillent sur la lunette.

L’essence

De leur recherche

Se trouve

A l’infini.

La lumière

A sa vitesse

Nous a appris

Comme une nouvelle

L’expansion des planètes.

Il ne faut pas qu’on s’arrête

De chercher Dieu,

Un jour on trouvera

Avec nos paraboles

Ce qui anime

Le mouvement

Du firmament.

En attendant,

Qu'on est bien

Sur notre bonne vieille terre,

la pierre angulaire

de l'être humain.

 

 

LE VIOLON D’EVE

Le long sanglot

Des violons

Monocordes

Monte à l’horizon,

En spectacle se donne.

Dehors,

Le temps est monotone,

Les nuages gris

Descendent sur la prairie.

Tu cours,

Toi ma puce,

Pleine de vie,

Une pomme à croquer,

Celle du péché.

Eva ma grande 

Le monde est devenu fou

A lier,

Tu dois me guider,

Me sauver.

Les feuilles mortes

Jonchent le plancher,

Souvenirs misérables,

Mais impérissables

Des temps passés.

Je te sens, je te serre

Dans mes bras,

Je veux te garder,

Ne jamais mourir,

Ne jamais vieillir

Après cela.

Tu es ma vie,

Tu es mon sang,

Dans mon cœur,

Cogne ton amour,

Il frappe fort.

Je t’enlace,

Ma petite,

Ce n’est que tu bonheur,

Le jour se lève,

Soleil timide,

Ciel humide,

Il fait si froid,

Nous allons

Nous calfeutrer

Près de la cheminée,

Nous y serons mieux.

Je te raconterai

Des histoires de géants,

Celles des personnages

Qui ont évité le néant.

Promets-moi

De ne jamais me trahir,

Tu dois

Obéir

Aux désirs

du temps.

Tu suceras

Dans ta gorge

Ton sucre d’orge,

Attention

A ne pas te casser les dents.

Sois sage,

Le feu crépite

Il rougit

Les joues

De ton visage

Si sympathique.

On jouera

Jusqu’au petit matin

A des jeux

De grands,

L’amusement

Des Dieux.

Au lit,

Ma belle,

C’est le moment,

Viens mon délice,

Viens mon pain d’épices.

 

 

 

LA BELLE FEMME

Je te vois courir

Nue sur le sable chaud,

Tu es si belle,

Je te remarque aussitôt.

Tu es si jolie

Que je ne suis rien

Dans tes yeux

Si bleus.

Tu te sèches,

Tu t’habilles,

Tu es si svelte

Dans ta coquille.

Tu comprends,

Cette robe te va si bien,

Moule tes seins,

Je te déshabille

Du regard,

Je voudrais

Que tu sois à moi,

Te toucher

Sans retard.

Il faut te mériter

Mais tu m’as allumé,

C’est que je te plais,

Dans la drague

Tu te complais.

Tu es magnifique,

As-tu le cerveau

Bien fait ?

Car je ne veux pas

D’une belle carrosserie,

Sans le moteur

Qui va avec,

Ces femmes là

Sèment le malheur

De leur air niais.

Dès que je te parle,

Tu réponds philosophie,

Ça y est, je suis pris

Dans ton filet,

L’amour me transcende,

Veux-tu m’accepter

Dans ton intimité.

Après une nuit d’ivresse

Je suis conquis,

Puisse cela durer

Toute une vie !!!

 

 

 

PETIT PRINCE

Petit Prince,

Ne verse pas

Ta larme

Dans le désert,

Ta rose

N’y pousserait

Pas plus.

C’est une arme

Qu’il te faut

Pour lutter

Contre le méchant

Serpent.

Ne crois pas

Qu’il t’épargnera

Parce que tu es

Un gamin !!!

Il mangera

Ton mouton,

Et la planète

Si tu meurs

Arrêtera

De tourner.

Mille soleils,

Tu as créés,

Qui vont entourer

Le lampadaire.

Le maître

De l’éclairage

Est homme d’affaires,

Sans foi,

Ni lois,

Il est là

A la recherche

De l’argent-roi,

C’est-à-dire

La lumière

Qui monte

Des ténèbres.

Petit Prince,

Lève-toi,

Toi l’enfant

Arrête la folie

Des grands,

La guerre

Que se font

Les puissants,

Stoppe

Les dirigeants

Qui nous mènent

Vers le néant.

 

 

 

DING DING DONG DONG

Le musicien joue,

Le musicien chante,

Sur cet air entraînant,

Il plaque les accords,

Une chanson dans le vent,

Qui plaira à ses groupies,

Autour de son piano,

Voici le ténor

Qui entonne

Bientôt

L’amour des notes,

L’amour des mots.

Avec le rythme autour.

Ce sont les paroles

D’une idole

Qui racontent

Sa jeunesse

Pleine d’ivresses.

Etre une star

N’est pas facile,

Les héros se couchent tard

Et ne sont pas dociles.

Peu importe,

Le compositeur

Est né pour l’interprétation,

Sa vie,

C’est la création.

Une œuvre

Naît sous sa plume,

L’artiste frappe sur son enclume

La portée

Forge dans la brume

Ses idées.

Ainsi vont ses pensées,

La liberté

D’inventer,

Précurseur

Des tendances

Dans le vent.

Seule la mort

Le fera taire,

La musique

Est son atmosphère,

Il a toujours une mélodie

A parfaire.

 

 

 

PETIT HOMME

Petit homme

En avait marre,

La paye

Arrivait trop tard,

Trop tard

Pour continuer

D’être exploité.

Qui allait

Le remercier ?

Il n’en savait rien,

Il courait

Vers le firmament,

Espérant

Décrocher l’étoile,

La plus grosse,

Si possible.

Ce gosse

Rêvait de l’impossible,

Ce présent

Qu’on tend

Au vainqueur,

Fruit

De son dur labeur.

Il suit la trace

De ces valeureux amiraux,

Une place

Dans le cœur des amoureux,

Ceux qui ont l’or,

Ce trésor,

Qui dort.

Il voudrait

Récupérer son magot

Que ses ennemis,

Dragons de feu,

Lui empêchent d’approcher

Sous peine d’être brûlé.

Alors il sort l’épée

Coupe la tête

De l’oiseau de malheur,

Et le monde enchanté

Vient comme un bonheur.

 

 

 

VOLE

Vole, mon ami,

Vole,

Pars, mon ami

Pars,

Avant qu’il ne soit

Trop tard.

Regarde

Ces millions de gens

Qui ne voient pas

Le soleil,

Ils fuient

La douleur,

L’horreur

De ce monde

Souterrain,

Celui qui les retient.

Comme une étoile filante,

Tu leurs montres

Le chemin,

L’oiseau part demain

Pour les pôles,

Il emmènera

Sur son dos

Les déçus,

Les vaincus

Par les canons,

Défaite qui bloque

Leur horizon.

Il ne leurs reste

Pas grand-chose,

Ils emportent

Ce qu’ils ont,

Et vont voyager

A travers la terre.

Ils prennent le dernier train,

Mais ils ne trouvent plus

De terre à cultiver

Les frontières sont fermées.

Où est cette fraternité

Que la République

A promise ?

Les racistes

N’aiment pas la promiscuité

De ces migrants,

Leur couleur de peau

Différente

Les effraie,

C’est l’autre qui gêne,

Celui qu’on voit

Comme un danger

Pour la société

Là où il peut apporter

Sa sensibilité.

Et si vous gardiez

Une petite place

Dans votre cœur

Pour l’étranger,

Juste un coin

Dans votre grenier ?

Le temps d’un repas

A partager,

Un peu de chaleur

Lorsque le froid est tombé,

Vous pouvez témoigner

A l’univers

Que vous êtes solidaires

Avec ceux qui n’ont rien d’autre

Que leurs sourires

Pour vous remercier,

C’est le meilleur cadeau

De l’humanité.

C’est le baiser

De l’amitié

Qui vient de rompre

Cette glace hostile,

La banquise,

Celle du monde d’avant,

La hantise

Du monstre des océans,

Cette bêtise

De rester dans le monde

Des enfants.

Reste à convaincre

D’accueillir dans son foyer

Les nécessiteux,

Les malheureux,

Sans distinctions

D’origines

Et de religions.

Alors on aura réussi

L’intégration,

Véritable défi

De la patrie.

Les mots

Liberté,

Egalité,

Fraternité,

Inscrits sur les frontons

De la République

Ne seront plus vains,

Ne seront plus seulement

Des paroles

Mais deviendront actes

Demain.

Le combat de boxe

Pour lutter contre les inégalités

Sera gagné,

Le champion

Fera un triomphe,

Il aura fait fuir

Les vieux démons

De ceux qui ne voient pas

Au-delà de l’horizon,

Il aura rejeté

La réticence.

Toute une résistance…

 

 

 

PARTIR

Les murs de ma ville

Sont si hauts

Que je dois les franchir

A coups de livres.

En face, il y a

Des soldats

Et leurs canons

Pour tout horizon.

Je leurs jette des mots

Pour les faire fuir,

Aussitôt ils me laissent passer, 

Ils me laissent passer :

Ma plume a gagné.

Héros ordinaire,

Je me plais à rêver

Aux douceurs

D’un jardin enchanté,

Un bonheur

Partagé

Avec ceux qui m’ont aidé.

J’irai là-bas,

Mille pièges sont là,

Je volerai

Au-dessus,

Pour atteindre

Ce paradis,

Ce lieu

De toutes les envies.

Rien ne me retiendra,

Même pas toi,

Je veux ce toit,

Accompagne-moi.

Cette nouvelle vie,

Ma conquête de l’ouest,

Je la désire tant,

Tu ne peux pas

M’en priver.

Je grimperai

En haut des gratte-ciels,

Je saluerai l’éternel.

Avec ce recommencement

Au milieu des nuages,

Le soleil sera mon firmament.

Ma douce, j’y vais

Malgré tes réticences,

Attends-moi,

Je reviendrai te chercher

Fortune faite,

Ce sera la fête

De nous, petites gens

Qui auront réussi

Pour continuer notre vie.

 

 

LA COLERE DES OCEANS

Malheureux,

Que dis-tu !!!

Tu as provoqué

Les divinités

En pleine tempête,

Les cieux

Sont bien sombres,

L’ombre

Du néant

Droit devant !!!

Mousse,

Redresse la barre,

Le navire gîte

Sur l’océan,

Capitaine,

Je n’ai jamais vu

Un tel ouragan !!!

Attendons

Que le vent

Se calme

Nous virerons

A tribord

Si dieu le veut.

Prions

Pour que nous arrivions

Au port

Au complet,

Les éléments déchaînés

Vont bien se calmer,

Regarde, le temps tourne

Vois-tu le soleil poindre

A l’horizon ?

Le coup de tabac

Va passer,

Cette fois-ci encore

La mer nous aura

Epargnés.

Nous déposerons

Un ex-voto

A la vierge Marie,

Grâce à qui

L’équipage a survécu.

Les flots

Ont leurs lots

De chance,

De hasard,

D’incertitude,

C’est l’un des derniers endroits

Où dame nature

Dicte sa loi.

 

 

LES HAUTS DES HURLE-VENTS

Le champ des Amériques

Est celui des sirènes

Aux hurle-vents.

Les loups chassent

Sur la banquise

De ce lac gelé

Par les vents du Nord.

Bienvenue chez moi,

Le temps d’un thé,

D’un café

Bien chaud.

Nous parlerons

De futilités,

Oublions

Les sujets sérieux

Et l’actualité.

Comment va la tribu

Et le petit dernier ?

Je me soucie de vous

Car je sais

Que vous allez mal,

Par ces temps difficiles.

Joindre les deux bouts

N’est pas chose facile !

Les gens se méfient des autres,

Voyez toutes ces bombes,

Et ces dirigeants, des menteurs,

Une hécatombe…

Pas de politique,

J’avais dit !!!

Je suis désolé

Mais les sinistrés

N’attendent pas l’été

Avant d’être oubliés.

Allez, aimez-vous,

Ça ira mieux demain,

Un cœur en chocolat

Plein les mains…

 

 

 

SOLEIL D’HIVER

Soleil d’hiver,

Tu tombes

Sur la coupole,

Ton ombre jaune

Eclaire

A peine l’atmosphère.

La chaleur de l’été

A disparu,

Maintenant

Nous nous emmitouflons

Car nous redoutons

Les vents glacés

Sur nos cache-nez.

Petit,

Regarde cette statue

Gelée par le froid.

Elle affronte

Ce souffle puissant

Venu de Sibérie.

Quand l’anticyclone

Nous quitte,

Nous nous sentons

Abandonnés

Par les dieux du ciel.

Depuis des millénaires

Nous les redoutons,

Ils font la pluie

Et le beau temps.

Mais le bonheur présent,

C’est de faire

Un bonhomme de neige

Qui fondra au printemps.

La brume monte,

Ma mie, rentrons

Nous serrer

Au coin du feu

Dans la chaleur

De la cheminée.

 

 

LE PERE NOEL

Le père Noël

Est arrivé,

Dans ma lettre,

J’ai demandé

La victoire.

Je l’ai reçue,

Mais au nom

De quoi,

Je ne sais pas,

Car elle est

Endeuillée

D’un sang

Impurement

Versé,

Celui des victimes

Oubliées.

Alors je me recueille,

Le temps du deuil,

Et je savourerai

Ma médaille

Plus tard.

Le champ de bataille

M’effraie encore,

Comprenez il est si brutal.

Mais je triomphe,

J’ai la gagne

Dans les veines,

Rien ne m’arrêtera

Au firmament.

Mes camarades

Tombés au combat

Seront honorés,

C’est pour leur nom

Que je me suis battu,

Pour que leur mort

Ne soit pas vaine.

Nous poserons des fleurs

Avec le mot « justice »

Ecrit sur leurs tombes.

Les bombes

Ne tomberont plus,

L’ennemi

Sera partout poursuivi,

Jusqu’à l’extinction

De la rébellion.

 

 

L’AMIRAL

L’amiral

Etait heureux

Sur la passerelle,

Il était victorieux 

Au nom

De la Nation 

De la bataille navale

Qui s’était engagée,

Au son des canons,

Sous les cieux

Avec le puissant

Ennemi.

Mais il avait

Les meilleurs

Navires de guerre,

Comme il était

En infériorité numérique,

Qu’à cela ne tienne,

Il appliqua sa tactique,

Celle qu’il avait imaginée,

Dessinée et notée

Sur son livre de bord.

C’était un artiste militaire,

Son cahier

Etait celui des routes maritimes,

Mais aussi un recueil

De poésies

Et d’essais littéraires.

On retiendrait de l’amiral

Sa plume

Et son enclume.

Son bateau

Fendit les flots,

Sonna la corne de brume

Pour annoncer

Son arrivée

Dans la rade

Et celle

De tous ses camarades,

Ses marins qui ont fait

Et gagné la guerre

Pour la patrie.

Quittant le ponton,

Ils vont rejoindre

Pour Noël

Leur petit foyer

Tant désiré.

Libres ils étaient,

Libres ils partiraient,

Demain,

A la conquête du monde

Répandant

Par les océans

Les valeurs

De leur pays…

Chéri.

 

 

LE CHANT DES LOURDS MARTEAUX

Le chant des lourds marteaux

Monte dans les airs,

L’ouvrier forme l’acier

Sur son enclume,

Dehors c’est la brume,

Lentement l’objet se forme,

Une pièce de mécanique

Qui viendra parfaitement s’ajuster

Dans l’ensemble ainsi monté.

La modernité a envahi l’atelier,

De nouvelles machines

Vont remplacer les bras des hommes,

Le contremaître donne ses ordres,

Petit chef d’une armée

Qui peut construire

Poutrelles et canons.

La cheminée crache sa fumée,

Les temps modernes

Remplacent les vieilles machines,

Mais l’homme reste

Pour piloter ces monstres.

De petits génies

Ont inventé l’arbre à cames,

D’autres suivront,

Mais jusqu’à quand,

Quand cesseront

Ces inventions

Qui asservissent l’homme,

Simple marionnette

D’une usine automatique.

La révolution industrielle

Est en marche,

Attention à ce que les travailleurs

Gardent le contrôle

De leurs tours et de leurs presses,

Sinon c’est la révolte des sans-noms

Devant un sombre horizon.

 

 

 

LA DAME DE CŒUR

La dame de cœur

Aime le roi de pique,

Qui après son labeur

Tend à la critique

De l’as de carreau

Qui domine bientôt

La partie,

C’est le plus fort,

C’est dit.

On aurait tord

De ne pas jouer aux cartes,

La belote écarte

Les belligérants

Ces migrants

Du monde.

La ronde,

Note de musique

Ou danse antique

Fait valser

Au gré des sensibilités

Ce qu’on retiendra

Dans tout ce fatra.

C’est que l’homme invente

Et qu’il met en vente

De quoi s’étonner,

Mais quand il est sérieux,

Il est laborieux.

Mais dès qu’il le peut,

Part s’amuser,

Ce n’est pas souvent,

C’est dans le vent,

Et le valet

Signe la fin

De la partie,

S’il vous plaît,

Empochez

Le gain.

L’artiste

Est remercié

Il est triste,

Car cette fois-ci,

Il a perdu,

Mais la paix

Est revenue

Rue des Parfaits.

L’accent circonflexe

Est perplexe,

Finalement,

Il a atteint

Le firmament

Sous la plume

De l’écrivain…

Enfin.

L’enclume,

Corne de brume

Sonne la fin du combat,

Sous les coups de marteau

Dans les bras

Du forgeron.

Bientôt,

Nous irons,

Ma chère,

Heureux

Et fiers

Au milieu

Des flots

Et des étoiles,

Ces feux de joie

La toile,

Des cieux ici bas.

 

 

 

REFUGIES

Réfugiés de guerre,

Réfugiés politiques,

Réfugiés économiques,

D’Erythrée

Ou de Syrie,

Vous fuyez la misère humaine.

Certains vous rejettent,

D’autres vous accueillent,

Bras ouverts.

La République

Devrait ouvrir son cœur

Pour vous intégrer,

C’est dans nos gènes

D’aider.

Un logement,

Un peu de nourriture,

Vous pourrez repartir

Dans une nouvelle vie.

Oubliez les « qu’en dira-t’on »,

La méfiance de l’autre

Est le moteur des racistes.

S’intégrer,  c’est aimer

Ce pays d’accueil,

Une patrie, une fratrie,

Dans laquelle vos enfant

Vont apprendre,

Dans laquelle

Vous allez travailler.

Car il s’agit de cela,

Vous êtes chez vous,

Faites comme avant

Mais dans la paix

De la Nation.

Dieu ne voudrait pas

Que ses enfants soient laissés

Sur le côté.

Que de dangers traversés

Pour atteindre la terre promise !!!

Vous les opprimés

Vous avez lutté,

Acceptez les dons

De ceux qui sont installés,

La bonté est gratuite,

Profitez-en,

Vous rebondirez,

Découvrirez

Notre merveilleux pays.

Loin des bombes,

Loin des canons,

Vivez l’aventure,

N’oubliez pas

La chance qu’on vous a donnée.

Comme des millions de gens

Avant vous,

Roumains, italiens,

Polonais ou portugais,

Vous ferez la fierté

D’une société

Cosmopolite

Et intégrée.

Votre diplôme

Sera votre sésame,

Vivez, travaillez

Pour vos enfants

Qui étudieront avidement

La langue et l’histoire

De ce nouveau pays,

Nous l’avons désormais en commun,

Notre patrie.

 

 

NEWSPAPER AND SONGS

Le journal

A annoncé

Qu’on avait gagné.

Le type à la télé

Egrenait la victoire

Au milieu des pubs.

A la radio,

Les jeunes écoutaient

Un tube.

Dans l’indifférence

On s’était battus

Et la différence

Etait venue

De nos armées.

Alors un peu de reconnaissance,

SVP,

Même si la guerre,

C’est sale.

Le communiqué

De l’armistice

Mettait tout le monde d’accord,

Mais l’arrêt de la guerre

Ne signifiait pas

La fin des hostilités

A travers le monde

Et la fin de ces attentats

Qui avaient secoué

Un pays

Meurtri.

La division était encore

Profonde,

La victoire peu y croyaient,

Il faudrait encore une année

Avant que la population

Ne fasse la fête

Sur des chansons populaires,

le conflit l'avait traumatisée.

Les artistes

Qui s’étaient battus

Pour les libertés,

Avaient remplacé Woodstock

Par un hommage au Bataclan,

Désormais temple

Du non aux atrocités.

La situation était confuse,

Les terroristes pouvaient

Encore frapper

Même si la plupart des ennemis

Avaient été éliminés.

La population

Fatiguée

Ne criait pas de joie,

Au défilé des soldats,

Comme à la libération en 1945,

Mais se recueillait humblement

Sur les endroits du sang versé,

Aux victimes à ne pas oublier.

Finalement, ils étaient aussi dignes

Que les résistants

Face aux allemands.

 

 

 

LES DIEUX DU STADE

Et si la vie

N’était qu’un jeu,

Un seul gagnant,

Mille perdants,

Ce serait le Monopoly

De l’existence.

Vivre

Ou survivre,

La devise est crue,

C’est pourtant

La réalité,

La course au grand large

De nombreux citoyens,

Fourmis ouvrières

D’une décadence

Qu’on avait oubliée.

Oubliée,

La solidarité,

Oubliée,

L’égalité,

Chacun pour soi,

Que le meilleur gagne,

Voilà la triste réalité

D’un monde

D’où l’humanité a disparu

A cause d’une compétition accrue.

Messieurs dames,

Vous avez perdu

Au grand loto

De l’aventure.

Mais rêvez,

La real TV,

Vous a gavé

Avec ses jeux olympiques

Du quotidien,

Qui se retrouvent

Sur vos tablettes

Oubliant l’esprit cher

Au baron de Coubertin.

Car finalement,

Le compatriote

Est bien plus combatif

Que ces gladiateurs

Des temps modernes

Dressés à la victoire,

Motivés par l’or

Au bout de la piste,

Payés des mille et des cent,

Quels que soient les gagnants.

Battez-vous,

L’honneur est en jeu,

Et même plus

Car votre victoire

Est celle de vos soutiens,

Ces supporters

Qu’il ne faut pas décevoir,

Acteurs d’un gain

Incertain

Jusqu’à la fin,

Le coup de sifflet final,

Ce coup fatal

A l’ennemi

Ainsi enseveli.

Ainsi allaient les romains

Dans les temps anciens,

Dans leurs cirques

Où la mort rodait

En même temps

Que la consécration

Des survivants.

Ainsi va

Le monde contemporain

Avec le sport,

Argent roi,

Et ses rois

Idolâtrés,

Dieux du stade

Avérés.

César, empereur romain…

… Et titre désiré,

Dans un jeu créé

Pour plaire

A la ménagère

Devant son poste de télé !!!

 

 

 

PRETTY

You are so pretty,

So beautiful,

But you are so angry,

So awful.

You have two sides

On your face,

One I know,

One I don’t know,

Sometime happy,

Sometime unhappy,

Sometime you are white,

Sometime you are black.

You go somewhere,

A place nowhere,

Where you would like

With me your uncertainty.

Some say I am mad

To follow you,

But the days

I have your sunshine,

The nights

I have your moonlight.

I have the strange feeling

The god and the evil

Fight in your body,

I should flee you,

My baby,

But I can’t

Because of the pact

I have sworn

To be yours,

My love.

Your entire fad,

I will bear,

And finally

I could be

The final victim

Of you and me,

But I am ready,

My darling.

I am yours forever,

Be sure that

What will divide us

Will be only death

And nothing else matter.

Your love is a fire,

When the house

Is in danger,

Strangely

You feel better

Because I am nearer

Of what you need,

A huge protection

Of my body.

I do it

Because

You are the center

Of my world,

Else I would have gone

Since a long time,

Sugar.

 

 

 

APESANTEUR

L’astronaute

Est dans son

Scaphandrier.

Il est comme

Une bulle d’air

Naviguant dans l’espace,

Il est comme

Un bateau

Sur les flots.

Il est libre,

Il vole,

Comme un oiseau.

L’apesanteur

Le rend léger,

Il a intérêt

D’avoir le cœur

Bien accroché,

Il ne sent plus

Le poids de son corps,

Il se sent léger.

Tous ces efforts

Qu’on lui avait fait faire

Sur terre

Il les fait sans mal,

Car il n’y a pas

De gravité.

En l’air,

Il pilote ses propulseurs

A l’aide de son joystick,

C’est le jeu

Des aventuriers

De l’infiniment grand

Qui s’offre à lui

Aujourd’hui,

Il doit réparer

Un panneau solaire,

Une mission précise

Qui nécessite

Sa dextérité.

Dans une piscine,

Il s’était longuement entraîné,

Il nage désormais

Comme un poisson

Dans le vide intersidéral.

Maintenant,

Il doit entrer

Dans la station,

La magie est terminée.

Ce rêve de gosse

De virevolter

Parmi les étoiles

S’est réalisé,

Son désir

Le plus fort,

Le plus fou

A été exhaussé,

Il ne revivra plus jamais

Des moments pareils.

Il profite de ses derniers instants

A regarder la splendeur

Du coucher de soleil,

Vu d’en haut,

Qu’elle est belle

La planète terre.

Comme une libellule,

L’astronaute se fixe sur place,

Puis se glisse

Dans le sas

De l’appareil.

Une fois dans la station,

Il fait part de ses émotions.

« Mission accomplie

Mon commandant,

J’ai navigué

En l’air,

Les panneaux solaires déployés

Comme au temps de Christophe Colomb,

Toutes voiles dehors

Naguère.

Nous avons

Tant à apprendre

De l’univers,

Un jour nous y irons en route

Vers les planètes,

Ces terres inconnues. »

C’est alors qu’à la radio :

« Ici Houston,

Beau travail les gars,

Nous avons gagné

Grâce à vous,

Et votre ténacité,

Revenez

Par la prochaine navette,

Vous serez accueillis

En héros

Par la terre entière,

La route est ouverte,

Mettez les gaz,

Si les boulons tiennent,

On ira bientôt sur Mars »

 

 

 

L’OR, LA GLOIRE ET LES GENS BIENS

Les moteurs de l’homme

Sont l’or, la gloire,

On n’y peut rien,

C’est comme ça.

Ceux qui s’opposent

A l’argent roi, 

Aux coups d’éclats,

Sont les anonymes

Du quotidien

Qui améliorent

Le genre humain.

Ce sont ceux

Qui veulent être

Des gens biens.

La richesse est autorisée,

Les capitalistes

S’y sont engouffrés.

Les découvertes

Sont des avancées

Adulées.

Pour s’occuper

Des pauvres gens,

Des oubliés,

Reste l’humanité

Et le courage

De certains

Qui bravent les dangers

Dans les pays

Où le confort de vie

N’est pas arrivé.

Ils sont plus nombreux

A devenir riches,

Ils sont encore plus nombreux

A rester pauvres.

Si l’or et la gloire

Servaient à atténuer

Les souffrances

En combattant

Le mal à sa source

Alors l’homme

Deviendrait grand,

L’avancée,

Un pas de géant,

La civilisation,

La fin du néant.

 

 

 

PRIVATIONS

La faim,

La soif,

Les privations

Dans le froid

Etaient le lot

De ces guerriers 

Ou explorateurs

Qui nous ont précédés.

La médecine

Etait absente,

La souffrance,

Présente.

Les marins

Risquaient tout

Pour quelques sous.

C’était une autre époque,

Sans confort,

Sans sécurité,

Faite de misère

Et de cruauté.

Mais pour certains,

Aujourd’hui,

Rien n’a changé.

Dans nos pays modernes,

Evolués,

Nous vivons bien,

Mais ailleurs,

Les peuples

Ne sont pas sereins.

La technologie

Et les découvertes,

Moteurs de l’homme,

Rencontrent

Et affrontent

Les traditions,

Les civilisations,

Les religions.

Mais les explorateurs

Seront toujours là,

C’est dans les gènes humains

De repousser les limites

De l’infiniment petit,

De l’infiniment grand.

Des abysses

Aux cimes,

On loue les nouvelles

Conquêtes de l’homme,

Leurs conquistadors

Sont des héros,

Leur résultat,

C'est de l'or.

Au-delà des connaissances,

C’est un combat permanent

Que mène l’homme

Avec son environnement.

Il a exploré

Dans l’angoisse de l’inconnue,

A toujours eu peur

De briser son voilier.

Maintenant,

Ce sont des vaisseaux spatiaux

Et des laboratoires high-tech

Qui sont les caravelles

Des temps modernes.

 

 

 

LE PASSAGE DU NORD OUEST

Le vent glacial

Balayait la banquise,

Les icebergs

Entouraient le navire,

Tels de menaçants

Cailloux,

Qui allaient

Risquer

De rompre sa coque.

C’était l’aventure,

Il y a bien longtemps,

On découvrait

Les mers du globe,

La soif de découvertes

Animait les hommes.

L’équipage doutait

Mais il obéissait

D’une seule voix

Au valeureux capitaine.

La mission allait échouer

Quand il prit la bonne route.

Il découvrit alors

La mer qui porte désormais

Son nom.

Mais que de morts, 

Sur le bateau, 

Le froid

Avait emporté

Les plus vulnérables.

A un moment,

La mutinerie

Avait menacé,

Dans l’adversité,

Chacun pour moi

Mais tous pour un.

Heureusement, ô miracle,

La terre fut trouvée.

Le commandant

Avait gagné

Son pari,

Tout à son honneur

Pour la patrie,

Qui oublia ces hommes

De l’ombre,

Ces pauvres types,

Embarqués

Malgré eux

Dans la tourmente.

Le cahier de bord

Racontait la vie

De l’intrépide capitaine,

C’était la preuve

De son trajet.

Après ces explorateurs,

Les hommes

Allaient tisser leur toile

Sillonner les océans,

Les éléments

Constituaient désormais

Les contours

Du monde connu,

Ces verrous

Que ces précurseurs

Avaient brisé.

Bien plus tard

On glorifierait

Ce qui fut

Une aventure difficile,

Pleine de suspens,

Et les successeurs

Craindraient toujours

Le grand froid,

Celui qui avait menacé

Les marins les plus décidés.

L’histoire retient

Ces valeureux bonhommes,

Qui permettent aujourd’hui,

Boussole à la main,

D’aller et venir.

Le compas nous évite

Les dangers toujours présents,

Des océans déchaînés,

Comme autrefois les éléments

Sont maîtres après Dieu,

Mais cette fois-ci

Nous connaissons

L’horizon.

C’est là où nous allons

Guidés par les cartes

De nos valeureux ancêtres,

Aujourd’hui naviguer

Est à la portée

Des plus aguerris,

Ce n’est plus une lutte,

C’est un sport.

Comme autrefois,

La préparation,

La chance

Et la persévérance

Seront les secrets

De la réussite

De la mission,

Nous vous préviendrons

Quand nous arriverons,

Ma chérie, attends moi,

ton époux reviendra.

Aujourd’hui,

Les étoiles

Qui guidaient

Ces marins

Sont les nouvelles

Conquêtes

Du genre humain,

Ce qui les fera rêver

Demain.

L’homme sera toujours

Curieux,

Inventeur,

Créatif,

Songeur…

Il cherchera toujours

A dépasser

Les frontières

Qui le limitent…

 

 

 

LE SANG ET L’ARGENT

Le sang

Et l’argent

Provoquent

La misère

Du monde,

Evoquent

La souffrance

Des pauvres gens.

Ces défauts

Sont liés

Par cette amitié

Indéfectible,

Celle de dominer

L’humanité.

Pourtant,

Le sang

Et l’argent,

Ces alliés

Pour les sinistrés,

Ne rendent pas heureux.

Tout au plus satisfont-ils

Les désirs

Des plus orgueilleux.

Mais l’homme est ainsi fait

Qu’il succombe

A ce miroir

Agit pour mieux se voir.

Riches et puissants,

Chefs des ignorants,

Sachez que l’opinion

Se réveillera,

J’en suis sûr,

Se révoltera

Contre cet état.

Mais pour quel avenir

Au juste ?

Que les attend-il

Quand il n’y aura

Plus de colère

Sur terre ?

D’ailleurs,

La paix des possibles

Paraît impossible,

Espérer,

C’est oublier

Que l’homme

Est un loup pour l’homme,

Mais pour nos enfants,

J’ai le droit de rêver

A un monde meilleur,

Plein d’amitié,

Où les égaux

Seraient rabaissés.

Rêve, doux rêve,

Pinces-moi,

Je ne plus supporter

L’actualité,

L’argent

Est exploitation,

Le sang

Est extermination.

Chers compatriotes,

Réfléchissez

A ce que vous voulez,

Moi j’ai fait mon choix,

Je dénonce la misère,

Je fais mes adieux

A la résignation,

A la terre je dis :

« Objection ».

 

 

 

L’ESPOIR

Le temps

Est à l’orage,

Les nuages

Sombres

Surplombent

La place.

L’horizon

S’obscurcit,

J’allume

Une bougie,

L’espoir

De sortir

Du noir,

Du désespoir.

Ce soir,

Je romps

Mes chaines,

J’emmène

Ma geôlière

Avec moi.

La promiscuité 

De ma prison

Nous a liés,

Nous irons ensembles,

Pour l’humanité.

C’est une histoire

D’amour

Peu banale,

Celle du blanc

Et du noir,

De l’oppression

Et des libertés.

Mais je l’aime,

Cette obscurité,

Allons, vous pleurez,

Mais je vous ai

Libérés

Par ce mariage

Où Dieu et le diable

Se sont rassemblés,

Vont-ils s’entretuer,

Nous divorcer ?

L’avenir nous le dira,

Vous saurez

En regardant

Le vol des oiseaux,

Des canards sauvages,

En partance pour le Grand Nord,

Le présage que les ondes

Nous aurons laissé.

 

 

 

VOYAGES

De New York 

A Singapour 

En passant

Par Paris,

Je voyage,

Je prends

Mon aise,

L’Argentine

Et sa pampa,

L’Irlande

Et les lacs

Du Connemara

Ont fait

Rêver ma jeunesse,

Aujourd’hui,

Je suis en liesses.

Quand j’égrène

Ces mots,

Ces endroits

Du bonheur

Ou des malheurs,

Des peurs,

Des pleurs

Des peuples

Qui se sont succédé

Dans ces contrées.

J’ai rencontré

De jolies filles,

De jolies fées,

De magnifiques

Paysages,

Il faut rêver,

Mais soyons sages

Devant tant de beauté,

Il ne faut pas

Tout saccager.

Bonjour

Et au revoir

Nous ne sommes

Que de passage

Sous l’orage,

La mémoire

Retiendra de nous

Ce que la terre

Voudra bien garder,

Le bien

Que nous avons

Laissé.

Londres,

Los Angeles,

Caracas,

Souvenez-vous,

J’étais là

Pour chanter

Comme poète.

Rappelez-vous

De mes chansons

Comme l’oraison

Au respect

Dans notre maison

A ce qui rend

Les villes supportables

Et la vie

Un peu moins

Insupportable.

 

 

 

LA PASSAGERE

Elle arrive

Par un froid

Glacial

La passagère

De l’hiver.

Aujourd’hui

C’est Noël,

Son long manteau

Blanc

A revêtu

Les champs,

Dehors

Les enfants

Jouent avec elle.

Elle est si belle

Qu’on en oublie

Le temps,

On ne s’en lasse pas

En attendant

Le printemps.

Chaque saison

A son charme,

Celui de la neige,

Car c’est d’elle

Qu’il s’agit

Est mon horizon.

Dans ma maison,

Au coin du feu,

En ouvrant mes cadeaux

Je suis heureux.

Je vois les flocons

Tomber

Par ma fenêtre fermée,

C’est une joie

Ephémère,

Car demain,

Ils auront fondu,

Il n’y aura plus rien.

 

 

 

ELLE

Dans mes pensées,

J’ai vu la mort,

Elle m’a emmené,

Elle avait tort,

Je ne veux point d’elle,

L’ombre éternelle.

Elle m’a poursuivi,

Je l’ai fuie,

Et voici la vie 

Qui me sourit.

Elle est telle une femme

Pour laquelle

On s’enflamme,

La belle

Est celle

Que je veux épouser,

Le prêtre va-t’il

Nous marier,

Dans cette ville

Où je suis prisonnier ?

Marie,

Ma douce,

Ma jolie,

Tu as enfanté,

Notre petite pousse,

Il faut l’élever,

A l’abri des hommes,

Il est telle une pomme

Qui murît

Dans notre abri.

Il sera ingénieur

Ou charpentier,

Il choisira à l’heure

Où nous nous retirerons,

Pour laisser

La place

A ses émotions,

Une fille des environs.

Quand nous serons vieux,

Il sera heureux

Et nous remerciera

De ce que nous lui avons

Apporté là.

 

 

 

 

TOUS REUNIS

Chers amis,

Cessons de nous chamailler,

Aujourd’hui,

Nous sommes tous réunis

Pour célébrer

Mon mariage

Avec la postérité.

Je voue à mon œuvre

Une passion sans limites,

Pour elle je me sacrifierais,

La messe est dite.

Veuillez communier

Avec moi,

Partager

Mon art

Avec les anges,

Ces pinceaux,

Ces crayons,

Ces instruments de musique,

Et tous ensembles,

Allons de l’avant

Pour combattre l’obscurantisme,

Le nihilisme,

Qui nuit 

A notre patrie.

Je glorifie la fierté

De mes écrits,

De mes images,

Puisse la Nation

Me suivre

Dans ma volonté

De pacifier

L’Humanité.

 

 

 

MES AMIS

Nous étions partis

A l’aventure,

Depuis si longtemps

Et nous sommes revenus.

Qu’êtes-vous devenus ?

Votre bateau

Vous a mené

Dans tous les ports

Du monde

Et aujourd’hui

C’est le voyage retour.

Nous allons

Nous retrouver

Pour discuter

Des chemins

Que nous avons

Emprunté

A dix-huit ans.

Dix ans plus tard,

On a vieilli,

On a changé,

Mais l’esprit

Est resté.

Les familles

Se sont agrandies.

Moi, célibataire

Je suis resté,

Car toi mon amour

Quand tu es partie

Je n’ai pu

Te remplacer.

 

 

 

RASSEMBLEMENT

Nous étions si peu,

Maintenant nous sommes

Si nombreux,

La lutte a motivé

Jusqu’au dernier-né.

La raison

Est la plus forte,

En démontre

Cette cohorte

De nouveaux soldats

Rejoignant les rangs 

De cette armée immense

Prête au combat.

Allons,

Mes amis,

Pourfendre l’ennemi,

Cessons

De nous disputer,

De voir

Notre pré carré,

Ensemble,

Nous sommes forts

Et rien n’arrêtera

Notre combat,

Celui de la liberté

Pour l’éternité.

 

 

 

LE LEGIONNAIRE

Le légionnaire

Se bat,

Il a du sang

Sur les mains

Dans ce pays lointain.

Pourtant,

Il ne fait qu’obéir

A ceux qui,

Là-haut

Dans leurs bureaux,

Prennent des risques

Pour diriger leurs armées

Sur le terrain.

Ceux-là tuent

Par leurs décisions,

Avec leurs doigts gantés,

Les pires ennemis

Qui leur ont résisté.

La main et le cerveau

Forment la colonne vertébrale

De l’armée nationale,

Cette union de la force

Et de l’intelligence,

Celle du commandant suprême

Qui a tout organisé

Pour gagner.

 

 

 

 

POURQUOI ?

Je me suis retrouvé

Dans une guerre

Où je n’ai rien demandé.

Au milieu des balles,

Je suis effrayé,

Je tente de me réveiller

Le monde est devenu fou.

Les hommes se sont retrouvés

Dans cet engrenage de violence

Où rien n’arrête

L’arrogance,

Cette haine

Que chacun a,

La peur

De l’haut-delà,

Cette crainte

De se retrouver à la rue,

Laissé pour mort

Parce qu’on n’a rien à perdre.

Chacun tient sa position

Et c’est le faible,

L’innocent

Qui trinque.

Réunissons-nous,

Engageons-nous

Vers le bonheur collectif,

C’est ce qui va nous sauver

Du subversif.

 

 

 

 

 

BARREAUX

Il pensait si haut

Les maux

De la société

Avec ses mots

A peine dictés,

A peine prononcés,

Qu’on l’a enfermé

Pour le blâmer,

Le faire taire,

Le faire regretter.

Mais dans cette atmosphère

Il a insisté

Pour la terre

Celle qu’il voulait voir venir,

Les puissants,

Ces ignorants

Devenant les méchants.

C’était David contre Goliath,

Qu’on le batte,

Sa plume épate,

Eclate

Les barreaux de son horizon.

Les enfants rient,

Les grands plient.

Il chante les moissons,

Il ne veut pas mourir.

Alors il écrit

Cette beauté du monde,

Sur l’eau une onde,

Que l’homme est en train

D’ensevelir.

L’appât du gain,

Du pouvoir,

Pour maîtriser le savoir 

L’a mis en prison 

Mais bientôt,

A l’unisson,

Il chantera avec les oiseaux.

 

 

 

 

REVERIES D’ENFANT 

Si vous allez dans les bois,

Vous verrez le monde bouger,

Vous apercevrez le petit chaperon rouge

Et les sept nains de Blanche-Neige,

Calfeutrés sous le toit

De leur chaumière beige.

Le prince charmant est arrivé,

La méchante mégère

N’est plus sorcière,

Les dalmatiens

Sont toujours cent un,

Vous savez encore compter ?

Mais sur qui au juste,

Dans ce monde brutal, injuste,

Qui n’est pas un conte de fée ?

Reposez-vous

Sur vos souvenirs d’enfants,

Ces merveilleux instants,

Quand vous étiez innocents,

En mâchant des caramels mous.

Alors les dessins animés

Prendront vie dans votre salon,

Ils vont vous aider

A dépasser l’horizon.

 

 

 

LE PASSAGE

Elan

Etait né

Dans un pays

Pauvre

Mais en paix.

Il grandit

Dans une famille

Nombreuse

Allant juste à l’école

Pour apprendre à lire,

Ecrire et compter.

Son père était maçon,

Travaillant dur

A la tâche.

Sa mère était femme

A la maison.

Il vivait dans une famille

Nombreuse.

Déjà, à sept ans,

Elan traînait

Dans la rue,

Trafiquant mille et une choses,

Y compris de la drogue.

La police

Le ficha,

Il fut attrapé

Une ou deux fois.

Il passa au commissariat,

Et fit des travaux

D’intérêt général.

Il allait mal tourner

Quand la guerre fut arrivée.

Il avait alors 16 ans.

Il prit les armes

Et enfant soldat,

Il lutta pour la liberté.

Sa ville fut envahie

Par la terreur,

Et pour ne pas que leurs enfants

Subissent le martyr,

Ses parents décidèrent,

Comme beaucoup,

D’émigrer.

Ils réunirent

Leurs économies,

Emportant si peu,

Et après un long périple,

Arrivèrent aux portes

De la Méditerranée.

Un passeur les vola,

Ils prirent place sur son canot,

Il les abandonna

Et ils allaient couler

Quand un navire de guerre

De la marine nationale

Fut arrivé.

Ils faisaient partie

De ce lot de réfugiés

Qui ne savaient pas où aller,

Où on allait bien les accueillir.

Ils traversèrent l’Europe

Dans l’espoir d’être intégrés.

Ils posèrent leurs valises

En France,

Dans la Jungle de Calais. :

Ils voulaient rallier l’Angleterre.

Ici la vie était difficile,

Elan reprit le trafic

De toutes sortes

De denrées

Pour en faire

Profiter sa famille.

Il faisait partie d’un gang

Quand un jour,

Devant tant de violences,

Les autorités

Décidèrent

De fermer le camp.

Ses parents

Acceptèrent

De se retrouver

Dans un foyer.

Elan s’y ennuyait

Fermement

Quand l’éducatrice

Lui fit découvrir

La bibliothèque

Et ses mille trésors.

Heureusement,

Il comprenait le français,

Il lut, en version pour enfants,

Zola, Balzac, Hemingway.

Cela changea sa vie.

Il promit de ne plus

Faire de bêtises

A la jeune infirmière

De service.

Sa force, sa volonté,

Sa beauté, son intelligence

Séduisirent la belle.

Malgré leurs différences,

Religions ou traditions,

Ils se marièrent.

Elle avait 23 ans.

Il avait 19 ans.

Ainsi, il sortit de la misère.

Il se mit à travailler

Dans le restaurant Kebab

De son cousin,

Bientôt le racheta

Et fit fortune

Dans la nourriture

A emporter.

 

 

 

L’HISTOIRE DU POT FELE

 

Il était une fois

Un pot fêlé

Qui ne rapportait du puit

Que la moitié

De l’eau embarquée.

Il était désolé

De ne pas être dégourdi,

De n’avoir qu’un bras,

Comparé au pot tout neuf

Qui de l’autre côté

De l’allée

Etait fier comme un bœuf.

Un jour le pauvre vieux

Se confia à sa fermière :

" Je suis tout piteux

De ne pas ramener

La quantité d’eau entière ".

Elle lui répondit :

" Mais regarde, en semant

De multiples variétés

De plants,

Là où tu passes,

Vois comme de belles fleurs

Ont poussé

De ton labeur :

Quel bonheur !!!

De l’autre côté,

Celui du malin,

Il n’y a rien !!!"

 

 

 

 

ZENBAZURU OU LA LEGENDE DES MILLE GRUES

 

La tradition japonaise veut que l’on éloigne les mauvais esprits de la maison.

Au départ il s’agissait de Kusudama : boule de santé faite d’herbes puis de papier cousu. Ensuite, on ne les coud plus, On les plie

Une petite fille, appelée Sadoka Sasaki, victime de la bombe d’Hiroshima, s’inspira de cette tradition et se mit en projet de plier mille grues en origami pour être bien vue des divinités. Son vœu de guérison serait ainsi exaucé. Elle en fit 644, avec tout le papier qu’elle trouvait, y compris ses étiquettes de ses flacons médicaments, avant de mourir à l’âge de 12 ans en 1955. Son histoire émut ses amis et sa classe. Ils finirent de plier les 356 grues restantes. En son honneur, dans le Parc de la Paix d’Hiroshima se dresse une statue la représentant, bras ouverts, tenant une grue en or.

 

 

 

APRES LA GUERRE

Nos armées

Ont payé

Un lourd tribu

A la guerre.

Que de noms

A égrener,

Tout ça

Pour gagner,

L’impératif devoir

De la victoire.

Mary, la secrétaire

Dans les Twin Towers.

John, le soldat aux yeux bleus

Tué en Irak.

La petite Amina, réfugiée,

Noyée en mer Méditerranée.

Mohammed, en Syrie,

Tombé sous les bombes ennemies.

Qui se rappellera d’eux

Quand le monde

Aura repris ses affaires ?

Qui se rappellera comment

Des dictateurs sanguinaires

Ont dévasté une partie de la planète ?

Le devoir de mémoire

Est mondial,

Des stèles,

Des commémorations,

Les pleurs des familles

Nous remémoreront

De ne plus sombrer

Dans l’horreur d’un conflit

Aussi meurtrier,

Tortionnaire

Et sanguinaire.

Une pensée

A tous ces déracinés

Qui ont fui

Leurs pays,

Assaillis

Par le feu ennemi.

Le monde effacera

Progressivement

La trace

De ces blessures immenses

Et l’étoile de la Concorde

Rejaillira

Sur la terre

Pour dire non à la misère.

Ce sont des guerriers

Durs au combat

Qui ont gagné

Pour imposer cet ordre,

Cette paix des braves

D’où la fleur de la prospérité

Renaîtra

Et rejaillira

Sur l’ensemble de l’Humanité.

 

 

 

LA GUERRE EST FINIE

Aujourd’hui,

C’est la fête,

Le bonheur,

La liesse

Dans les rues.

Les soldats,

Ces héros,

Défilent

Avec les honneurs

Sous les fenêtres

Et on entend

Les cris de joie

D’une foule en délire :

La guerre est finie !!!

Après ces sombres années

Où l’on est passé

Près du néant,

Nos armées ont vaincu :

C’est la reddition

De l’ennemi

Sans conditions.

Il ne nous embêtera plus.

Reste une immense tâche

Pour nos peuples :

Construire sur les cendres

Un monde nouveau,

Pour ne pas voir revenir d’aussitôt

Le diable et ses sots.

Tous participeront

A l’effort collectif

D’une paix mondiale,

Une dalle

Sur le caveau des fantômes

Pour que ne ressurgissent pas

Les horribles gnomes.

Alors nous aurons réussi

Une entente durable,

Où chacun aura sa place,

Où chacun aura son rôle

Pour que le feu

Ne brûle plus nos maisons,

Pour que le monde ait une raison.

 

 

 

 

 

QUAND LE DEVOIR M’APPELLE

Ma chère, ma tendre,

Mon bébé,

Je voudrais

Revenir du front,

Mais mes armées

M’appellent.

S’il le faut,

Mes vaillants soldats

Se sacrifieront

Jusqu’au dernier

Pour que notre juste causse

Puisse gagner.

L’hiver sera rude,

Attends-moi,

Un jour cette guerre

S’arrêtera, 

Et j’espère être

Encore vivant

Pour t’apporter

Le soleil du printemps.

Nous luttons

Contre des diables,

Les balles fusent,

Mes camarades tombent

Sous les bombes.

Bonne nouvelle,

Nous avons appris

Aujourd’hui

Que notre amiral

Et sa marine

Avaient coulé

Les bateaux pirates.

La victoire viendra,

J’en suis sûr,

Je reviendrai près de toi

Sous notre toit

Et tu seras fière de moi,

De mes médailles

Obtenues sur les champs

De bataille.

 

 

 

 

L’ACCORD

L’accord,

Comme sur une partition 

De musique

Doit être respecté

A la note près,

Scrupuleusement.

Les grands hommes

Les signent

Sur les ruines

D’un champ de bataille,

Mais la reddition

Sans condition

Demande respect

Et compensations.

Pourtant,

La population,

Attirée par l’or,

N’en a rien à faire

De ces accords.

Elle les piétine,

Elle dévaste tout,

Exploitant

Ces nouveaux territoires,

Faisant des vaincus

Les déshérités

De leurs titres de propriété

Qu’ils avaient,

Selon les pourparlers,

Préservés.

Ainsi vont les victorieux,

Mais un jour ils devront

Rendre des comptes…

Aux laissés-pour-compte,

Qui se souviendront des contes

De leurs ancêtres,

Instituant le respect

Des engagements.

Il en va de la gloire

Et de l’honneur

De ces perdants d’hier

Et aujourd’hui

Nouveaux vainqueurs,

Avec la reine de cœur,

Grâce à leur dur…

Labeur.

 

 

 

SUAN

Tu aurais pu

T’appeler Dylan

Et vivre en paix

Dans un pays riche.

Mais tu t’appelles Suan,

Et tu vies à Alep,

Au milieu de la guerre,

Entre les bombes

Et les mitraillettes.

Pris entre le feu

De deux camps

Si méchants,

Toi l’innocent

Subit les affres

D’un dictateur sanguinaire

Et de terroristes tout autant.

Tu tentes de survivre

Avec tes parents,

Tu n’as connu que ça,

Toi à cinq ans.

Notre mission

Est de t’amener du réconfort,

Et plus encore

La paix en Syrie.

C’est une tâche très délicate

Dans un conflit

Où rien ne semble arrêter

Les soldats des deux partis. 

Il va falloir que ça cesse,

Ne trouvez-vous pas

Qu’il y a assez de morts,

Et que ce sont ceux qui ont tord

Qui doivent partir ?

La faim, la soif,

La douleur, la torture,

Rendent cette guerre insoutenable,

Comme aux heures les plus sombres

De notre Histoire.

 

 

 

 

RAGE DE LIVRES

J’ai appris à lire,

A compter,

A écrire

Et à coups de livres

Je m’en suis sorti.

J’ai eu les diplômes,

Le travail facile

Mais voici qu’aujourd’hui,

Je saigne de ma maladie.

Toi tu as grandie

Dans les favelas,

Petite fille exploitée,

Tu as aussi travaillé,

Mais tu as veillé,

Tard le soir,

A acquérir

Le bagage scolaire minimum

Pour ne pas sombrer

Dans la violence,

La drogue

Et les ennuis

De tes amis.

Aujourd’hui,

Nous avons le droit

A une seconde chance,

Un nouveau départ.

Grâce à notre courage,

Nous créerons

Notre petite entreprise,

Avec mon expertise

Et ta volonté

Nous nous en sortirons

Par le haut

De la voie

Qui nous est donnée.

 

 

 

 

LA FIN DU MONDE

Et si c’était 

Pour l’Humanité

Avec toutes ces guerres

Et finalement

La bombe nucléaire

La fin du monde,

Hiroshima mon amour ?

Dieu ne le permettrait pas,

Aurait envoyé

Son émissaire

Pour calmer les hommes,

Leurs velléités de domination

Dans leur atmosphère.

Les élus de Dieu

Feraient le nécessaire

Pour faire cesser les combats,

Que chacun se retire

Comme dans un village gaulois

Satisfait de ce qu’il va garder

Et que le méchant soit éliminé.

Après le Christ

Et la dévotion pour un seul Dieu,

Vient l’an 2000,

Les mêmes inquiétudes

De ne rien maîtriser

Pour éliminer

Le diable.

Est-ce la paix éternelle

Ou simplement un répit

Dans les conflits?

L’Empire le dira,

A ses bordures il y aura

Toujours des escarmouches

Mais l’essentiel

C’est d’avoir évité

La baston généralisée.

 

 

 

 

LE SOUCI

J’ai un souci,

Une belle fleur

Qui ne veut pas

M’obéir.

Elle pousse de travers,

Elle éclot quand elle veut,

Car elle est libre

Dans les champs de blé.

Cette plante,

Elle est bien sauvage,

Je voudrais la ramasser,

Quand je veux

Pour faire un beau bouquet.

Mais elle n’en fait qu’à sa tête,

Ce n'est pas un animal

Qu'on apprivoise,

Et fane aussitôt qu’elle est coupée.

Quand vient la saison,

Elle se fait jolie,

Pour attirer les abeilles

Et assurer sa reproduction.

Décidément elle ne me voit pas,

Moi qui de tous les instants

L’entretient, la cajole,

Pour que ses pétales

Resplendissent tel un soleil

Et que ses mille couleurs

Egaient mon quotidien.

Arrive le froid,

Elle va mourir

Sans m’avoir vu,

Que la nature est ingrate,

Je cultive, je labours, j’arrose

Et ma fleur s’en va

Avec le vent du soir.

 

 

 

 

MA PLUME

Ma plume

Est ma liberté,

Mon moyen d’expression

Préféré.

Elle me libère

De l’enclume,

Et je l’espère

De l’exclusion.

C’est ma moisson

Des blés

L’été,

Un mystère

L’hiver.

Les chaînes

Qui m’entravent

Des pieds à la tête

Me font peine.

Mon enclave

Fait la fête,

Elle est libre,

Elle vibre

Grâce à l’écriture

Et aux ratures. 

Je suis occupé

A raconter

Mes histoires

Pour le soir.

Mon crayon est l’arme

Du pacifiste,

La larme

Des obscurantistes.

C’est un objet

Pour aller mieux,

Un jet

Vers les cieux.

Ecrire est un besoin

Une envie,

Comme baiser

Ou manger.

C’est un train

De vie

Approprié

Aux gourmandises

Les plus variées,

Aux cerises

Les plus acidulées.

 

 

 

 

FORT POUR TOI

Mon petit bout,

Je suis ton homme,

Je veux être le plus fort

Pour toi.

Tu doutes,

Tu regardes ailleurs,

Quelque fois tu parais agacée 

Mais sache que je t’aime 

Et que je donnerais tout

Pour te satisfaire

Et te garder,

Toi et tes lubies,

Toi et tes volontés.

J’essaierai de te combler

Pour que tu restes

Près de moi.

De mon torse

Et mes bras musclés,

Je ferai fuir tes démons.

J’espère simplement

Que tu penseras

Un peu à moi,

En faisant

Ce que je ne sais pas.

Nous serons complémentaires,

Rien ne nous arrêtera,

Et quand tu m’auras

Fait un bébé

Nous scellerons

Notre union sacrée

Pour l’éternité.

 

 

 

MAMAN

Maman,

Avec tes yeux

Couleur d’amande,

Tu es la plus grande

Sous les cieux.

Je suis ton enfant,

Ta chair,

Le fruit

De mon père

Aussi,

Ton mari,

Celui que tu as choisi

Pour t’accompagner

Vers l’éternité.

Tu m’as élevé

Dans la simplicité,

L’amour,

Avec de la joie

Autour.

Tes petits plats,

Tes balades,

Tes sérénades,

Tu m’as tout donné

Pour ne rien manquer.

Maintenant,

Je vais affronter

Le firmament.

Les étoiles

Que tu m’as montrées

Sont des toiles

Que tu m’as peinte

Sans plainte

Pendant des années.

Aujourd’hui je t’offre

Ce présent,

Un petit coffre,

Plein d’argent

Que j’ai gagné

Honnêtement.

La passion n’a pas de prix,

Tu le mérites grandement,

Prends le, tu as réussi

Ta vie,

Tes petits enfants

T'honoreront

avec dévotion,

Fêteront

Chaque printemps

Ton dévouement.

 

 

 

MA CHARLOTTE EN CHOCOLAT

Mon petit bout en sucre,

Ma charlotte en chocolat,

Quand on t’attaque je deviens brusque,

Pour toi j’irais dans l’au-delà.

Tu as encore besoin de moi,

Je répondrai toujours présent,

Je te chanterai une ritournelle,

Celle où je te dis que tu es la plus belle,

Le chant des sirènes aux vents.

Tu es ma chair,

Tu es ma foi.

Je t’offrirai le plus cher,

Un présent rien que pour toi.

J’ai grandi depuis que tu es là,

Je te donne autant que je te dois,

Et même plus encore,

Ca